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Revue de presse

Merkel et Macron divisés sur le rôle de l’Otan



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«Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’Otan», a déclaré Emmanuel Macron à l’hebdomadaire The Economist, jeudi 7 novembre. (Photo: Shutterstock)

Dans un entretien paru dans The Economist le 7 novembre, Emmanuel Macron estime que l’Otan est en état de «mort cérébrale». Angela Merkel ne partage pas cette vision.

«Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’Otan», a déclaré Emmanuel Macron à l’hebdomadaire The Economist dans un entretien publié jeudi 7 novembre. Le président français l’explique par le désengagement des États-Unis et le comportement de la Turquie.

«Vous n’avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l’Otan, et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l’Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination», a-t-il précisé. Et d’ajouter: «Ce qui s’est passé est un énorme problème pour l’Otan.»

Il estime, dans ce contexte, que les «finalités stratégiques» de l’Otan doivent être clarifiées, notamment l’avenir de l’article 5 du traité de l’organisation, qui prévoit une solidarité militaire entre membres de l’Otan si l’un d’entre eux est attaqué.

Diagnostic différent

Le chef de l’État français a également appelé à créer une réelle Europe de la défense et à rouvrir le dialogue avec la Russie.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a réagi au diagnostic posé par Emmanuel Macron. Le président français a «utilisé des termes radicaux», ce qui «n’est pas mon point de vue au sujet de la coopération au sein de l’Otan», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Berlin, le 7 novembre, avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

De son côté, Moscou a soutenu les propos d’Emmanuel Macron. «Ce sont des paroles en or. Sincères et qui reflètent l’essentiel. Une définition précise de l’état actuel de l’Otan», a écrit la porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova sur sa page Facebook.

Le sommet de l’Otan prévu en décembre à Londres promet d’être mouvementé.