POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

accueil des enfants

Les maisons relais préparent activement la rentrée



Une des grandes inconnues tient au personnel qui sera nécessaire pour encadrer les enfants. (Photo: Shutterstock)

Une des grandes inconnues tient au personnel qui sera nécessaire pour encadrer les enfants. (Photo: Shutterstock)

La reprise des activités dans les maisons relais et foyers scolaires aura lieu, comme pour le fondamental, le 25 mai, selon des modalités particulières en raison de la crise sanitaire. Un fameux casse-tête pour les responsables locaux.

Ils n’ont pas une minute de répit! Pour les responsables des maisons relais et autres foyers scolaires, le temps est compté afin de préparer au mieux la reprise des activités le 25 mai, en même temps que la rentrée des élèves du fondamental. Les annonces faites par le ministère de l’Éducation nationale et le Syvicol, mardi 5 mai , ont certainement permis de lever un certain nombre d’interrogations.

Combien d’enfants, et à quels moments de la journée?

«Nous avions déjà commencé un certain nombre de préparatifs avant, mais il est évident que c’est un peu plus clair depuis les annonces faites, et les informations écrites qui ont été reçues dans la foulée», explique Laurent Zimmer, gestionnaire des maisons relais et crèches de la Ville d’Esch. «Du coup, mon téléphone n’arrête pas de sonner…»

À Dudelange, Laurent Krantz, chef de service adjoint Éducation et accueil, connaît la même situation. «Il est vrai que ce qui a maintenant été précisé va nous aider. Mais ce sera surtout à partir du 8 mai que l’on y verra encore plus clair, du moins, c’est ce qu’on espère. C’est à ce moment que nous devrions avoir de retour les fiches remplies par les parents avec la présence ou non à la maison relais, lors de quelles plages horaires, etc.» 

Un formulaire a en effet été transmis aux parents à partir de mercredi pour comprendre leurs besoins. Ces données permettront alors de «mieux savoir combien d’enfants sont attendus, et donc de combien de locaux nous allons avoir besoin, et quel personnel d’encadrement devra être mobilisé».

Car, avec la crise sanitaire, tout est remis à plat. Ainsi, à Dudelange, les 15 structures d’accueil prennent habituellement en charge 1.000 enfants. «Mais nous avons 1.900 enfants scolarisés dans le fondamental. Avec la crise et ses contraintes, rien ne dit que le nombre d’enfants dans les maisons relais ne va pas augmenter… Même possiblement jusqu’à 1.900.»

Il faudra donc sans doute trouver des solutions en ce qui concerne les locaux. Notamment dans la perspective du congé de Pentecôte, lors duquel les écoles seront fermées, mais les maisons relais ouvertes. «Les enfants pourraient donc être plus nombreux. Il faudra éviter les mélanges entre eux», dit-on à Esch. Même constat à Dudelange. D’autant que, dans les deux villes, les enfants qui n’avaient pas été inscrits dans les maisons relais en début d’année scolaire peuvent l’être maintenant. Or, il fait peu de doute que de nombreuses familles qui comptaient profiter de vacances resteront finalement au Luxembourg, les parents au travail et les enfants… en maison relais. 

Trouver du personnel d’encadrement

Autre souci: les horaires. Pour le ministère, les maisons relais doivent fermer leurs portes à 18h. Or, certaines ouvraient habituellement jusqu’à 18h30, et même 19h. Notamment à Esch, où le collège échevinal avisera de la possibilité d’ouvrir une heure plus tard que ce que le ministre recommande.

«Peu d’enfants sont concernés, mais il y en a», confirme Laurent Zimmer. «Si des parents travaillent à Luxembourg, il faut qu’ils puissent revenir ici. On ne laissera évidemment aucun enfant à la porte. Mais il va falloir trouver des solutions, car notre personnel est déjà très sollicité.»

Le personnel constitue en effet un autre fameux problème pour les gestionnaires. «Nous aurons évidemment des absents. Nous comptons parmi nos équipes des personnes fragilisées», indique Laurent Zimmer. D’autres profitent du congé familial et vont peut-être continuer à le faire, ou se trouvent en arrêt maladie. «Il y a aussi des temps partiels, avec des horaires de 20h par semaine», analyse Laurent Krantz. Un fameux casse-tête se profile, avec déjà la perspective de devoir recruter «des profils pédagogiques et des étudiants», dit-on à Dudelange, où l’appel à candidatures devrait être officialisé dans les prochains jours pour venir compléter le cadre qui habituellement compte 140 équivalents temps plein.

La Croix-Rouge, qui gère une série de maisons relais, l’a déjà fait de son côté.

Au 31 décembre 2019, l’offre totale des services d’éducation et d’accueil pour enfants scolarisés s’élevait à 39.461 places, sachant qu’une même place peut être occupée par plusieurs enfants à des plages horaires différentes.

Dans le pays, il existe 325 services d’éducation et d’accueil (SEA) pour enfants scolarisés qui sont gérés par des gestionnaires conventionnés (asbl, Commune…) ou commerciaux. 1.565 équivalents temps plein y travaillent. Une armée à remettre en ordre de bataille en quelques jours seulement.