Dans la liste des avantages proposés aux collaborateurs d’une entreprise, on trouve de plus en plus souvent la pension complémentaire – avec la possibilité d’investir dans des fonds – et une couverture santé. Jérôme Wiwinius, responsable corporate au sein du groupe Lalux, évoque ces tendances.

Aucun responsable RH au Luxembourg n’ignore la difficulté de recruter de nouveaux collaborateurs, particulièrement dans certains secteurs. Les besoins en profils IT, au sens large, sont par exemple particulièrement importants, et l’offre n’est malheureusement pas suffisante pour y répondre.

Dans ce contexte, les sociétés font preuve d’une grande créativité pour attirer les talents. «Dans les packages qui sont aujourd’hui négociés par les responsables RH, les employee benefits prennent beaucoup d’importance. Au cœur de ceux-ci, on retrouve de plus en plus souvent une offre de pension complémentaire et/ou une couverture santé performante», explique Jérôme Wiwinius, responsable corporate au sein de Lalux. «Il faut dire que ces offres ne sont pas toujours aussi facilement accessibles, ni même possibles de façon individuelle. L’employeur peut donc offrir un package avec une réelle plus-value à son collaborateur.»

Un must pour les sociétés qui s’installent au Luxembourg

Suite au Brexit, de nombreuses nouvelles sociétés se sont installées au Luxembourg. Celles-ci sont particulièrement friandes de packages intégrant ce type d’avantages, d’autant que la réforme des pensions complémentaires, active depuis le 1er janvier 2019 au Luxembourg, a permis d’accélérer les choses, notamment en réduisant le délai d’acquisition des droits à la pension de 10 à 3 ans, et en facilitant le transfert des droits acquis.

«Il s’agit vraiment d’un must pour certaines sociétés qui emménagent au Grand-Duché», poursuit Jérôme Wiwinius. «Même si le pays offre une sécurité sociale ‘de base’ très avantageuse à de nombreux citoyens, résidents et travailleurs, la possibilité d’avoir accès à une pension complémentaire peut être très intéressante et contribuer à les convaincre de rejoindre l’entreprise.»

Proposer une couverture santé complémentaire est de plus en plus courant au sein des entreprises.
Jérôme Wiwinius

Jérôme Wiwiniusresponsable corporateLalux

Cet intérêt est renforcé par la récente extension du champ d’application de la pension complémentaire aux indépendants, qui est entrée en vigueur au 1er janvier 2019. En effet, dans des sociétés de plus petite taille au sein desquelles le dirigeant a le statut d’indépendant, aucune pension complémentaire «classique» n’était jusqu’ici possible. Désormais, une solution conjointe – de type «salariés» pour le staff, et de type «indépendant» pour le dirigeant – sera envisageable.

Proposer une couverture santé complémentaire est également de plus en plus courant au sein des entreprises. «L’employeur peut proposer une couverture santé de base. Mais celle-ci est le plus souvent modulable, et on pourra donc offrir à un collaborateur une protection durant ses voyages, par exemple, ou améliorer la couverture jusqu’à obtenir une protection complète, dans toutes les situations», précise Jérôme Wiwinius.

Les fonds d’investissement, nouvelle tendance

En raison de taux d’intérêt globalement très bas, que l’on parle de produits bancaires ou d’assurance, de nombreux employeurs proposent aussi à leurs collaborateurs d’investir dans des fonds d’investissement. Parmi ceux-ci, les fonds de type ESG (Environmental, Social and Governance) ont la cote auprès de certains employés et sont de plus en plus proposés dans les plans de pension.

«La tendance des taux bas n’est pas seulement liée au Luxembourg, elle est au contraire globale», précise toutefois Jérôme Wiwinius. «Avec le taux technique actuel dans l’assurance classique, le rendement ne peut pas dépasser les 1 à 2%. C’est donc peu, et cela concerne tous les pays.»

Les propositions de ce genre se font de plus en plus nombreuses au cœur des packages offerts aux employés.
Jérôme Wiwinius

Jérôme Wiwiniusresponsable corporateLalux

On comprend donc que de nouvelles offres émergent. Toutefois, si les propositions de ce genre se font de plus en plus nombreuses au cœur des packages offerts aux employés, servent-elles réellement d’«appât» pour attirer de nouveaux talents? Sont-elles donc évoquées dès les premiers contacts?

«Pour certains profils très recherchés, ces possibilités sont en effet discutées dès le début de la négociation, et sont donc véritablement utilisées pour attirer le candidat. Toutefois, ce n’est pas une généralité, car chaque processus d’embauche est différent», conclut Jérôme Wiwinius.