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Sureffectif

Luxair: 69 salariés prêtés à long terme à l’État



Les ministres François Bausch et Dan Kersch ont présenté les nouvelles mesures d’accompagnement pour les salariés de Luxair en présence de Nora Back (OGBL) et de Patrick Dury (LCGB).  (Photo: Sip)

Les ministres François Bausch et Dan Kersch ont présenté les nouvelles mesures d’accompagnement pour les salariés de Luxair en présence de Nora Back (OGBL) et de Patrick Dury (LCGB).  (Photo: Sip)

Les différents ministères de l’État vont accueillir 69 salariés de Luxair en prêt de main-d’œuvre. Un prêt qui devrait se transformer en un recrutement définitif sur le long terme.

Presque un an après l’accord tripartite dans le secteur de l’aviation qui a sauvé 600 personnes chez Luxair, le gouvernement et les syndicats ont trouvé une solution pour 69 personnes encore en sureffectif au sein de la compagnie aérienne luxembourgeoise.

Concrètement, 69 salariés de Luxair vont être «prêtés» à l’État. Les différents ministères et administrations ont reçu le feu vert pour intégrer ces personnes en plus des effectifs autorisés. «C’est important de le préciser. Les ministères et les administrations ont reçu l’autorisation d’engager du personnel en surnombre, c’est-à-dire en plus du recrutement qui a été autorisé. Les coûts de traitement des 69 personnes ne pèseront pas dans les budgets et seront supportés par le Fonds pour l’emploi», a expliqué Dan Kersch , vice-Premier ministre, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire, avant d’ajouter qu’«il s’agira d’un prêt de main-d’œuvre de longue durée d’une durée maximale de cinq ans. Mais l’objectif à terme est de transformer ce prêt en un recrutement définitif.»

Après l’accord tripartite signé en octobre 2020 , près de 220 salariés avaient été identifiés comme un sureffectif structurel et sans avenir au sein de Luxair. Suite à des négociations, des solutions ont été trouvées pour faire descendre ce nombre à 69 salariés. Sans véritable issue, le gouvernement a pris la décision de recourir au prêt temporaire de main-d’œuvre de longue durée.

Pour rappel, sur les 600 personnes concernées par le plan social, soit 20% des effectifs de Luxair, la moitié a pu bénéficier d’une mesure de préretraite. 

«Les salariés ont un attachement fort à l’entreprise et le prêt de main-d’œuvre ou le reclassement n’a pas toujours été facile à accepter. Mais c’est tout de même une très bonne décision de voir l’État prendre ses responsabilités. Le dialogue social a fonctionné. C’est mieux que le chômage partiel, qui reste une solution, mais c’est aussi une perte de salaire, et plus longtemps les personnes restent au chômage partiel, plus il est difficile de retourner sur le marché de l’emploi», a souligné Michelle Cloos, secrétaire centrale du syndicat OGBL. Une satisfaction partagée également par le LCGB.

138 personnes à l’avenir incertain

Les deux syndicats vont désormais suivre l’évolution de la situation, mais aussi travailler au niveau des possibilités de formation continue au sein de Luxair pour les personnes encore en chômage partiel. Selon nos estimations, près de 90 personnes sont encore en chômage partiel. Un nombre variant en fonction de l’activité et de la conjoncture de la compagnie aérienne.

À noter que depuis le début de la crise sanitaire et les difficultés économiques de Luxair, un certain nombre de salariés est détaché en prêt de main-d’œuvre auprès de diverses administrations, dont notamment le traçage des contacts Covid au sein de la Direction de la santé. Au total, 138 salariés sont actuellement affectés au ministère de la Santé, à l’Adem, aux Archives nationales de Luxembourg et au ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable.

Par contre, contrairement aux 69 salariés prêtés aux services étatiques, les 138 personnes en question n’ont pas de garanties sur l’avenir. «C’est le travail qui va nous occuper dans les jours et semaines à venir. Les questions autour de la formation continue et du reclassement vont se poser et il faudra trouver des solutions», a souligné Robert Fornieri, secrétaire général adjoint du LCGB. 

Une bonne période estivale, mais…

«Luxair est une entreprise essentielle pour l’économie du pays du fait de son activité, mais également de sa connexion avec les autres pays. Le dialogue social a joué un rôle important afin de trouver des solutions pour l’entreprise et les salariés», a justifié François Bausch , (déi Gréng), vice-Premier ministre, ministre de la Mobilité et des Travaux publics.

L’État est actionnaire de la compagnie aérienne à hauteur de 38,9%, aux côtés de la BCEE (21,4%), la BIL (13,3%) et Delfin (13,3%).

Nous avons beaucoup volé sur le mois d’août, avec un taux de remplissage correct. Mais la tendance ne va pas se prolonger sur l’automne ni sur le début d’année prochaine.
Gilles Feith

Gilles Feith,  CEO,  Luxair

«Les résultats de la période estivale ne peuvent pas être extrapolés sur le reste de l’année. Nous avons beaucoup volé sur le mois d’août, avec un taux de remplissage correct. Mais la tendance ne va pas se prolonger sur l’automne ni sur le début d’année prochaine. Nous allons tenter de mettre des vols supplémentaires pour Dubaï et Sylt pour compenser la perte des voyages d’affaires. Mais en période de crise, essayer de compenser des pertes de revenus sur les routes historiques, c’est difficile. Il y a aussi la concurrence qui s’intensifie, même si Luxair est prête à faire face à cette concurrence. D’un autre côté, le consommateur doit également prendre conscience de sa responsabilité sociale. On ne peut pas tout avoir. On ne peut pas avoir une viande à un euro le kilo et des agriculteurs qui ont assez pour se nourrir eux-mêmes. C’est la même chose dans l’aviation», a précisé  Gilles Feith , CEO de Luxair.