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adrien ney (Luxair)

«Nous avons les moyens pour traverser cette crise»



Adrien Ney, CEO de Luxair, estime avoir la trésorerie suffisante pour affronter la crise du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/archives Paper/archives Paperjam)

Adrien Ney, CEO de Luxair, estime avoir la trésorerie suffisante pour affronter la crise du Covid-19. (Photo: Matic Zorman/archives Paper/archives Paperjam)

L’airline est à l’arrêt, mais la compagnie aérienne compte sur son activité cargo pour remonter la pente en pleine crise du Covid-19. Elle l’assure avec un effectif réduit.

Les pays se confinent pour éviter la propagation du coronavirus et les avions ne volent quasiment plus, le Findel est fermé depuis lundi . Comment Luxair gère-t-elle cette crise? La réponse avec Adrien Ney , son CEO.

Comment Luxair a-t-elle été touchée par le coronavirus?

Adrien Ney. – «La première activité touchée a été le cargo. Nous avons eu des baisses sensibles au mois de janvier (-20%). Cette baisse a duré jusqu’à la dernière semaine de février. Après, nous avons eu une remontée des volumes du cargo dont l’explication est très simple. C’est parce que les vols passagers avec du cargo ont été annulés et donc cette activité s’est concentrée sur les avions seulement cargo.

Aujourd’hui, le cargo tourne à plein régime, autour de 5 à 7% de plus que l’année passée. Nous avons du mal à assumer parce que beaucoup de nos collaborateurs ont pris un congé familial ou sont malades.

Les trois dernières semaines sont supérieures, maintenant je ne sais pas combien de temps cela va durer. Si certains pays ferment leurs espaces aériens, il faut vraiment suivre au jour le jour. La crise n’est pas terminée à ce stade. 

Quelle part des salariés sont absents?

«Nous n’allons pas la communiquer, mais c’est une part substantielle. 

Qu’en est-il de l’activité airline?

«L’airline est fortement impactée. Nous arrêtons de voler en dehors des vols de rapatriement. Nous avons rapatrié 2.900 clients la semaine dernière (l’entreprise arrête tous ses vols Luxair airline du 24 mars au 19 avril inclus et les vols LuxairTours jusqu’au 30 avril, ndlr).

Pour LuxairTours, ce sont nos clients que nous avons transportés dans les destinations que nous rapatrions. Nous faisons ça à nos frais. Et s’il y a des moyens, nous prenons encore des personnes qui sont résidentes de la Grande Région à bord. C’est à leurs frais. Ce sont des personnes qui ne sont pas parties avec nous.

Combien avez-vous perdu à cause du coronavirus?

«C’est un peu trop tôt, je pourrai le dire début avril. Ce sera très substantiel. Le mois d’avril sera encore plus négatif que le mois de mars, car au mois de mars nous avons eu encore des vols LuxairTours.

Comment gérez-vous la situation?

«C’est une situation exceptionnelle. En tant que responsable, il faut gérer cette crise avec les collègues, ce que nous sommes en train de faire, avec une présence sur le terrain en permanence. Nous avons demandé le chômage partiel pour un nombre important de nos salariés pour le mois de mars, pour le mois d’avril. Garder un lien par téléphone avec tous les collègues qui font du télétravail.

C’est un rôle différent, mais il faut quand même assumer le rôle de diriger cette société dans des temps qui sont extrêmement difficiles. Il ne faut pas paniquer et voir quel est le meilleur moyen de s’en sortir. Il faut penser à nos clients et à nos employés qui vont vraiment les rapatrier jusqu’au dernier moment, respect pour eux.

Qu’avez-vous mis en place pour les protéger?

«Nous avons respecté à la lettre toutes les consignes qui ont été données par les autorités. Garder les distances, etc. Nous avions des meetings avec eux plusieurs fois par jour, les personnes ont été formées et informées.

Pensez-vous réussir à sortir de cette crise?

«Nous avons un grand avantage, c’est que nous avons les moyens financiers pour assumer et traverser cette crise. Après, il faut se préparer, nous le verrons au mois d’avril. C’est un peu trop tôt, nous sommes en train de voir ce que fait la concurrence: comment va-t-elle revenir? Qui va revenir? Est-ce qu’après la crise, il n’y aura pas encore plus de concentration dans notre activité?»