POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Remboursement des soins

Moderniser la CNS, une priorité du LCGB



Avec l’espoir d’une sortie de crise sanitaire à l’horizon, le LCGB a décidé de réactiver des dossiers déjà en souffrance avant la pandémie, dont la modernisation des services de la Caisse nationale de santé.  (Photo: Caroline Martin)

Avec l’espoir d’une sortie de crise sanitaire à l’horizon, le LCGB a décidé de réactiver des dossiers déjà en souffrance avant la pandémie, dont la modernisation des services de la Caisse nationale de santé. (Photo: Caroline Martin)

Hasard du calendrier, le LCGB a présenté ses revendications pour moderniser les services de la Caisse nationale de santé alors que l’avenir du ministre de la Sécurité sociale reste encore flou.

Annoncé comme un dossier prioritaire de la rentrée , le LCGB a présenté une série de revendications concernant le secteur de la santé, et surtout la sécurité sociale. Cela, alors que le ministre de la Sécurité sociale, Romain Schneider (LSAP), a annoncé sa retraite politique en 2023,  tout en laissant planer le doute sur la suite de son mandat.

«Nous avons aussi une ministre de la Santé qui est ministre déléguée à la Sécurité sociale. On ne connaît pas les intentions du ministre Romain Schneider avant l’échéance des prochaines élections. S’il décide de partir avant la fin de son mandat, il sera remplacé par une autre personne et l’on va perdre six mois pour que cette personne puisse prendre connaissance des dossiers. C’est au gouvernement de clarifier la situation afin d’avancer», affirme Christophe Knebeler, secrétaire général adjoint du LCGB.

L’année dernière, sur 879.932 assurés affiliés à l’assurance maladie-maternité, 5.367 personnes ont bénéficié du tiers payant social, dont 2.222 pour couvrir des soins chez le dentiste.

Élargir le tiers payant social

Avec l’espoir d’une sortie de crise sanitaire à l’horizon, le LCGB a décidé de réactiver des dossiers déjà en souffrance avant la pandémie, dont la modernisation des services de la Caisse nationale de santé.

La farde est épaisse. Le syndicat a étayé une série de revendications allant de la nécessité de moderniser la nomenclature de remboursement des soins, notamment les soins dentaires, au besoin d’élargir le tiers payant social en attendant la mise en œuvre généralisée du tiers payant en 2023.

«Si tout va bien, c’est prévu en 2023. Mais entre-temps, que doit-on dire aux personnes qui n’ont pas les moyens d’aller chez le dentiste, car il faut avancer des sommes parfois importantes? D’attendre 2023! On l’a déjà dit au gouvernement, il faut trouver des solutions intermédiaires pour les personnes qui ont des problèmes financiers. C’est un enjeu sur le long terme. Des problèmes dentaires s’accompagnent souvent d’autres problèmes de santé parfois très grave. Autrement dit, cela génère des problèmes de santé supplémentaire à la charge de la CNS, car l’assuré n’est pas en mesure financière d’aller à une consultation dentaire», commente encore Christophe Knebeler.

Si nous n’agissons pas tout de suite, il sera trop tard dans trois à quatre ans.

Christophe Knebeler,  secrétaire général adjoint,  LCGB

Le syndicaliste continue en énumérant encore une série de revendications, comme la suppression de la limite à 78 semaines de maladie (au-delà, le contrat de travail du salarié prend fin automatiquement), une révision rapide et efficace des nomenclatures médicales, une stratégie nationale efficace de la digitalisation de la santé, un bilan de la téléconsultation et la mise en place d’un cadre légal sur le sujet, une amélioration du temps de traitement des remboursements, une solution commune pour les résidents et les frontaliers en matière de certificat d’incapacité de travail électronique (e-CIT), ou encore du maintien du salaire pour les assurés déclarés capables de travailler, mais inaptes au dernier poste.

Le LCGB a également demandé plus de transparence et de précision sur les impacts financiers des 19 projets Gesondheetsdësch.

La question des finances inquiète Christophe Knebeler, qui a constaté une détérioration du budget de la CNS, notamment en raison de dépenses en lien avec la crise sanitaire. «Si nous n’agissons pas tout de suite, il sera trop tard dans trois à quatre ans. C’est pour cela que nous demandons au gouvernement d’agir maintenant. De notre côté, nous n’avons pas d’échéance législative. Nous demandons des changements maintenant ou jamais», souligne le secrétaire général adjoint du LCGB.

Le flop du dossier de soins partagé

Christophe Knebeler a également abordé le dossier de soins partagé. «On a annoncé le DSP comme un grand succès, mais dans la réalité, c’est un flop!», a lancé le syndicaliste, qui ne trouve pas une grande utilité à cet outil digital. «Nous avons tous reçu un courrier afin de créer un accès au DSP. Mais personne n’a créé son accès, ou très peu de monde. Selon des statistiques, près de 90% des personnes n’ont pas créé leur accès. Et pour ceux qui l’on fait, il n’y a pas de réel avantage pour la santé. Du côté des professionnels, les retours que nous en avons soulignent une utilisation difficile. C’est compliqué et mal réfléchi. Au final, personne ne s’en sert. La plupart des documents que l’on retrouve dans son DSP, c’est les tests PCR. C’est bien d’avoir une collection de tests PCR, mais je pense que ce n’était pas la finalité du DSP. Le seul avantage est de ne pas devoir garder la copie papier. Mais quel est l’avantage pour ma santé? C’est quand même dramatique de voir un tel résultat sur un dossier où l’on a travaillé pendant des années, puis dire que c’est un succès alors que ce n’est pas un succès», s’insurge Christophe Knebeler.

En juin dernier, selon les ministres de la Santé et de la Sécurité sociale, seuls 12% des titulaires d’un des 915.000 dossiers de soins partagés l’avaient activé, et 0,16% avaient demandé à ce qu’il soit fermé.