ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Stéphanie Jauquet (finaliste, business woman of the year)

«Un métier de chef d’orchestre»



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«Les femmes font certainement preuve de plus d’empathie, sont plus sensibles, plus diplomates peut-être», que les hommes, selon Stéphanie Jauquet. (Photo: Edouard Olszewski/Archives Paperjam)

La lauréate du 10e Business Woman of the Year 2019, organisé par la Banque internationale à Luxembourg (Bil), sera connue ce mercredi soir. Rencontre avec les finalistes du concours, dont Stéphanie Jauquet, à la tête de plusieurs restaurants, comme Um Plateau, À Table, Tempo, ou encore la chaîne Cocottes.

La 10e édition du Business Woman of the Year 2019 mettra à nouveau en lumière l’entrepreneuriat au féminin et son potentiel encore inexploité. Le prix lancé par la Banque internationale à Luxembourg (Bil) sera remis ce mercredi soir – au terme d’une séance de «pitch» – à une chef d’entreprise ou manager qui s’est distinguée par un projet innovant et proposant un apport positif à la société.

D’ici là, Paperjam vous présente les finalistes. Dans la suite de cette série,  Stéphanie Jauquet , à la tête de plusieurs restaurants.

Pour quelle(s) raison(s) vous êtes-vous inscrite à ce concours?

Stéphanie Jauquet. – «Mon métier, la restauration, est majoritairement exercé par des hommes. Comme il s’agit d’un concours féminin, c’était l’occasion de mettre en avant cette profession. Je voulais aussi témoigner qu’il est possible de réaliser ses rêves.

Devenir entrepreneuse était un projet de vie? Qu’est-ce qui vous attire dans l’entrepreneuriat?

«L’indépendance. Je voulais être ma propre patronne. Pouvoir prendre des décisions, faire des choix, prendre des risques, oser. C’est un métier de chef d’orchestre, on dirige des collaborateurs sans qui on ne peut rien faire. C’est aussi un job où l’on touche à tous les métiers (comptabilité, ressources humaines, œnologie, marketing, etc).

Quand j’ai annoncé à ma maman que je voulais faire de la restauration, elle m’a répondu ‘c’est un métier de serveuse’. Je lui ai dit: ‘Un jour, j’aurai mon propre restaurant.’ J’aurais aimé qu’elle soit encore là aujourd’hui pour voir que j’y suis arrivée!

Quels sont vos modèles d’entrepreneur(se)s?

«Mon meilleur ami, Salva Barberio (Grand Café by Red Beef), un self-made-man, tellement doué et qui transforme en succès tous les projets dans lesquels il se lance. Et pour l’entrepreneuriat féminin, le fort caractère, le franc-parler et la personnalité de Christianne Wickler! Je l’adore, elle ose tout et fonce, par passion.

Y a-t-il un entrepreneuriat au féminin?

«Il y a une façon de manager qui est probablement plus émotionnelle que celle des hommes. Les femmes font certainement preuve de plus d’empathie, sont plus sensibles, plus diplomates peut-être.

Pensez-vous avoir rencontré plus de difficultés dans votre parcours d’entrepreneuse parce que vous êtes une femme?

«Non, je ne pense pas, et je n’aime pas cette question car elle sous-entend qu’être une femme est une faiblesse. Dans le business, il n’y a aucune différence à être un homme ou une femme, il faut avant tout être déterminée, savoir ce que l’on veut... et surtout ce que l’on ne veut pas.»

Les autres finalistes du concours sont Ilana Devillers (Food4All), Aida Nazarikhorram (LuxAI), Elfy Pins (Supermiro) et Karine Vallière (Jumpbox).

Le jury du concours est composé d’hommes et de femmes de la Bil, du Technoport, de Jonk Entrepreneuren, du Paul Wurth Incub, de Schiltz & Schiltz, d’Equilibre et de Wide, partenaires de l’événement.