D’après la dernière note du Statec, les indices de fin d’année font état de «signaux très négatifs concernant la consommation des ménages, particulièrement inquiets d’une inflation élevée». (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

D’après la dernière note du Statec, les indices de fin d’année font état de «signaux très négatifs concernant la consommation des ménages, particulièrement inquiets d’une inflation élevée». (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Selon les dernières prévisions du Statec, les mesures décidées lors des deux réunions tripartites devraient écarter les risques de récession en 2023, et ce, malgré une inflation historiquement élevée en Europe et une crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.

Après une hausse du PIB de 3% cette année, la zone euro devrait stagner en 2023, selon les perspectives sectorielles du Statec publiées lundi 5 décembre. À la suite des problèmes liés à la pandémie, l’activité au Luxembourg s’est repliée au deuxième trimestre 2022, impactée notamment par les performances négatives de l’industrie et de la construction. «Si ces deux branches ont connu des problèmes d’offre en 2021, elles doivent cette année faire face à une baisse de la demande», indique le Statec.

Pour les banques, une baisse des demandes de prêts et des conditions d’octroi plus strictes signifient qu’elles ne pourront pas nécessairement saisir l’opportunité d’une hausse des taux d’intérêt.

La croissance du PIB réel du Luxembourg devrait être de 1,7% pour la fin 2022 et de 1,5% pour 2023. Les ménages, confrontés à des craintes d’inflation élevée, laissent présager une fin d’année morose.

Dans une récente interview accordée à Delano, le conseiller économique du Statec, Ferdy Adam, expliquait que le marché du gaz est «moins tendu» qu’il ne l’était à la fin de l’été. «Les prix du marché ont baissé mais, d’un autre côté, les distributeurs d’électricité et de gaz ont déjà acheté à l’avance beaucoup de gaz et d’électricité à ces prix de gros très chers, donc la marge pour une baisse des prix l’année prochaine n’est pas si grande. Mais, malgré tout, je pense que nous pouvons dire que le marché est plus détendu qu’il y a trois mois», indiquait-il.

La flambée inflationniste moins prononcée au Grand-Duché

L’inflation galopante devrait toutefois être un peu moins prononcée au Luxembourg.

«Les perspectives pour le second semestre sont sombres, les sondages d’opinion faisant état d’une détérioration continue du climat des affaires et de signaux très négatifs concernant la consommation des ménages, particulièrement inquiets d’une inflation élevée», souligne encore le rapport du Statec. «Les mesures visant à limiter les effets de la hausse des prix de l’énergie, négociés dans le cadre des accords tripartites, apporteront un soutien important au pouvoir d’achat des ménages et des entreprises touchés par la crise énergétique.»

Le Statec prévoit que le pouvoir d’achat augmentera de 2% en 2023. Le déficit public, quant à lui, pourrait atteindre 3% du PIB l’année prochaine.

Le chômage devrait augmenter en 2023 alors que le nombre de postes à pourvoir est actuellement historiquement élevé. «L’emploi devrait fortement décélérer dans la zone euro», explique Ferdy Adam, et ce ralentissement devrait également impacter le Luxembourg.

«Si en 2022, le marché du travail est encore porté par la reprise post-pandémie, les perspectives pour 2023 sont plus sombres», selon l’office de statistiques. «La quasi-stagnation de l’activité prévue pour la zone euro s’accompagnerait également d’une stagnation de l’emploi.»

Cela dit, le Statec prévoit que le ralentissement serait moins marqué au Luxembourg: la projection indique que le chômage pourrait atteindre 5,1% de la population active (contre 4,8% en 2022).

Perspectives économiques 2050

Le gouvernement luxembourgeois a lancé, vendredi 2 décembre, une campagne invitant le grand public à partager ses idées sur trois scénarios possibles de l’économie nationale à l’horizon 2050, tels que décrits par Luxembourg Stratégie.

La campagne se déroule jusqu’au 1er janvier 2023 et toute personne âgée de plus de 16 ans, qu’elle soit résidente ou frontalière, peut . Après le questionnaire initial, 55 répondants auront la possibilité de débattre avec le ministre de l’Économie, (LSAP). Une vision et une stratégie définitives seront présentées le 28 mars 2023.

Cet article a été rédigé par en anglais, traduit et édité par Paperjam en français.