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Mortalité au Luxembourg: un bilan à nuancer



La hausse du nombre de décès au Luxembourg, à laquelle nous avons donné écho suite à une publication du Statec, est moins spectaculaire qu’elle n’en a l’air au premier regard, lorsqu’on compare son évolution à celle de la population. On ne peut pour autant pas nier totalement un effet du Covid-19.

4.649 résidents luxembourgeois décédés en 2020, soit une hausse de 8,5% en un an... Les données quant à la mortalité au Luxembourg, auxquelles nous avons donné écho mercredi 3 février, sur base  d’une publication du Statec, ont pu paraître inquiétantes.

Un taux de mortalité à 7,4%, comme nous l’avions écrit pour l’année passée, cela peut en effet paraître énorme… En fait, il ne s’agit pas de «pour cent» mais de «pour mille». «Généralement, c’est une règle commune de mettre les taux de mortalité pour 1.000 habitants. Sinon, les chiffres sont moins parlants», explique François Peltier, chef de l’unité Population et logement du Statec.

La part de décès sur le nombre d’habitants n’est donc «que» de 0,74%, en réalité.

En y regardant de plus près, l’évolution est moins spectaculaire que ce qui peut apparaître de prime abord.

2020 a bien été l’année la plus meurtrière depuis 1950, si on ne prend en compte que le seul nombre de décès. Mais la population a aussi beaucoup augmenté depuis. Selon le portail de statistiques, on comptait 364.200 habitants en 1980 ( donnée la plus ancienne disponible ), contre 626.100 au 1 er janvier 2020 . Si le nombre de décès est passé de 4.113 à 4.649, le taux de mortalité (le nombre de décès par rapport au nombre d’habitants) a, lui, transité de 11,3% à 7,4% pour 1.000 habitants. 

La dernière hausse comparable du taux date de 2003

Néanmoins, le taux de mortalité en 2020 est un peu plus élevé que ces dernières années. En 2019, il était d’environ 6,9% pour 1.000 habitants, et en 2018, de 7,1%. Il faut remonter à 2010 pour retrouver un taux de mortalité de 7,4% pour 1.000.

+0,5 point, «c’est quand même assez important», souligne François Peltier, chef de l’unité Population et logement du Statec. Le nombre de décès a en effet augmenté de manière plus importante que la population. Alors que, «depuis des décennies, le taux a tendance à diminuer, grâce aux progrès médicaux. Sans le Covid-19, nous nous attendions même à un taux légèrement inférieur ou égal à celui de 2019.»

De très faibles hausses peuvent s’expliquer, certaines années, par des canicules ou de fortes épidémies de grippe. Mais rarement du même ordre qu’en 2020. La dernière, d’environ 0,6 point, avait eu lieu entre 2002 et 2003. Le statisticien l’explique justement par une importante canicule qui avait frappé le pays.

Le Statec constate aussi plusieurs semaines de «surmortalité» en 2020, en comparant le nombre observé de décès à celui attendu, même si, au contraire, certains mois ont une moyenne de décès inférieure aux années précédentes, ou similaire. Les statisticiens ne disposent cependant pas de données permettant de faire de comparaison avec  d’autres épidémies historiques .