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Made in Space rachetée mais pas menacée



Le CEO de Made in Space, Jason Dunn, et le couple héritier grand-ducal, à l’occasion de la visite luxembourgeoise des installations américaines de la société. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen)

Le CEO de Made in Space, Jason Dunn, et le couple héritier grand-ducal, à l’occasion de la visite luxembourgeoise des installations américaines de la société. (Photo: SIP/Jean-Christophe Verhaegen)

Créées il y a 10 ans, Made in Space et sa jumelle luxembourgeoise ont été rachetées par Redwire Space. Selon le communiqué, cette présence en Europe, via la start-up luxembourgeoise, semble être un atout pour le développement de Redwire.

Que deviendra Made in Space Europe? Mystère et boule de gomme. Attirée fin 2018 au Luxembourg après la tournée d’ Étienne Schneider (LSAP) en Californie, la start-up est spécialisée dans la fabrication additive dans l’espace grâce à des bras articulés robotisés. C’est un élément essentiel de la conquête spatiale parce que cela permettrait de créer les infrastructures à partir de poudre au lieu de devoir emmener des matériaux, ce qui augmente le prix des lancements.

Cette semaine, AE Industrial Partners (AEIP) a annoncé avoir racheté Made in Space et sa filiale luxembourgeoise pour les réunir, avec Deep Space Systems – rien à voir avec Deep Space Industries – et Adcole Space, dans une nouvelle entité, spécialisée dans les technologies de pointe de l’espace, Redwire Space.

AEIP détient une cinquantaine de sociétés, surtout dans l’aéronautique, pour une valeur de plus de 3,3 milliards de dollars.

«Pour véritablement réaliser tout le potentiel de l’exploration spatiale, l’innovation doit transformer le côté économique», a commenté Peter Cannito, CEO de Redwire,  dans un communiqué . «Made in Space a piloté de telles innovations et est maintenant positionnée pour révolutionner l’industrie.»

«Rejoindre Redwire est une occasion exaltante de faire partie d’une société qui adopte une approche innovante pour répondre aux besoins de l’industrie spatiale d’aujourd'hui», a déclaré Andrew Rush, président-directeur général de Made in Space. «Redwire nous procure l'échelle et le patrimoine de l'espace qu'il nous faut pour faire passer notre technologie à un niveau supérieur.»

Des intérêts pour la Nasa et l’Esa

«Nous partageons la vision de Redwire de repousser les frontières de l'innovation technologique dans l'espace pour permettre de plus grandes opportunités d'impact économique positif sur la Terre et pour faire progresser l'exploration», a souligné Michael Snyder, ingénieur en chef chez Made in Space. «Avec le fort support de Redwire et d'AEIP, nous avons hâte de renforcer nos efforts et d'apporter sur le marché de nouvelles capacités.»

«La combinaison des innovations révolutionnaires de Made in Space et du patrimoine hors pair du vol chez Adcole Space et Deep Space Systems constitue une plateforme spatiale vraiment unique», a ajouté Kirk Konert, associé chez AEIP. «En outre, nous gagnons une présence européenne grâce à Made in Space Europe et ceci nous permettra de mieux servir la communauté spatiale mondiale. Nous avons hâte de travailler avec Andrew, Mike et l'équipe de Made in Space.»

La société californienne a déjà lancé plusieurs machines vers la Station spatiale internationale (Esa) – deux imprimantes 3D, un recycleur de plastique et une machine qui fabrique des fibres optiques de grande valeur.  Made in Space développe également une technologie d'assemblage appelée «Archinaut», qui est conçue pour réparer et améliorer les satellites existants et construire des structures entièrement nouvelles, telles que de grands télescopes spatiaux, au large de la Terre. La Nasa a récemment octroyé à Made in Space près de 74 millions de dollars pour donner à Archinaut un test dans l'espace.

Au Luxembourg, la société avait terminé l’année avec une perte de 280.000 euros. Contactée par nos confrères de Delano , elle n’a pas répondu.