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Secret d’histoire (6/10)

Le Luxembourg raconté en histoire: 1839



Les deux Luxembourg, extrait d’une carte, collection Lëtzebuerg City Museum. (Photo: Lëtzebuerg City Museum)

Les deux Luxembourg, extrait d’une carte, collection Lëtzebuerg City Museum. (Photo: Lëtzebuerg City Museum)

Le Luxembourg se raconte aussi par son histoire, les grandes dates et les petites anecdotes, ces événements qui ont façonné le Grand-Duché jusqu’à ce qu’il devienne ce qu’il est aujourd’hui. Tout au long de l’été, Paperjam a demandé à l’historien Guy Thewes, directeur des 2 Musées de la Ville de Luxembourg, de raconter l’histoire du pays à travers 10 dates. Pour cette sixième étape dans le temps, remontons le temps au 19 avril 1839.

19 avril 1839

Le Grand-Duché apparaît dans ses frontières actuelles

En 1939 et en 1989, les Luxembourgeois ont célébré le centenaire, puis le 150e anniversaire de l’indépendance du pays. Mais à vrai dire, l’événement fêté ensuite fut d’abord vécu comme douloureux par la population concernée. Le 19 avril 1839, le traité de Londres impose le partage du Grand-Duché, réglant ainsi le conflit issu de la Révolution belge. Il y a désormais deux Luxembourg: le Grand-Duché de Luxembourg sous la souveraineté des Orange-Nassau, et le Luxembourg belge qui forme une province de la Belgique indépendante. La ligne de démarcation suit plus ou moins la frontière linguistique entre les parties francophone et germanophone, sauf dans la région d’Arlon. Le traité de 1839 trace les frontières du pays qui n’ont plus guère changé depuis. Quant aux habitants de part et d’autre de la nouvelle frontière, ils auraient aimé rester unis. Les Luxembourgeois n’avaient pas encore le sentiment d’appartenir à une communauté nationale à part. La majorité avait pris parti pour les insurgés belges, contre Guillaume Ier.

L’apprentissage de l’autonomie ne se fera qu’après 1839, progressivement, car le Grand-Duché n’a plus de lien territorial avec les Pays-Bas, et le Roi Grand-Duc se voit obligé de lui accorder une administration séparée. Finalement, la marche vers l’indépendance s’est faite par étapes. 1839 en est une, 1848, où le jeune État reçoit sa première constitution parlementaire, en est une autre. Puis suivent, en 1867, la neutralité perpétuelle garantie par les grandes puissances et, en 1890, l’accession au trône de la dynastie des Nassau-Weilbourg.

Carte historique du Luxembourg, vers 1930, collection Lëtzebuerg City Museum (photo: Lëtzebuerg City Museum)

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Affiche du centenaire de l’indépendance, 1939, collection Lëtzebuerg City Museum (photo: Lëtzebuerg City Museum)

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Guy Thewes est docteur en histoire. Après quelques années d’enseignement, il entre au service du Musée d’histoire de la Ville de Luxembourg en 1993 en tant qu’historien, avant de devenir conservateur en 1999. Aujourd’hui, il est directeur des 2 Musées de la Ville de Luxembourg. Il est également secrétaire général de l’Institut grand-ducal de Luxembourg et représentant de la Ville de Luxembourg au sein du Réseau des villes fortifiées de la Grande Région.