ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Artisanat

Les métiers de bouche cherchent de la main-d’œuvre



Sur 24 offres d’emploi disponibles sur le site internet de Cactus, neuf postes concernent un métier issu de l’artisanat. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

Sur 24 offres d’emploi disponibles sur le site internet de Cactus, neuf postes concernent un métier issu de l’artisanat. (Photo: Matic Zorman/archives Maison Moderne)

Les métiers de l’artisanat, notamment dans les métiers de bouche, sont recherchés au Luxembourg. Un exemple parmi d’autres, celui de boucher, victime d’une pénurie.

Renmans, Delhaize, Auchan, Colruyt, Cactus ou encore la Maison Steffen... ils disposent tous de plusieurs offres d’emploi dans le domaine de la boucherie. Des métiers de l’artisanat qui peinent à trouver preneur. Il y a quelques mois, Guy Kirsch, à la tête du groupe du même nom, tapait du poing sur la table en assurant ne pas trouver de main-d’œuvre . «Aujourd’hui, on recherche un salaire et non plus un métier», s’exaspérait-il.

Sur 24 offres d’emploi disponibles sur le site internet de Cactus, neuf postes concernent un métier issu de l’artisanat ou un métier de bouche, par exemple dans les domaines de la boucherie, de la poissonnerie, de la fleuristerie ou encore de la maintenance.

«Nous ne recherchons pas un seul boucher ou un seul poissonnier. Nous sommes à la recherche de plusieurs personnes», souligne Robert Faymonville , le directeur des ressources humaines de l’entreprise luxembourgeoise.

«C’est effectivement plus compliqué à trouver que les métiers classiques. Ce n’est pas uniquement propre au groupe Cactus, c’est une réalité dans l’ensemble du pays», ajoute-t-il.

S’il a une expérience dans les métiers de bouche et un diplôme dans un métier de l’artisanat, nous sommes encore plus intéressés.
Robert Faymonville

Robert Faymonville,  directeur des ressources humaines,  Cactus

Plus généralement, Cactus, troisième employeur privé du pays, a entamé une nouvelle campagne visant à trouver de nouveaux collaborateurs, notamment dans les métiers de bouche, mais pas seulement. «Nous n’avons pas de difficultés particulières pour recruter du personnel, hormis dans ce segment précis. Nous recevons entre 12.000 et 15.000 candidatures à l’année et nous signons en moyenne près de 300 contrats par an», détaille le directeur des ressources humaines de Cactus.

Motivation et personnalité priment

À première vue, on pourrait croire que l’enseigne de grande distribution recherche le plus souvent des personnes à mettre sous contrat à durée déterminée (CDD). Pourtant, 90% des salariés du groupe disposent d’un contrat à durée indéterminée. «Il est réducteur de dire que nous recherchons le plus souvent des CDD. Nous travaillons très peu avec de l’intérim et, dans notre entreprise de plus de 4.000 personnes, nous devons pallier les congés maternité, les congés paternité, les maladies longue durée ou encore les départs en retraite. De plus, très souvent, le CDD se transforme en CDI», prévient Robert Faymonville. Ce dernier explique aussi que «le turnover dans la grande distribution est assez important en début de carrière, dans les trois à cinq premières années. Mais, passé ce cap, les gens s’inscrivent dans la durée et l’on dispose d’une ancienneté moyenne de 13 ans au sein du groupe.»

Au niveau des critères d’embauche, le directeur des ressources humaines privilégie le côté humain, la motivation et la personnalité des candidats en plus d’une bonne présentation. «S’il a une expérience dans les métiers de bouche et un diplôme dans un métier de l’artisanat, nous sommes encore plus intéressés. Mais nous ne sommes pas obnubilés par le diplôme. La motivation et la personnalité priment», argue Robert Faymonville.

Concernant les capacités linguistiques, l’entreprise propose des cours de langue.

70 emplois à venir à Roodt-sur-Syre

L’enseigne va d’ailleurs engager un gros travail de recrutement dans les mois à venir dans l’optique de l’ouverture du nouveau centre commercial à Roodt. «La fin des travaux est prévue pour la fin d’année 2022. La structure de management du magasin sera recrutée en interne. Les gérants, les adjoints, les responsables des différents pôles, les chefs de rayon, etc., viendront de nos magasins pour assurer un fonctionnement optimal et de qualité dès l’ouverture. Ils devront donc être remplacés dans les magasins où ils travaillent actuellement. Le reste sera recruté en externe. Au départ, ce nouveau magasin comptera 70 personnes et, en fonction de son succès, les effectifs pourront augmenter», explique Robert Faymonville.

Ensuite, viendra un travail de recrutement pour le site d’Esch-Lallange, qui va connaître d’importants travaux d’agrandissement pour fin 2024.

Avant la crise, l’artisanat était en manque de main-d’œuvre

Globalement, le problème de main-d’œuvre dans les métiers de l’artisanat n’est pas nouveau. Avant la crise sanitaire, fin 2019, la Chambre des métiers avait publié une étude montrant un besoin de 9.400 personnes,  dont 5.000 rien que dans le secteur de la construction.

Les raisons de cette pénurie sont multiples: la nécessité de remplacer (et donc de transmettre un savoir-faire) les personnes partant à la retraite, le débauchage par la concurrence ou encore le remplacement provisoire des salariés en congé parental. Sans oublier que  le secteur était en croissance  en 2019 et a encore été sollicité pendant la crise.