ENTREPRISES & STRATÉGIES — Immobilier

Luxembourg Recovery

Mon idée: «Le logement familial intergénérationnel»



Aurore Rössler, éducatrice, conseillère communale de la commune de Bous et membre du comité directeur du LSAP. (Photo: Aurore Rössler)

Aurore Rössler, éducatrice, conseillère communale de la commune de Bous et membre du comité directeur du LSAP. (Photo: Aurore Rössler)

Dans le cadre de notre opération «Luxembourg Recovery: 50 idées pour reconstruire», partagez une idée concrète, une expérience ou une mesure à mettre en œuvre pour faciliter le rebond de l’économie luxembourgeoise. Aujourd’hui, Aurore Rössler propose de promouvoir le logement familial intergénérationnel.

Le pitch: L’actuelle pandémie a remis en évidence l’importance de la solidarité et de l’entraide entre les générations au sein du pays. Investir collectivement dans un logement intergénérationnel permettrait à la fois d’aider les familles à se loger et à s’occuper de leurs aînés.

L’idée: La politique nationale est aujourd’hui confrontée à un énorme challenge, celui de garantir l’accès au logement sur plusieurs générations. Cela sera réalisable que si une diversité de l’offre des logements est mise en place. Cependant, la prudence sera de mise, prudence à ce que le marché immobilier luxembourgeois ne provoque pas de nouvelles flambées de prix, ceci en imposant des mesures visant à écarter les injustices sociales. Pour arriver à des résultats concluants, les instances politiques vont devoir sortir des schémas connus et habituels qui malheureusement depuis tant d’années se sont démontrés être inefficaces, voire même infructueux.

C’est exactement de là que part mon idée de revoir la forme, l’attractivité et le concept d’offre des logements intergénérationnels: rendre l’offre des logements intergénérationnels plus facilement accessible tout en augmentant leur attractivité dans le but de permettre aux familles qui en expriment le choix de regrouper les capitaux de deux générations en vue de rénover ou même d’agrandir un bien immobilier existant, ceci dans le seul but de créer un logement intergénérationnel au sein d’une seule famille.

Cette nouvelle forme de logement permettrait aux personnes dépendantes de la solidarité intergénérationnelle de pouvoir vivre de manière autonome l’un de l’autre tout en favorisant le maintien à domicile des personnes âgées dans un lieu propice et adapté aux besoins spécifiques liés à la mobilité réduite. Une nouvelle forme de financement verrait ainsi le jour, et des avantages fiscaux pourraient renforcer cette nouvelle forme d’offre pour arriver à promouvoir la solidarité des familles.

Une nouvelle piste envisageable

Suite à la pandémie à laquelle nous faisons face, l’esprit solidaire qui domine les habitants du Grand-Duché de Luxembourg est à nouveau mis en avant.

La problématique liée au logement devra être résolue avec des solutions qui iront bien plus loin que juste instaurer des mesures au compte-gouttes et dont les résultats ne seront visibles que dans un futur proche.

Afin de réellement pouvoir résoudre cette situation, c’est la volonté de changements de tous et de chacun qui est demandée. Des mesures devraient être mises en place pour la population au sens large. Et ce dès maintenant!

Nous en sommes arrivés aujourd’hui au fait que nous ne cherchons plus la solution la plus idéale, mais nous sommes bel et bien au stade d’être contraints de chercher des solutions d’urgence! En mettant en place des mesures et pistes en vue de soulager les besoins liés à l’accès au logement.

Il serait astucieux de trouver des solutions visant à encourager la solidarité au sein des familles. Ma vision de cette forme de logement pourrait être l’une des multiples solutions-clés en vue pour pouvoir contrer le problème.

L’approche viennoise est par exemple très intéressante pour les personnes n’ayant pas assez de capital et qui ne remplissent pas les innombrables conditions requises pour l’octroi d’un prêt immobilier.

Et qu’en est-il des familles ayant des biens immobiliers au Grand-Duché?

Il serait pourtant imaginable de permettre aux couples et parents qui souhaitent venir en aide à leur enfant de regrouper leurs capitaux, étant donné que celui-ci héritera de toute façon de cette même maison?

Des personnes qui souhaitent de toute façon, un de ces jours, transmettre par la suite leur maison à leur propre enfant.

Qu’en est-il des parents comme ceux de Paul, par exemple. Des personnes qui ont toute leur vie travaillé d’arrache-pied afin de pouvoir avoir un toit sur la tête. Pourquoi ces mêmes parents n’auraient-ils pas le droit de vouloir transmettre leur bien avec une approche plus pensée, au lieu de vivre simplement de génération en génération. N’est-ce pas une pensée légitime pour chaque parent?

Pourquoi ne pourraient-ils pas obtenir des subventions étatiques ou avoir le droit à des mesures fiscales attractives pour pouvoir rénover leur maison et justement garantir un logement correct à leur enfant qui, suite aux conditions sévères des banques, n’est plus en mesure de pouvoir se payer un appartement ni même un studio? Pourquoi les parents de Paul ne pourraient-ils pas être encouragés à changer de mentalité face à la problématique liée au logement?

Pourquoi l’État n’encouragerait-il pas ces mêmes familles à rénover voire agrandir leur maison (en accord avec les PAG) en vue de créer un logement intergénérationnel, par exemple. Une habitation qui aurait pour but de permettre à plusieurs générations d’une même famille de se loger de manière indépendante au sein d’une maison tout en permettant des rotations de générations au sein de celle-ci!

Cette approche de solidarité est d’ores et déjà mise en pratique dans bon nombre de ménages, faute de budget des jeunes et étant donné que l’acquisition d’un logement devient de plus en plus difficile, voire deviendra éventuellement impossible dans le futur pour certains jeunes.

Les avantages de mon idée sont certes non conventionnels, je l’avoue. Cependant, celle-ci regroupera un tas d’avantages qui iront bien plus loin dans la recherche de solutions.

Nous avons aujourd’hui besoin d’une politique familiale forte face à l’actuelle problématique du logement.

L’auteur: Aurore Rössler, éducatrice, conseillère communale de la commune de Bous et membre du comité directeur du LSAP

Toutes les idées sont bonnes à prendre, nous ne souhaitons restreindre ni votre réflexion ni votre imagination. Si, comme Aurore Rössler, vous souhaitez contribuer à cette initiative, vous pouvez nous envoyer votre idée sous ce format:

- un mot-clé, par exemple: fiscalité;

- un titre explicite, par exemple: baisser la TVA dans la restauration;

- un résumé en 300 signes maximum;

- un développement en 3.000 signes maximum;

- une photo de vous qui permettra d’illustrer l’article sur paperjam.lu.

À l’adresse: luxembourgrecovery@paperjam.lu .