ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

MATÉRIEL SANITAIRE

Le masque, un outil de l’entreprise



Luxvisual peut fabriquer entre 4.000 et 5.000 masques en tissu par semaine. (Photo: LuxVisual)

Luxvisual peut fabriquer entre 4.000 et 5.000 masques en tissu par semaine. (Photo: LuxVisual)

Le masque en tissu est devenu un outil de travail. Dès lors, les entreprises l’ont rapidement personnalisé  à leurs couleurs.

Les entreprises ont très vite su s’approprier le masque. Celui-ci devenu obligatoire, elles n’ont pas résisté à y mettre le logo, les couleurs ou encore le slogan de l’entreprise ou de l’institution. Ce qui n’est pas plus mal, et parfois, cela donne des masques en tissu plutôt beaux, en plus d’être originaux. Les commerces ont également offert des masques personnalisés aux clients dans une optique de fidélisation, à l’image de ce qui se fait avec les sacs en tissu.

Un créneau qu’a su prendre Luxvisual, une société luxembourgeoise implantée dans la capitale depuis 2004 et qui emploie 11 personnes. Imprimeur numérique spécialisé dans les grands formats et travaillant surtout pour l’événementiel, la société a réussi à s’adapter pour faire face à la crise sanitaire.

«Notre site de production est à la Cloche d’Or et nous faisons la totalité de la production ici, au Luxembourg, de l’impression à la découpe en passant par le façonnage», explique Olivier Plumet, directeur associé de Luxvisual, avant de continuer: «La situation actuelle a fait que l’on a adapté notre production en gardant notre outil de production, mais en changeant simplement ce que l’on mettait sur les machines.»

La partie couture est faite par Eva Ferranti, normalement spécialisée dans la confection de costumes sur mesure. «Nous avons un partenariat avec Eva Ferranti, et là encore, cela reste très local.» 

Interrogé sur la quantité de masques produits depuis le début de la crise, Olivier Plumet avoue ne pas vraiment savoir, mais indique avoir «une capacité de production entre 4.000 et 5.000 masques par semaine».

La qualité avant la quantité

Mais le plus important ne semble pas être dans la quantité, mais bien dans la qualité du masque. «On privilégie la production locale et un produit lavable et qui répond à nos valeurs tout en étant moins agressif pour l’environnement que des masques jetables. Il y a vraiment une démarche plus responsable», souligne le directeur associé.

Olivier Plumet insiste également sur les normes et la qualité. «Nous avons fait les démarches et pris le temps de la recherche pour trouver les bons matériaux, pour respecter les normes en vigueur et surtout avec les certifications UNS 1 de l’Afnor. Cela a été un investissement important en termes de temps.» 

Luxvisual peut se targuer d’avoir produit les masques de certaines administrations communales, de certaines banques, mais aussi d’agences de communication, avec des masques plus «fun» ou du moins plus créatifs. Dans la liste des clients, on peut trouver la Ville de Luxembourg, la banque BGL BNP Paribas, ou encore  Luxembourg for Finance.

Une demande toujours présente

Au niveau du prix, Olivier Plumet assure que le masque en tissu tourne autour de 8 euros pièce. «On commence à partir de 25 pièces et le prix est dégressif en fonction des quantités. Mais globalement, on va être autour de 8 euros le masque sur les petites quantités et autour de 5 euros le masque sur les grandes quantités», précise le directeur associé.

Luxvisual confectionne également des panneaux en plexiglas pour les entreprises. D’ailleurs, même si la crise sanitaire a commencé depuis maintenant plus d’un an, la demande en masques et en panneaux en plexiglas reste élevée selon Olivier Plumet. «Sur les masques et les plexiglas, la demande reste toujours soutenue. Il faut dire que petit à petit, les entreprises font revenir les salariés dans les locaux, qui doivent dès lors être équipés en plexiglas. Du fait des confinements et du télétravail, toutes les entreprises n’ont pas pu s’équiper immédiatement, donc la demande est toujours là. Une demande qui se couple généralement avec une demande en masques. Le tout faisant un ensemble rassurant pour les salariés», explique encore le directeur associé de l’entreprise. 

Si l’entreprise a réussi à s’adapter à la crise, la confection de masques et de plexiglas n’a pas compensé la perte en chiffre d’affaires de la société qui travaillait surtout pour le secteur de l’événementiel, un secteur aujourd’hui à l’arrêt ou presque. «On espère avoir encore davantage de clients concernant la production de masques et de plexiglas, car j’ai bien peur que le port du masque devienne malgré tout une habitude. Je ne pense pas qu’on va l’enlever du jour au lendemain. Mais il ne faut pas se tromper: j’aimerais être sans masque et retourner à une vie où l’on faisait beaucoup d’impressions pour l’événementiel, les salons et les conférences!», termine Olivier Plumet.

Le masque est devenu un outil d’entreprise pour le salarié, au même titre que le stylo et le bloc-notes affichant les couleurs et le logo de la société.

Luxvisual a réalisé des masques pour de nombreuses entreprises du pays. (Photo: Luxvisual)

Luxvisual a réalisé des masques pour de nombreuses entreprises du pays. (Photo: Luxvisual)

Des masques à tous les prix

Si un particulier est en droit de faire une importante commande auprès d’une société comme Luxvisual, il se tourne généralement vers le commerce de détail pour se fournir. Petit point sur les prix des masques.

En tissu, chirurgicaux ou encore FFP2, les masques sont accessibles facilement dans les commerces du pays, notamment les grandes surfaces et les pharmacies.

Le temps de la pénurie est bien loin et comme n’importe quel produit, les prix varient selon plusieurs critères. Par exemple, dans les magasins Cactus, les masques chirurgicaux fabriqués au Luxembourg par Santé Services se vendent à 25,20 euros la boîte de 50 (soit 0,50 euro le masque), alors que la boîte venant d’Asie affiche un prix de 13,20 euros, soit 0,264 euro le masque. Chez Auchan, on peut trouver des masques à 0,20 euro la pièce, un prix similaire proposé dans les pharmacies.

Il existe également des petits formats pour les enfants.

On peut encore trouver moins cher en commandant sur internet, sans pour autant se fournir sur des sites obscurs. Par exemple, la société Ice-Watch, située à Bastogne, en Belgique, s’est adaptée en créant Ice-Health, qui propose des boîtes de 50 masques à 9 euros. Il faudra tout de même ajouter 6 euros de frais de port.

Au niveau du masque FFP2, là aussi, la boîte de 25 masques est disponible dans les rayons du supermarché luxembourgeois. Beaucoup plus cher que le chirurgical, le masque FFP2 s’affiche à 1,59 euro l’unité. Là encore, le prix est relativement similaire dans les supermarchés.

Un large choix de masques est proposé à la vente dans les supermarchés du pays. (Photo: Paperjam)

Un large choix de masques est proposé à la vente dans les supermarchés du pays. (Photo: Paperjam)