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À lire, à voir (2/10)

Une «microtaxe» sur les transactions financières



Les auteurs de l’ouvrage, constatant l’échec de la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières, proposent la création d’une «microtaxe» sur les paiements numériques. (Photo: Odile Jacob)

Les auteurs de l’ouvrage, constatant l’échec de la mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières, proposent la création d’une «microtaxe» sur les paiements numériques. (Photo: Odile Jacob)

L’été est une période propice à la lecture. Paperjam.lu vous propose une sélection d’ouvrages récents liés à l’économie et à la finance. Cette semaine, «Il faut taxer la spéculation financière», de Ivar Ekeland (mathématicien et économiste) et Jean-Charles Rochet (professeur d’économie et chercheur).

«En mars 2010, suite au traumatisme provoqué par la crise financière mondiale de 2007-2009, le Parlement de Strasbourg chargeait la Commission européenne d’étudier la mise en place d’une taxe sur les transactions financières (TTF).

L’objectif principal de cette taxe était de décourager la spéculation financière excessive qui avait contribué à engendrer la plus grande crise économique depuis 1929. […] À la date où nous écrivons, soit plus de neuf ans plus tard, cette taxe n’est toujours pas en vigueur. Que s’est-il passé?», s’interrogent les auteurs dans l’avant-propos de leur ouvrage, «Il faut taxer la spéculation financière».

Ces derniers, constatant l’échec de la mise en œuvre de la TTF , proposent la création d’une «microtaxe» sur les paiements numériques, qui aurait pour but de financer la relance économique post-Covid et la transition écologique.

Le pitch

«La passionnante histoire de la spéculation, relatée ici, n’est pas avare de surprises.

Parmi elles, la plus paradoxale est que la spéculation financière peut aussi bien être bénéfique que néfaste. À petite dose, elle améliore le partage des risques dans l’économie et contribue au financement des innovations.

À forte dose, elle provoque des crises financières très coûteuses pour la société. De même que l’on limite la vitesse sur les routes pour éviter les accidents, il faut limiter la spéculation financière, et pour cela il faut la taxer.

À la suite de la crise des subprimes, qui a provoqué une récession mondiale, la Commission européenne avait projeté de mettre en place une taxe sur certaines transactions financières jugées spéculatives. Mais il est très difficile de distinguer les transactions spéculatives de celles qui ne le sont pas.

Les auteurs proposent ici une solution applicable à toutes les transactions; elle aurait un impact très faible sur la vie quotidienne, mais frapperait lourdement les transactions les plus spéculatrices.

Le remède aux excès de la spéculation financière existe. Il reste à l’appliquer… de toute urgence.»

Ce qu’ils en disent

Les Échos: «Encaissée par les banques et autres gestionnaires des paiements, la microtaxe serait donc payée un peu par les ménages et les entreprises (ce qui pourrait être compensé par la baisse d’autres impôts) et très largement par les acteurs financiers petits et grands qui passent leur temps à s’échanger de gigantesques montagnes de cash. Assiette très large et petit taux: un impôt idéal?»

Auteur: Ivar Ekeland et Jean-Charles Rochet Éditeur: Odile Jacob Date de publication: mars 2020 Prix: 23,90 euros