ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Plateformes de location à courte durée

Location de logements type Airbnb: trois mois et pas plus



Lors de la présentation de sa réforme sur le droit d’établissement, Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes et du Tourisme, y a inséré un volet portant sur la location temporaire visant clairement Airbnb. (Photo: Shutterstock)

Lors de la présentation de sa réforme sur le droit d’établissement, Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes et du Tourisme, y a inséré un volet portant sur la location temporaire visant clairement Airbnb. (Photo: Shutterstock)

Au-delà de trois mois de location, il faudra avoir une autorisation d’établissement d’hébergement pour mettre un logement en location sur Airbnb au Luxembourg.

Dans le viseur du secteur hôtelier et des propriétaires voisins de ces appartements ou maisons proposés à la location, l’utilisation de «plateforme de location à courte durée» au Luxembourg va désormais être encadrée par la loi.

Lors de la présentation de sa réforme sur le droit d’établissement , Lex Delles (DP), ministre des Classes moyennes et du Tourisme, y a inséré un volet portant sur la location temporaire. Sans jamais nommer le géant américain Airbnb, préférant le terme «plateforme de location à courte durée», le ministre a expliqué qu’au-delà d’un seuil cumulatif de trois mois sur une période d’un an à compter de la dernière location, l’exploitant d’une location temporaire devra se munir d’une autorisation d’établissement d’hébergement.

«Au-delà de trois mois, je pense que l’on n’est plus dans une économie de partage occasionnelle, mais bien dans une activité commerciale. Nous étions dans une situation de concurrence déloyale par rapport aux professionnels de l’hôtelier. Avec cette réforme, on laisse une liberté de louer occasionnellement tout en tenant compte de la nécessité de réguler l’activité s’apparentant à de l’activité d’exploitation d’un établissement d’hébergement», explique Lex Delles.

144.000 nuitées en 2017

Ne donnant pas de chiffres sur son activité au Luxembourg depuis son introduction en bourse en 2020, il est difficile de connaître avec exactitude l’essor de la plateforme Airbnb dans le pays. Pour en avoir une estimation, en 2018, le géant américain avait confirmé à nos confrères du Quotidien avoir recensé 710 hébergements au Luxembourg et avoir enregistré 36.000 clients en 2017, avec une moyenne de quatre nuitées par client, soit un total de 144.000 nuitées en un an.

À l’époque, le sujet était déjà une préoccupation importante pour la fédération Horesca. Cette dernière avait alors estimé cette concurrence à hauteur de 250.000 nuitées par an en 2017 sur le territoire luxembourgeois. De son côté, le ministère de l’Économie avait plutôt nuancé ce chiffre en estimant à 70.000 le nombre de nuitées par an via la plateforme Airbnb au Luxembourg, soit 2% des 3 millions de nuitées, toutes catégories confondues, enregistrés au Luxembourg en 2017.

Interrogé sur l’activité d’Airbnb au Luxembourg, le ministre Lex Delles a assuré ne pas être en possession de données en la matière.  Du côté du géant américain, on assure vouloir «être un partenaire de confiance pour les autorités luxembourgeoises. Nous travaillons déjà avec nombre de gouvernements européens pour aider les hôtes à louer leur logement de manière sûre et responsable, dans le respect des réglementations locales. Nous sommes actuellement en contact avec le gouvernement pour contribuer à la mise en œuvre d’une réglementation proportionnée».

Airbnb obligée d’échanger avec le fisc

Hasard du calendrier, la Cour de justice européenne, basée à Luxembourg, a validé mercredi l’obligation faite aux «plateformes de location à courte durée» de communiquer avec les administrations fiscales nationales certaines données relatives aux transactions d’hébergements touristiques.

En France depuis le 1er janvier 2019, la loi Alur limite dans plusieurs villes (actuellement 92 villes) la location d’une résidence principale en entier (occupée au moins 8 mois par an) à un maximum de 120 nuits par an. Au-delà, l’annonce de la location est automatiquement bloquée. 

À Bruxelles, pour mettre un logement en location sur la plateforme du géant américain, il faut obtenir une autorisation de la région Bruxelles-Capitale. Selon une étude de l’ULB, seulement la moitié des logements sur Airbnb sont proposés par des particuliers. L’autre moitié des logements est proposée par des professionnels et des investisseurs.

À noter qu’Airbnb plaide en faveur de la création d’une réglementation claire et proportionnée à travers l'Europe. En décembre dernier, Airbnb a proposé l’instauration de nouvelles règles européennes harmonisées pour préserver au sein de l’UE les bénéfices générés par la location de courte durée.