La police a dû faire face à de petits groupes très déterminés à en découdre. (Photo: Capture d’écran)

La police a dû faire face à de petits groupes très déterminés à en découdre. (Photo: Capture d’écran)

Liège est une ville fréquentée par de nombreux Luxembourgeois, qui s’y rendent régulièrement ou y étudient. Samedi après-midi, le centre-ville a été le théâtre de terribles scènes d’émeutes et de pillages divers. Le bilan fait état d’une dizaine de blessés.

De véritables émeutes ont éclaté samedi après-midi à Liège, une ville bien connue de nombreux Luxembourgeois. Des affrontements avec la police ont éclaté en marge d’une manifestation Black Lives Matter, organisée suite à l’interpellation d’une dame originaire du Congo par la police, là aussi en plein centre-ville, quelques jours plus tôt. Les images de cette interpellation diffusées sur les réseaux sociaux et le récit donné par la dame à quelques médias ont semble-t-il mis le feu aux poudres, même si les autorités de la ville et la police avaient tenté de déminer la situation en «s’inscrivant en faux contre toutes les accusations de violences policières ou de racisme.»

Un motard projeté au sol

Samedi, la manifestation Black Lives Matter se voulait donc pacifique, mais était bien encadrée par la police. Une autre manifestation avait lieu le même jour en soutien au monde culturel.

Vers 15h, un motard de la police qui suivait le cortège a été projeté au sol. Cela a été le début de véritables émeutes. Un fast-food du centre-ville a été pillé, des magasins saccagés, de très nombreuses vitrines brisées, une voiture démolie, le commissariat de police du centre-ville caillassé… Les affrontements se sont ensuite multipliés entre la police et de petits groupes de jeunes déterminées à en découdre. Il a fallu alors demander aux citoyens de quitter le centre-ville.

Des renforts de la police fédérale sont ensuite arrivés sur place, avec des véhicules anti-émeutes pour aider la police locale à reprendre le contrôle de la situation.

Des journalistes agressés

Des journalistes ont aussi été pris à partie. Une journaliste de la RTBF se trouvait dans sa voiture quand elle a été encerclée par des émeutiers armés de barres de fer et de pierres, qui voulaient l’empêcher de filmer. Un confrère de RTL-TVI, Samuel Ledoux, a pour sa part été interrompu sans ménagement en plein direct du JT.

C’est seulement dans la soirée que la situation s’est normalisée. Le bilan matériel est très lourd pour des commerçants déjà très éprouvés. Une dizaine de blessés ont été hospitalisés, dont cinq policiers.

Depuis plusieurs jours, des groupes très importants de jeunes se rassemblent à Liège, notamment dans le parc de la Boverie et autres lieux, malgré les mesures sanitaires. Les autorités avaient demandé à la police de ne pas intervenir dans ces circonstances délicates, ou alors avec discernement. Une tolérance critiquée par certains qui, aujourd’hui, estiment que ce laxisme a contribué à faire croire à quelques-uns que tout était permis et que la police n’était plus garante de la sécurité et de la tranquillité publique. Cela alors que les mesures en lien avec la crise sanitaire sont de plus en plus mal vécues par les jeunes.