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Luxembourg Recovery

Mon idée: «Des chèques proximité et solidarité»



Patrick Lesage, CEO et fondateur de Takaneo. (Photo: DR)

Patrick Lesage, CEO et fondateur de Takaneo. (Photo: DR)

Dans le cadre de notre opération «Luxembourg Recovery: 50 idées pour reconstruire», partagez une idée concrète, une expérience ou une mesure à mettre en œuvre pour faciliter le rebond de l’économie luxembourgeoise. Aujourd’hui, Patrick Lesage propose que le gouvernement distribue des bons d’achat pour soutenir les petits commerces de proximité.

Le pitch: Pour chaque ménage, un carnet de chèques d’une valeur globale de 500 euros utilisable seulement dans les commerces de proximité afin de redynamiser l’économie et encourager chaque citoyen à consommer local, pérennisant ainsi l’engouement manifesté pendant la période de confinement! Une initiative qui allie la proximité et la solidarité.

L’idée: Paradoxalement, en apprenant à nous tenir à distance les uns des autres et en vivant confinés, nous n’avons jamais été aussi proches. En faisant l’expérience de la distance, nous prenons la mesure des choses et du monde. Et le confinement nous fait mesurer la valeur de la proximité, du circuit court. Il nous fait redécouvrir le produit frais, la saisonnalité et le rôle social du petit commerce. Il nous fait apprécier l’importance de la relation, du voisinage, des amis, des collègues. Il nous amène à considérer que la qualité de la vie ne se réduit pas à l’achat, via Amazon, de gadgets qui épuisent la planète et entretiennent le crétinisme numérique.

Aujourd’hui, le déclin des hypermarchés, amorcé depuis deux ans, s’est accentué depuis deux mois et, confinement oblige, en France, les hypermarchés ont perdu 24% de leur chiffre d’affaires depuis le début de la pandémie. Chacun fréquente désormais plus le petit commerce proche de son domicile et redécouvre ses valeurs. Mais malgré ce regain d’intérêt pour les commerces de proximité, il ne faut pas oublier que ces derniers connaissaient de véritables difficultés avant le début de la crise sanitaire. Que va-t-il en être après? Y a-t-il un moyen d’amplifier et de faire perdurer cette dynamique retrouvée?

Pour relancer l’économie, le gouvernement donne des aides aux entreprises et aux PME. Parfait! Une de ces aides aux particuliers pourrait être de distribuer à chacun des foyers du Grand-Duché, via la mairie de chaque commune, un carnet de chèques d’une valeur globale de 500€. Pourquoi une distribution à la mairie? Car chacun de ces chèques porterait un identifiant le rattachant à chaque commune et ne pourrait y être utilisé qu’à l’intérieur de celle-ci, voire dans un rayon de 10 à 15km pour les villages les plus éloignés de toute activité commerciale. Pas question néanmoins de traverser tout le pays pour aller chercher son pain si on a un boulanger en bas de chez soi! Pas question de se perdre dans un gros paquebot de la grande distribution égaré dans une lointaine périphérie pour acheter ses pommes si on a un producteur à la sortie de son village!

L’objectif d’une telle initiative serait non seulement de redonner un coup de pouce à l’économie – la consommation étant quand même un des leviers les plus efficaces –, mais aussi de pérenniser une tendance pour créer un cercle vertueux: en faisant circuler la richesse autour de moi, je crée une chaîne de valeurs qui garantit la stabilité de l’économie locale, revitalise mon environnement et, au final, améliore non seulement ma qualité de vie mais celle de ma collectivité. L’avantage de ce chéquier est aussi de susciter l’engagement du consommateur, de le rendre acteur de ses choix.

Bien sûr, le lancement de ce carnet devra être assorti d’une campagne de communication claire fixant les objectifs et la règle du jeu pour faire prendre conscience aux citoyens de l’importance et de la nécessité de cette démarche.

Certes, un tel dispositif ne prétend pas, à lui seul, régler la crise économique qui nous attend. Mais inciter chacun à faire des choix de consommation responsables en agissant, à son échelle, en faveur du tissu économique local. Comme disait Camus, «on ne change pas le monde, on le répare».

L’épidémie nous enseigne qu’à mondialiser le meilleur, on mondialise aussi le pire. Tout ce qui peut être produit près de nous doit l’être en priorité. Tout ce qui peut être vu, senti, entendu, découvert à pied, à vélo ou en transport en commun doit être privilégié. Il n’est pas d’ennui pour qui sait regarder autour de lui.

L’auteur: Patrick Lesage , CEO et fondateur de Takaneo

Toutes les idées sont bonnes à prendre, nous ne souhaitons restreindre ni votre réflexion ni votre imagination. Si, comme Patrick Lesage, vous souhaitez contribuer à cette initiative, vous pouvez nous envoyer votre idée sous ce format:

– un mot-clé, par exemple: fiscalité;

– un titre explicite, par exemple: baisser la TVA dans la restauration;

– un résumé en 300 signes maximum;

– un développement en 3.000 signes maximum;

– une photo de vous qui permettra d’illustrer l’article sur paperjam.lu.

À l’adresse: luxembourgrecovery@paperjam.lu .