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DÉmographie

Le Luxembourg a attiré moins de nouveaux résidents en 2020



Le Luxembourg a connu une année 2020 avec des chiffres démographiques en baisse au niveau de plusieurs indicateurs. La faute, notamment, à la pandémie de Covid-19.

Les derniers chiffres de la démographie au Luxembourg publiés par le Statec mettent sans surprise en évidence des effets en lien avec une année 2020 troublée par une pandémie mondiale.

Les incertitudes du marché du travail freinent les immigrations

Premier constat, le Luxembourg a beaucoup moins attiré de nouveaux résidents que les années précédentes. Entre le 1er janvier 2020 et le 1er janvier 2021, la population a augmenté de 1,4%. «Cet accroissement est moindre que celui observé durant les dernières années, où il fluctuait entre 2 et 2,5%», indique le Statec. Le Luxembourg s’est distingué au cours des 10 dernières années par une croissance de la population due pour un peu plus de 80% aux migrations internationales.

Dans le détail, le pays a compté 22.490 arrivées et 14.870 départs l’année dernière. Le solde migratoire, c’est-à-dire la différence entre les immigrants (qui arrivent) et les émigrants (qui quittent), est de 7.620 personnes, contre 11.075 en 2019. Ainsi, la population du Luxembourg a augmenté de 7.620 personnes uniquement grâce aux flux migratoires internationaux. Les hommes sont plus nombreux à immigrer vers le Luxembourg (54,2%) et à émigrer vers l’étranger (54,8%). «En 2020, les arrivées sont moins élevées que lors des années précédentes. Les incertitudes du marché de travail et les restrictions de déplacements suite au coronavirus font que moins de personnes ont décidé de s’installer sur le territoire luxembourgeois. Les émigrations ont également baissé, mais de manière moins prononcée, et les migrations internes n’ont guère diminué», analyse le Statec.

Moins de mariages, mais plus de naissances

Toujours à la lecture de l’étude du Statec, le nombre de mariages est en forte diminution, avec 15,9% d’échanges de consentement en moins par rapport à 2019. Dans le détail, 2.143 couples se sont passé la bague au doigt en 2019, contre seulement 1.803 l’année dernière. À noter que, parmi ces mariages, 39 ont été contractés entre deux personnes de même sexe: 23 entre deux hommes et 16 entre deux femmes. Au niveau des divorces, après une augmentation d’un tiers entre 2018 et 2019 (sous l’effet de nouvelles dispositions légales), les séparations passent de 1.906 unités à 1.447 en 2020.

Le nombre de naissances au Luxembourg passe pour sa part de 6.230 en 2019 à 6.459 l’année dernière. Cette augmentation de 3,7% est due au nombre plus important de naissances d’enfants de nationalité luxembourgeoise (+5,9% par rapport à 2019), indique le Statec. Le nombre de nouveau-nés non luxembourgeois n’est pas en reste, avec une augmentation de 1,3%. L’indicateur conjoncturel de fécondité passe de 1,34 en 2019 à 1,37 enfant par femme en 2020. En 2018, l’indicateur conjoncturel de fécondité de l’Union européenne était de 1,56 enfant par femme.

Parmi les 6.459 naissances, les bébés masculins sont légèrement surreprésentés (51%). À noter également que plus d’un enfant sur deux (57,3%) est né de couples mariés, alors que 42,7% des naissances sont «hors mariage». Une part qui ne cesse d’augmenter. Elle était seulement de 3,4% en 1950, de 5,9% en 1980, et de 21,9% en 2000.

Les décès en hausse

En 2020, le nombre de décès s’est élevé à 4.609. Un nombre en augmentation de 7,6% par rapport à 2019, où 4.283 décès ont été enregistrés. Parmi les 4.609 décès, il y a eu légèrement plus de décès masculins (51,5%) que féminins (48,5%). À noter que la population de nationalité luxembourgeoise rassemble 76,2% des décès. L’âge moyen des personnes décédées est de 81 ans pour les femmes et 74,8 ans pour les hommes. L’espérance de vie à la naissance n’évolue guère, et est de 84,6 ans pour les femmes et de 80,1 ans pour les hommes.

Les décès dus au Covid-19 représentent 11% des décès, et même 13,6% des décès observés entre la mi-mars et fin décembre. Entre la déclaration du premier décès dû au Covid-19, le 13 mars 2020, et la fin du mois de décembre, le Statec a dénombré 3.749 décès. Ceci correspond à 399 décès supplémentaires par rapport à l’année 2019, et à 477 décès de plus par rapport à 2018. «Ce nombre de décès supplémentaire coïncide en grande partie avec les 501 décès officiellement dus au Covid-19 communiqués par le ministère de la Santé pour cette période», précise le Statec, dans son document.

Au 1er janvier 2021, 634.730 habitants résident au Luxembourg. Au cours de l’année 2020, la population du Grand-Duché a augmenté de 9.470 personnes (solde naturel de 1.850 personnes additionné au solde migratoire de 7.620 personnes). L’âge moyen de la population est de 40,4 ans pour les femmes et de 38,9 ans pour les hommes. Les habitants étrangers sont significativement plus jeunes que les Luxembourgeois. L’âge moyen pour les femmes luxembourgeoises est de 42,5 ans, contre 37,9 ans pour les femmes étrangères. Pour les hommes luxembourgeois, l’âge moyen s’élève à 40,1 ans, contre 37,7 ans pour les hommes étrangers.

Nombre de décès en 2020 au Luxembourg. (Crédit: Statec)

Nombre de décès en 2020 au Luxembourg. (Crédit: Statec)

Un solde naturel en baisse

En prenant en compte les 6.459 naissances et 4.609 décès survenus parmi les personnes ayant leur résidence au Luxembourg, il est possible de calculer le solde naturel du pays. Autrement dit, l’excédent des naissances par rapport aux décès. En 2020, il est de 1.850 personnes. Si ce solde a augmenté jusqu’en 2013, avec un maximum de 2.293 personnes, il n’a cessé de diminuer depuis, et est passé sous la barre des 2.000 individus. Le pic de décès en 2020, dû à la surmortalité liée au coronavirus, est d’ailleurs bien visible dans les données graphiques du document du Statec.