ENTREPRISES & STRATÉGIES — Technologies

Lancement lundi

LightPay, le chèque-repas 2.0 qui connaît la musique



Kefah Bader Aldin veut fluidifier la gestion des tickets-restaurants, aussi bien pour les employeurs et leurs employés que pour les restaurateurs. (Photo: Paperjam)

Kefah Bader Aldin veut fluidifier la gestion des tickets-restaurants, aussi bien pour les employeurs et leurs employés que pour les restaurateurs. (Photo: Paperjam)

À la tête de Phenicia, Kefah Bader Aldin lancera, lundi, LightPay, le chèque-repas digitalisé. L’application entend régler les problèmes liés à la gestion pour les entreprises, les restaurateurs et les employés eux-mêmes.

À quelques jours du confinement, Kefah Bader Aldin faisait salle comble. À la Philharmonie de Berlin, le jeune Syrien en passe de devenir Luxembourgeois invitait les 58 membres de l’orchestre Ornina à profiter de l’incroyable accueil réservé par le public allemand à la joyeuse bande de musiciens désireux de donner une meilleure image de leur pays d’origine.

Un touche-à-tout, Kefah. À l’énergie inépuisable. Dans son restaurant, dans le quartier de la gare, la gestion des tickets-restaurants le désespère. «C’est d’une lourdeur», explique ce développeur de formation. «D’abord, il faut procéder à l’encaissement. Les gens finissent de manger, demandent l’addition et viennent faire la queue devant la caisse. Mon employé doit vérifier le ticket, sa date, le montant, et risque toujours de passer à côté d’un chèque sans valeur. Après, la loi ne prévoit pas qu’on rende la monnaie. Mais si vous ne rendez pas la monnaie, les gens sont fâchés. Moi, je suis taxé sur chaque ticket-restaurant et je peux perdre de 4.000 à 5.000 euros par an, juste avec ça!»

Enfin, décrit-il, il reste le travail administratif. Pour récupérer l’argent lié à ces tickets, le restaurateur doit les tamponner, les compter et séparer les tickets selon leur valeur. «On pourrait aller chez Sodexo ou Edenred tous les jours, mais dans la pratique, les restaurateurs y vont une fois tous les mois ou tous les mois et demi. Sodexo, par exemple, prend 2,5% pour avoir l’argent dans les 15 jours, la formule standard. Et 3,5% ou 4% pour la formule express… en une semaine. Ça pose des problèmes de trésorerie, à moins de faire comme certains restaurateurs et d’employer quelqu’un à mi-temps pour gérer cette question-là!»

Sans parler des tickets perdus, déchirés ou oubliés dans une enveloppe, une poche ou un sac, dont personne ne profite jamais…

Du coup, depuis un an et demi, le restaurateur-musicien-développeur est allé vérifier auprès de restaurateurs luxembourgeois et de sociétés, comme une grande banque luxembourgeoise, quel pouvait être l’intérêt de dématérialiser ces tickets. LightPay est née .

Tous les problèmes résolus en une fois

Sur l’écran d’accueil, le salarié voit son solde, le montant du ticket auquel il a droit et le solde de son compte. Pour payer, le client clique et génère un QR code, le commerçant le scanne et la transaction est effectuée. Si la totalité du ticket n’est pas utilisée, le solde alimente une rubrique à part qui est automatiquement utilisée en premier lors de l’achat suivant. L’employeur a un back-office et attribue les chèques mensuels en une seule fois sans avoir à s’en occuper.

«Parfois, même distribuer les tickets est une procédure très compliquée. Là, tout se fait très vite», raconte l’entrepreneur. Le papier a disparu. Le restaurateur gagne du temps, et l’employé aussi. D’autant que LightPay, membre de la Lhoft, a pensé à d’autres fonctionnalités issues du terrain.

Comment faire, quand on n’a pas envie de quitter le bureau, pour demander à un collègue de prendre quelque chose pour soi? L’application permet de déléguer une somme à un ami, et quand l’achat est effectué, le solde revient dans le portefeuille digital de son propriétaire… en attendant que l’ami revienne avec le sandwich et la boisson.

Ou bien, comment faire lorsqu’on déjeune ensemble, pour partager l’addition sans que tout le monde soit bloqué? L’application permet, à partir de l’addition, de recevoir les crédits nécessaires au paiement sur un seul smartphone, et tout le reste de l’équipe ne doit pas attendre la surprise du dernier qui paie…

Enfin, l’application a commencé à recenser les restaurants qui feront le pari de cette aventure vers la simplicité pour que les employés puissent voir où aller manger et même réserver directement une table depuis l’application.