POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Selon la fondation idea

Moins de faillites mais plus de chômage partiel



Hormis les holdings et les fonds de placement (365 fermetures), ce sont les commerces qui ont enregistré le plus de faillites sur les 10 premiers mois de l’année. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

Hormis les holdings et les fonds de placement (365 fermetures), ce sont les commerces qui ont enregistré le plus de faillites sur les 10 premiers mois de l’année. (Photo: Matic Zorman / Maison Moderne)

L’économie luxembourgeoise reste marquée par la crise sanitaire en cette fin d’année, mais certains indicateurs semblent résister.

La mise à l’arrêt d’une grande partie de l’activité au printemps dernier lors du confinement a laissé des traces dans les indicateurs économiques luxembourgeois mais, au final, les scénarios les plus pessimistes semblent être déjoués en cette fin d’année.

Au niveau des faillites , par exemple, la fermeture forcée des commerces et de l’horeca au printemps a laissé entrevoir un possible coup d’accélérateur à cet indicateur. Pourtant, «entre janvier et octobre, 988 faillites ont été enregistrées, soit une baisse de 3% sur un an», écrit la Fondation Idea dans son dernier «Tableau de bord économique et social» du Luxembourg de l’année 2020.

Hormis les holdings et les fonds de placement (365 fermetures), ce sont les commerces qui ont enregistré le plus de faillites (169), devant la construction (98).

Il faut dire que de nombreuses aides ont été déployées pour venir en aide aux entreprises, comme le chômage partiel  par exemple. La Fondation Idea relève qu’en novembre, 50% de demandes de chômage partiel supplémentaires ont été accordées par rapport à octobre. Le nombre de salariés concernés est lui aussi remonté, passant à 29.742 (+29%).

L’activité semble ralentir en cette fin d’année, mais finalement moins qu’escompté dans certains scénarios de deuxième vague. En témoigne la diminution observée des déplacements depuis octobre, cependant moins marquée qu’en mars. Sur base des données fournies par Apple, la Fondation Idea observe une chute de 20% des déplacements à pied, de 8% pour ceux en transports en commun et de 5% pour la voiture.

Pas de crise pour l’immobilier

L’indice de confiance des consommateurs a beau n’avoir jamais retrouvé son niveau d’avant-confinement, il semble que l’appétit pour l’immobilier demeure tenace au Luxembourg . Au troisième trimestre de cette année, le volume des crédits hypothécaires consentis aux ménages a atteint un record absolu avec 2,55 milliards d’euros, soit un bond de 24% sur un an.

Et qui dit habitations, dit construction: de tous les secteurs d’activité (hors finance), il est le seul à ne pas être pessimiste quant à l’évolution de l’activité dans les trois prochains mois. Le niveau des commandes est jugé normal ou élevé pour 83% des entreprises en novembre. Leur seule entrave est le manque de main-d’œuvre qui, pour 29% des répondants, limite leur activité.

Un parfum de reprise

Si la fin de cette année 2020 ne sera assurément pas comme les autres, il semble que la récession économique prédite voici quelques mois soit moins marquée: le Statec table désormais sur un recul du PIB compris entre 3,5% et 4,5% .

Sur le front de l’emploi , le Luxembourg devrait créer 6.500 postes cette année. Un signal positif, certes, mais qui reste inférieur de 10.000 unités à la tendance observée au cours des années précédentes.

Parmi les ombres au tableau, citons les finances publiques : en un an, les dépenses de l’administration centrale ont devancé les recettes et le déficit cumulé depuis le début de cette année atteignait en octobre 2,2 milliards d’euros. Le projet de budget 2021 table sur une croissance de la dette des administrations publiques en 2021 à 29,4% du PIB, soit 18,9 milliards d’euros, après 16,92 milliards d’euros cette année.