PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

polémique

Marc Raisière, CEO de Belfius, en pleine tourmente



Marc Raisière a présenté ses excuses pour les propos tenus. Mais cela ne calme pas la tempête déclenchée. (Photo: Twitter/Belfius)

Marc Raisière a présenté ses excuses pour les propos tenus. Mais cela ne calme pas la tempête déclenchée. (Photo: Twitter/Belfius)

Le CEO de Belfius, un des plus importants assureurs et banques de Belgique, qui dispose d’une filiale au Luxembourg, paie au prix fort des propos tenus dans une interview récente. Ses excuses ne parviennent pas à éteindre l’incendie qu’il a lui-même provoqué.

Dans le secteur des banques et des assurances, la voix de Marc Raisière est de celles qui comptent. Ancien cadre d’Axa, il a ensuite pris les commandes de Belfius Insurance, avant de devenir le patron du groupe de banque et d’assurances dans sa globalité. Si Belfius n’est présent au Luxembourg que via une filiale discrète, c’est un poids lourd en Belgique avec plus de 3,6 millions de clients.

Une interview accordée à nos confrères de Trends-Tendances lui vaut actuellement mille maux et provoque des réactions en chaîne, notamment au niveau politique. Interrogé quant à l’impact du Covid, notamment dans le secteur de l’horeca, Marc Raisière, lauréat du prix du Manager de l’année , n’y a pas été avec le dos de la cuillère: «Bien sûr qu’il y aura des faillites (…). Mais n’avions-nous pas trop de cafés et de restaurants en Belgique? Étaient-ils tous rentables? Étaient-ils tous viables, sans avoir recours au noir? J’ai bien conscience de parler très crûment, mais les économies ont de temps à autre besoin d’une vague d’assainissement.»

Des appels à quitter la banque

Cela lui a valu de suite une volée de bois vert. «Un patron ne devrait pas dire cela, a fortiori un patron de grande banque publique. Derrière les chiffres et les pourcentages, il y a des emplois, des familles et des vies qui méritent le respect et du soutien, d’autant plus en cette période très difficile pour l’horeca», a ainsi pointé Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier ministre PS.

«C’est affligeant, quand on sait que c’est le contribuable qui a sauvé Belfius (anciennement Dexia) et qu’il paie encore», a relevé Denis Ducarme, député MR et ex-ministre des Classes moyennes. Qui veut demander des éclaircissements au ministre fédéral des Finances.

Ils n’ont pas été les seuls. Plusieurs députés souhaitent désormais des explications sur ces propos, et le PTB a même demandé l’audition du CEO en commission des finances de la Chambre. Dans le même temps, des appels ont été lancés pour inviter les clients à quitter Belfius.

Marc Raisière a présenté ses excuses par voie de communiqué. Il y précise que «Belfius continuera à soutenir l’économie belge avec tous les moyens dont elle dispose, y compris le secteur de l’horeca». Insuffisant, pour le moment, à calmer la tempête.