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Face à la hausse des prix

Des limites aux crédits immobiliers dès janvier



La mesure destinée à atténuer l’endettement des ménages s’inscrit dans le projet de budget 2021. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

La mesure destinée à atténuer l’endettement des ménages s’inscrit dans le projet de budget 2021. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Pour contenir l’endettement des ménages, la CSSF pourrait faire activer auprès des banques des restrictions en matière de plafond des montants empruntés pour l’achat d’un bien immobilier au Luxembourg.

À l’heure où les prix de l’immobilier continuent leur interminable ascension au Luxembourg avec 13,9% de croissance au premier trimestre 2020, les crédits immobiliers suivent la même tendance, et ce n’est pas sans inquiéter le Comité du risque systémique (CDRS).

Voilà pourquoi il recommande à la CSSF d’activer, dès janvier 2021, une série de mesures légales pour l’octroi de prêts immobiliers.

Le principe général retenu est que le rapport entre le montant emprunté et la valeur du bien à la signature du crédit (rapport LTV, ou «loan to value») soit de 80% maximum. Cela signifie donc que l’apport du candidat acheteur s’élèverait à 20%.

Jusqu’à 100% maximum dans certains cas

Néanmoins, la recommandation publiée ce jeudi prévoit quelques adaptations.

Pour les primo-acquéreurs, le prêt peut couvrir jusqu’à l’intégralité de la valeur du bien immobilier, sans toutefois aller au-delà d’un rapport LTV de 100%, s’il ne compromet ni la solvabilité des banques ni celle des emprunteurs.

Pour les propriétaires d’une résidence principale qui souhaitent en acquérir une nouvelle, la limite maximale est fixée à 90%, mais elle peut monter à 100% sous certaines conditions. Dans ce cas de figure, l’achat d’un nouveau bien va de pair avec la revente de l’ancien, souvent porteur d’une plus-value.

La fixation de nouveaux standards contribuera à restreindre la spéculation.

Comité du risque systémique

Avec cette mesure, le CDRS veut atténuer la progression de l’endettement des ménages et éviter un risque de surchauffe, indique son communiqué de presse.

«La fixation de nouveaux standards a pour objectif premier de limiter l’émergence d’un endettement excessif des ménages, lequel demeure un facteur de baisse de la consommation et de l’épargne nécessaire à une croissance économique robuste. Par ailleurs, elle contribuera à restreindre la spéculation», estime le comité formé par le ministère des Finances, la Banque centrale du Luxembourg, la CSSF et le Commissariat aux assurances.

Il est aussi chargé d’échanger des informations avec les autorités macroprudentielles étrangères et le CERS, le Comité européen du risque systémique.

Au niveau transfrontalier justement, le CDRS préconise à la CSSF de demander à ses homologues étrangers de reconnaître les limites présentées de manière à éviter le recours à des banques situées en dehors du Grand-Duché pour échapper à ce nouveau cadre.

À noter que celui-ci s’inscrit dans la lignée des mesures présentées dans le projet de budget 2021 pour contrecarrer la spéculation immobilière. Ce dernier a été déposé le 14 octobre dernier par le ministre des Finances Pierre Gramegna (DP), également président du CDRS.

Le Syvicol a déjà remis son avis tandis que celui de la Chambre de commerce et de la Chambre des salariés (CSL) sont attendus ces mercredi et jeudi.