LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Argent

ARGENT COMPTANT

«Ne pas dépenser l’argent qu’on n’a pas»



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Vincent Lyonnet: «J’ai déjà été dans des situations délicates, notamment pour financer mes études. Les principes de bonne gestion qui m’ont été inculqués par mes parents m’ont beaucoup aidé.» (Photo: Edouard Olszewski)

Tous les mois, dans Paperjam, une personnalité influente du Grand-Duché se livre à notre interview «Argent comptant». Au tour ce mois-ci de Vincent Lyonnet, directeur commercial et marketing de Batimentsmoinschers.com.

Savoir partager

Une devise par rapport à l’argent?

Vincent Lyonnet . – «'Le premier argent que l’on gagne, c’est celui qu’on n’a pas dépensé.' Je suis d’origine modeste, mes parents venaient de familles d’agriculteurs et d’employés des filatures vosgiennes. J’ai conscience de la valeur de l’argent.

Votre premier salaire?

«1.300 euros pour mon premier emploi chez Michael Page à Paris. Mais avant cela, en tant qu’étudiant, j’ai travaillé dans une usine en Lorraine où je perforais des barres de métal huit heures par jour. Ça a forgé en moi l’idée qu’on a besoin de tout le monde pour faire progresser notre société.

Le premier cadeau que vous vous êtes offert?

«Pour fêter ce premier salaire, j’ai invité ma compagne de l’époque au restaurant. Je voulais partager  ce moment. En fait, j’achète rarement des choses unique­ment pour moi.

Cadeau d’acier

Une dépense qui vous énerve?

«Les bonnes résolutions que l’on prend en s’offrant un abonnement dans une salle de sport. Comme beaucoup de monde, j’y vais nettement moins que ce que j’avais prévu, mais la cotisation tombe de manière automatique chaque mois. Et j’oublie toujours de me désabonner. C’est vraiment de l’argent gâché. Mais je ne m’en prends qu’à moi-même.

Un objet dont vous ne vous sépareriez jamais?

«À part mon smartphone, j’ai un bracelet en acier que ma belle-famille m’a offert pour Noël. C’est donc assez récent. J’en voulais un parce qu’il me rappelle de manière positive que je travaille dans le monde de l’acier. C’est un matériau que j’apprécie et celui-ci est galvanisé, donc traité contre la corrosion. C’est un bel objet, assez épuré.

Stop au superflu

Est-ce que le prix de certaines choses vous dérange?

«Toujours en lien avec mes origines et notre entreprise – nous développons une marque low cost –, je n’aime pas mettre de l’argent dans du superflu. J’aime payer les choses à ce que j’estime être leur juste prix. Par exemple, je m’initie au vin et je dispose d’une application sur mon smartphone qui me permet de connaître les prix moyens et donc d’éviter les marges exagérées que se font certains distributeurs.

Imaginons que vous remportiez l’EuroMillions?

«Même si cela peut sembler 'bateau', je ferais d’abord plaisir à mes proches. Je continuerais aussi à investir dans notre structure. Nous venons justement d’acquérir de nouveaux locaux. Enfin, j’investirais dans des 'bourses d’excellence' pour permettre à des jeunes qui n’en ont pas les moyens de pouvoir financer leurs études.

J’en ai rencontré plusieurs ces derniers temps, que ce soit en Europe ou en Afrique, et j’ai été bluffé par les résultats que cela peut créer. Cela peut notamment faire circuler le savoir d’un continent à l’autre.

Microdépenses

Avez-vous déjà connu des problèmes financiers?

«J’ai déjà été dans des situations délicates, notamment pour financer mes études. Les principes de bonne  gestion qui m’ont été inculqués par mes parents m’ont beaucoup aidé. L’un de mes principes de base est de ne pas dépenser l’argent que l’on n’a pas.

Une idée d’une dépense stupide?

«Les microdépenses que l’on peut faire de manière impulsive. Je pense notamment à toutes ces applications que l’on achète via son smartphone. On ne s’en rend pas compte, mais lorsqu’on regarde son relevé de compte, cela représente quand même un montant non négligeable pour pas grand-chose.

Terrien

Investissez-vous à titre personnel?

«Mon frère et moi investissons avant tout dans notre société. Mais personnellement, je suis un terrien:  j’investis donc plutôt dans la pierre. Récemment, j’ai acquis un studio à Varsovie avec l’idée qu’un jour, mes enfants auront peut-être envie de faire une partie de leurs études dans le pays de leur maman. Mais en attendant, je vais le louer. Lorsque j’investis, cela doit avoir du sens.

Vous êtes instinctif ou vous suivez des conseils?

«J’investis dans ce que je comprends. Actuellement, je suis en train de suivre une fintech luxembourgeoise qui prépare une levée de fonds et dont la cible de consommateurs me parle, dans la mesure où elle est située en Afrique. Je crois beaucoup au potentiel de développement de ce continent.»