ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Selon Eurostat et Dealroom

La mobilité, encore un nain des marketplaces



Avec 1% des dépenses des consommateurs sur des marketplaces comme Uber ou Deliveroo, les solutions de mobilité ont une belle marge de progression. Et les start-up y travaillent. (Photo: Shutterstock)

Avec 1% des dépenses des consommateurs sur des marketplaces comme Uber ou Deliveroo, les solutions de mobilité ont une belle marge de progression. Et les start-up y travaillent. (Photo: Shutterstock)

Les consommateurs ont dépensé 9.000 milliards de dollars sur les marketplaces, selon Eurostat et Dealroom. Uber devance Booking.com et Airbnb. À peine 11% ont été dépensés dans les solutions qui s’occupent des transports. Et encore.

À quoi ressembleront les marketplaces de demain? Impossible à prédire, mais les temps changent, note Dealroom dans sa dernière analyse de ceux qui pourraient un jour remplacer Uber, Booking.com, ou même Airbnb.

Les futurs géants seront concentrés sur un problème, seront davantage tournés vers l’expérience utilisateur, auront un outil de matching supérieur et faciliteront les achats de biens ou de services. Il ne suffit plus qu’acheter en ligne soit possible, il faut que ce soit pertinent et facile.

L’an dernier, les consommateurs ont dépensé 9.000 milliards de dollars, dont 30% pour la maison (acquisition, décoration, rénovation et énergie), contre 23% pour l’alimentaire (53% pour les courses, 30% pour l’alcool et le tabac, et 17% pour les restaurants) et 11% pour le transport.

1% du total pour la mobilité

Dans les 1.100 milliards de dollars de ce dernier poste, l’achat d’une voiture a encore la part belle, avec 34%, mais c’est surtout les coûts de carburant et de maintenance qui dominent (54%), loin, très loin devant la possibilité d’acheter des services de mobilité (10%).

Ces 100 milliards, trustés jusque-là par la Deutsche Bahn ou la SNCF, sont en plus grignotés par des acteurs qui segmentent leurs offres, à courte distance avec LimeBike ou Bird, à moyenne distance avec Uber, Taxify ou Cabify, et à longue distance avec Blablacar, FlixBus, Trainline ou Goeuro. Et même Uber et Lyft se lancent dans un double mouvement: la micromobilité et les abonnements.

Tandis que les consommateurs veulent plus d’options, ce qu’a bien compris Mobiliteit.lu dans la nouvelle version de son application, les villes cherchent à la fois à réduire les congestions de trafic et à devenir plus vertes.

Restaurants et supermarchés intéressent aussi Uber

Le tableau proposé par Dealroom montre clairement la segmentation de ce secteur, avec des solutions transversales qui émergent à la faveur du développement de l’intelligence artificielle, comme Oxbotica, FiveAI ou Waymo.

Mais une autre tendance est perceptible aussi dans les déplacements, du côté du secteur de l’alimentation, avec les gros livreurs à domicile comme Uber, Deliveroo ou Glovo. Comme les 50 milliards de dollars de ce segment ne leur suffisent pas, ils ont investi celui de la livraison pour les restaurants, face à Keatz et OpenTable, et, surtout, sont de plus en plus présents dans la livraison des courses, marché autrement plus juteux (1,1 milliard de dollars), où les champions s’appellent Ocado, Amazon Prime, Picnic, Memphis Meats ou Crips.

Qu’est-ce qui peut changer la donne de ceux qui sont concentrés sur la satisfaction de leurs clients? Le carburant – l’argent que les venture capitalists sont prêts à injecter. En 2018, le montant a atteint 17,58 milliards de dollars, contre 13,9 pour l’alimentaire, 7,38 pour les fintech, 2,98 pour l’immobilier, et seulement 0,68 pour le recrutement. Il n’y a qu’en 2016 que l’alimentaire a pu rivaliser (13,38 milliards, contre 13,18 pour la mobilité).

Les géants de l’automobile créent leur start-up

Autre phénomène intéressant à observer, celui qui concerne les investissements des professionnels d’un secteur dans des start-up qu’ils poussent pour renouveler leur propre business model ou attaquer un nouveau secteur.

C’est le cas pour Daimler (70 millions dans Car2Go), BMW (159 millions dans Nauto), ou encore Volkswagen (300 millions dans GetTaxi) ou Toyota (300 millions dans Getaround). Le secteur de la mobilité a ainsi engrangé 27 milliards de dollars ces trois dernières années, contre 30 milliards pour le secteur de l’alimentation.

L’an dernier, les marketplaces de la mobilité en Europe ont engrangé le record de 1,68 milliard de dollars en 44 deals, contre 618 millions (17 deals) en 2018, 761 millions (19) en 2017, et 800 millions (25) en 2016.

Quelle est la situation du marché?

Secteur par secteur, on peut voir le leader, et par qui il est mis à rude épreuve.