POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Étude européenne

Le Luxembourg dans la moyenne pour la petite enfance



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Les pays européens tendent à offrir un accueil de plus en plus précoce, mais les conditions varient beaucoup, notamment en matière de place garantie ou de coût. Le Luxembourg devrait offrir davantage de places pour faciliter la prise en charge des petits. (Photo: Shutterstock)

Le réseau Eurydice note des progrès dans l’accueil des enfants en bas âge. Le Luxembourg est appelé à fournir davantage de places pour les 0-3 ans.

La deuxième édition des «Key Data on Early Childhood Education and Care (ECEC) in Europe» (Données-clés sur l’éducation et la prise en charge de la petite enfance en Europe) offre une vue d’ensemble de l’accessibilité, de la qualité et de l’inclusion dans 38 pays européens. L’étude couvre la prise en charge des enfants jusqu’à leur entrée dans le système d’éducation obligatoire vers 6 ans, soit 31 millions d’enfants dans l’UE.

«Obtenir une place, et une place abordable financièrement dans l’ECEC, s’avère encore difficile pour de nombreuses familles avec des enfants de moins de trois ans», remarque Eurydice. Seuls sept pays – le Danemark, l’Allemagne, l’Estonie, la Slovénie, la Finlande, la Norvège et la Suède – garantissent une place dans un lieu d’accueil financé par l’État pour les enfants de 6 à 18 mois. «L’accessibilité est considérablement meilleure pour les enfants plus âgés», poursuit l’étude, puisqu’elle est garantie dans la moitié des pays européens. La dernière année en éducation précoce est gratuite dans la plupart des pays.

Pas de place garantie au Luxembourg

Ce sont les pays nordiques, baltes et balkaniques qui affichent les garanties de qualité les plus élevées – prise en charge de qualité, contenu éducatif documenté, personnel hautement qualifié et politiques cohérentes.

Le Luxembourg figure parmi les rares pays à offrir une place gratuite en éducation précoce mais sans garantie avant trois ans. La Lettonie est la meilleure élève en garantissant une place gratuite pour tout enfant dès ses 18 mois. Les pays où l’accueil est le plus onéreux sont l’Irlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse. Le montant moyen s’élève ainsi à 771 euros par mois en Irlande.

Les politiques de la petite enfance comme la culture expliquent certaines différences. Ainsi, la France est le seul pays européen dans lequel les crèches accueillent moins d’enfants que les assistantes maternelles. Le maximum d’enfants gardés à domicile est en moyenne de quatre à cinq (cinq au Luxembourg), avec des variations à trois au Royaume-Uni et Slovaquie, et jusqu’à huit en Belgique néerlandophone.

Une formation requise insuffisante

Eurydice déplore que seulement un tiers des pays européens exige qu’au moins un des membres de l’équipe de l’éducation précoce justifie d’études supérieures. Si la France, l’Allemagne, la Suède ou certains pays des Balkans demandent une formation supérieure à tous les intervenants, à l’inverse, d’autres limitent cette exigence aux intervenants avec des enfants de plus de trois ans comme le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Italie ou la Pologne. À noter que l’Irlande, la Suède et l’Autriche ne requièrent aucune formation supérieure, quel que soit l’âge des enfants pris en charge.

Concernant les orientations éducatives, l’étude salue la décision du gouvernement luxembourgeois d’avoir transféré le ressort de l’éducation précoce au ministère de l’Éducation «afin d’assurer une plus grande cohérence des politiques». Une mesure de nature à faciliter la transition vers l’enseignement primaire. Il est recommandé de prévoir un accueil précoce situé au même endroit que l’école afin d’accroître la collaboration entre les deux établissements et de faire évoluer les enfants dans un lieu familier. Le Luxembourg est l’un des six pays à offrir cette unicité de lieu avec la Grèce, Chypre, la Suède, la Suisse et le Liechtenstein.

Coordonné et financé par la Commission européenne, Eurydice est un réseau qui publie régulièrement des études comparatives sur l’organisation et le fonctionnement des systèmes éducatifs dans les 38 pays participant au programme Erasmus+. Son mantra: «Better Knowledge for Better Education Policies».