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pandémie

Le Luxembourg décrète un couvre-feu d’un mois



Face à un virus plus présent encore que ce qui était craint, le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de prendre de nouvelles mesures. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Face à un virus plus présent encore que ce qui était craint, le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de prendre de nouvelles mesures. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Comme cela était à craindre, le gouvernement n’a pas eu d’autre alternative que de renforcer les mesures face à un Covid-19 de plus en plus virulent. Un couvre-feu a été décidé, les championnats sportifs sont interrompus, les contacts sociaux non masqués limités à 4 personnes.

Le Luxembourg vivra sous couvre-feu entre 23h et 6h (sauf pour les gens revenant de l’étranger, de leur travail ou ayant un animal domestique) pour une durée d’un mois et cela dès que la décision du Conseil de gouvernement sera approuvée sur le plan législatif. Ce qui devra «se faire le plus vite possible», a indiqué le Premier ministre Xavier Bettel (DP), précisant qu’une réunion de la commission de la Santé aura lieu dès lundi vers 16h. Le texte sera alors envoyé au Conseil d’État pour avis, avec l’ambition de le voir appliqué au milieu ou au plus tard à la fin de la semaine prochaine.

Un texte législatif au pas de course

Voilà la première mesure prise face à la nouvelle virulence de l’épidémie de Covid-19. Ce n’est pas la seule. Les championnats sportifs, sauf la BGL League, sont interrompus. Les contacts sociaux sont aussi limités. Une famille ne peut accueillir que 4 personnes, au lieu de 10, sous son toit (elles peuvent être plus nombreuses à être invitées si elles vivent elles-mêmes ensemble, ndlr).

On ne pourra non plus être que 4 à table dans un restaurant ou dans un café, contre 10 auparavant. «Au-delà de ce nombre, le port du masque est obligatoire quand on se réunit», a mis en avant le Premier ministre. «Ce sera valable pour toutes les autres réunions, les conseils communaux…»

Le temps que ce qui a été décrit par la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP) comme «un coup de frein à main» soit transcrit dans une loi, il est fortement «recommandé de déjà appliquer ces mesures». Durant le week-end, certains ministres travailleront sur les articles qui prévoiront des sanctions en cas d’infraction.

Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont rappelé que les nouvelles mesures étaient une nécessité. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Le Premier ministre et la ministre de la Santé ont rappelé que les nouvelles mesures étaient une nécessité. (Photo: Romain Gamba/Maison Moderne)

Si ces nouvelles mesures ne sont pas prises de gaieté de cœur, «c’est aussi pour éviter un confinement dont on devine les effets désastreux sur les plans économique, psychiatrique…». D’autres pourraient suivre encore puisque notamment le passage des hôpitaux en phase 3 est vraisemblable, et seront sans doute prises dans les prochaines heures par la cellule de crise. «Il est évident que nous allons vers cette phase 3 et l’objectif de tous nos efforts sera d’y rester le moins longtemps possible», a avoué le Premier ministre. Une réflexion est aussi en cours quant aux modalités des visites dans les maisons de repos.

La vie durant l’hiver sera difficile.
Xavier Bettel

Xavier Bettel,  Premier ministre

Face à la «dégradation de la situation au cours des 3 derniers jours», le gouvernement n’avait guère d’alternative. Le nombre de personnes infectées augmente fortement, notamment chez les plus de 65 ans. Des clusters infectieux apparaissent dans des hôpitaux, ce qui rend du personnel indisponible. Surtout, les analyses d’eau dans les stations d’épuration montrent que le virus est beaucoup plus présent dans la population que ce que ne laissent penser les tests et autres statistiques épidémiologiques.

«C’est inquiétant et nous devons nous dire que ces chiffres sont exacts. La zone grise (celle des malades non identifiés, ndlr) augmente donc, cela paraît certain. Nous sommes donc à un nouveau moment de la crise», indique la ministre de la Santé. Tandis que le Premier ministre répète que «le virus est partout, présent dans toutes les catégories».

Et face à un contexte «inquiétant», la possibilité de «perdre le contrôle reste une possibilité». 

Une certitude: «la vie durant l’hiver sera difficile».