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Peste porcine

L’inquiétude des éleveurs de porcs



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La filière porcine luxembourgeoise produit chaque année 150.000 bêtes destinées aux abattoirs. (Photo: Shutterstock)

La peste porcine africaine ne cesse de se rapprocher du Luxembourg. Une carcasse infectée a été retrouvée juste à côté de Clemency. L'inquiétude grandit au sein de la filière.

La peste porcine africaine (PPA) qui frappe le sud de la Belgique suscite des craintes au sein de la filière des engraisseurs du Luxembourg depuis plusieurs semaines. La découverte de la carcasse d'un sanglier infecté à seulement trois kilomètres de la frontière  n'a fait que renforcer cette inquiétude.

Même si la «Task force peste porcine africaine», mise en place voici plusieurs mois et en contact régulier avec les autorités belges, s’est encore réunie voici quelques jours et a confirmé qu’aucun cas n’avait été détecté au Luxembourg , plus personne ne doute que ce sera le cas tôt ou tard.

«Je ne vois en effet pas comment cela ne finirait pas par arriver ici», estime Romain Klein, président de l'Association pour la promotion de la Marque nationale de la viande de porc, contacté par Paperjam. «Un renard peut porter le virus, par exemple, et venir le disséminer. Si un sanglier meurt dans un champ, il se peut que le virus gagne ensuite une exploitation via la paille récoltée dans ce champ. Il suffit de cela. Cette peste porcine est trop volatile que pour ne pas finir par entrer au Luxembourg, c'est une évidence.»

1.000 porcs exportés chaque semaine

Toute la filière retient donc son souffle. Car l’épidémie lui porterait un coup assez rude. «Au Luxembourg, nous avons deux types d’exploitations. Il y a, d’une part, les naisseurs/engraisseurs, environ 25 qui travaillent avec quelque 6.500 truies et qui engraissent leurs porcelets. Puis il y a les engraisseurs purs, qui se font livrer des porcelets. Toutes confondues, on compte une centaine d’exploitations au Luxembourg», poursuit Romain Klein.

Chaque année, la filière produit 150.000 charcutiers, soit des porcs destinés à l'abattoir. «Et chaque semaine, environ 1.000 sont exportés. Principalement vers l'Allemagne, un peu vers la Belgique. Mais au moment où la peste sera déclarée, ces pays ne voudront plus de ces porcs. Cela va poser des problèmes terribles, car les porcelets vont s'accumuler dans les exploitations...», dit encore Romain Klein. Et si le virus est détecté dans un élevage, «tous les autres seront confinés, dans une zone donnée, durant au moins six semaines».

En Belgique, dans la zone infectée, les élevages ont été totalement vidés. Et certains craignent de ne pas pouvoir recommencer leur activité avant... plusieurs années. Tandis que des mesures strictes sont appliquées dans la zone dite «de surveillance», notamment au niveau du transport des animaux.

L'épidémie engendrera donc un important manque à gagner au sein de la filière quand elle frappera le Luxembourg. Au point de menacer la survie de certaines exploitations? «Ce n'est pas un scénario à exclure», pointe encore Romain Klein.

Pas de danger pour l'Homme

Le virus de la peste porcine africaine touche les porcs et les sangliers. Très virulent, il se propage par l'air, contact direct ou indirect, via les excréments, des tiques... Comme le précise le site de l'Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire, il n'existe ni vaccin ni remède. Il peut se répandre très vite au sein d'une exploitation, mais ne présente aucun danger ni pour l'Homme ni pour les autres animaux.