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Compétitivité

Le Luxembourg 15e, plus mauvais classement en 10 ans



La bureaucratie est toujours un problème pointé par les entrepreneurs qui participent au classement mondial annuel de la compétitivité. (Photo: Shutterstock)

La bureaucratie est toujours un problème pointé par les entrepreneurs qui participent au classement mondial annuel de la compétitivité. (Photo: Shutterstock)

En recul de trois places par rapport à l’an dernier, le Luxembourg perd l’espoir d’être dans le top 10 des pays les plus compétitifs dans le classement de l’IMD World Competitiveness Yearbook.

«S’il s’agit davantage d’un recul que d’une véritable chute, l’économie luxembourgeoise n’a jamais été aussi mal classée entre les années 2010 et 2020.» Le constat dressé dans le communiqué de presse diffusé par la Chambre de commerce est sans appel: la 15e place de l’ IMD World Competitiveness Yearbook revient au Luxembourg, ce qui ruine ses chances d’intégrer le top 10 à court terme.

«Les faiblesses de la compétitivité luxembourgeoise tendent à se renforcer plus qu’à se résorber. Trois domaines ressortent au moment d’examiner les carences actuelles du modèle économique luxembourgeois. Avec une stagnation continue de la productivité, le Luxembourg arrive au bout de son modèle de croissance extensive, ce qui appelle à une transition (rapide) vers la croissance qualitative. La difficulté à trouver les talents s’accroît chaque année. Enfin, le Luxembourg prend un certain retard en matière de transformation digitale par rapport aux économies les plus avancées dans ce domaine.»

Pour autant, notent les auteurs, «le Luxembourg a tous les atouts pour mieux réussir que d’autres la relance économique à la suite de la crise du Covid-19», comme les marges financières supérieures à la plupart des autres économies européennes et une ambition affichée, que ce soit en termes de niches de croissance ou de digitalisation.

«Le Luxembourg devra toutefois construire le plan de relance adapté pour soutenir l’économie et regagner en compétitivité. Nul doute que les faiblesses mises en exergue par ce classement sont un sérieux avertissement alors que le monde d’après, au cœur de l’actualité, sera un monde digitalisé où les secteurs à forte valeur ajoutée, la capacité à innover et les talents feront toute la différence.»

Le podium des pays les plus compétitifs est constitué, en 2020, de Singapour, du Danemark et de la Suisse, devant les Pays-Bas et Hong Kong.

L’édition 2020 du classement dévoilé ce mardi. (Photo: IMD)

L’édition 2020 du classement dévoilé ce mardi. (Photo: IMD)

Les principaux résultats du Luxembourg

- 8e dans le domaine des performances économiques (-1), avec le record mondial de PIB par habitant, mais le Qatar le dépasse en parité de pouvoir d’achat. Il est aussi le deuxième pays le plus ouvert au monde derrière Hong Kong, 3e détenteur d’investissements directs à l’étranger (3,5 fois son PIB) et 5e pour le stock d’IDE sur son sol, 3e en montant absolu pour les investissements de portefeuille.

- 12e pour l’efficacité des pouvoirs publics (-2). Au-delà des finances publiques qui sont saines, les chefs d’entreprise voient toujours trop de bureaucratie et un environnement pas toujours favorable à la compétitivité, sentiment contrebalancé par le fait de pouvoir recruter à l’étranger. 60e pour le poids de la fiscalité sur les entreprises et 47e pour celui des ménages – la politique fiscale est toujours un point faible.

- 17e pour l’environnement des affaires (-5). Les dirigeants d’entreprise ont placé le Luxembourg seulement à la 24e position pour l’utilisation des outils et des technologies numériques pour améliorer leurs performances. Même si l’attraction des talents reste compliquée, le Luxembourg a gagné cinq places à propos du marché du travail. Le plus gros recul (8 places) vient de la baisse des marchés financiers luxembourgeois (la capitalisation boursière des entreprises cotées est passée de 59,9 à 42,5 milliards d’euros).

- 24e pour les infrastructures (+1): la seule hausse est principalement due à la hausse des dépenses pour l’éducation, tandis que la confiance recule dans les infrastructures technologiques, parce que le pays exporte trop peu de haute technologie et pas assez de services dans les TIC, sans parler des difficultés à recruter dans ce secteur.

- Huit pays européens se trouvent dans le top 15 (Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Suisse, Irlande, Pays-Bas, Luxembourg)

- Situation stable pour les pays frontaliers: Allemagne 17e, Belgique 25e et France 32e.