POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Panorama social de la CSL

Hauts et bas revenus de plus en plus éloignés



234701.jpg

Les écarts entre les bas et hauts salaires sont de plus en plus criants au Luxembourg. (Photo: Shutterstock)

Cela fait huit ans que la Chambre des salariés publie son panorama social, un portrait économique et social du Luxembourg. Dans son rapport 2019, la CSL pointe une augmentation de la pauvreté et des écarts de plus en plus flagrants entre les hauts et bas revenus. 

Si le pouvoir d’achat des bas salaires augmente en 2017 (+1,5%), selon le panorama social de la Chambre des salariés, sa croissance est moindre par rapport à celle des hauts revenus (+2%).

Ce qui creuse le fossé entre les deux catégories de salariés. Dans le même temps, une hausse du taux de risque de pauvreté est enregistrée, atteignant son plus haut niveau depuis 20 ans. Le Luxembourg fait ainsi office de mauvais élève au sein de l’Europe. 

Un marché de l’emploi dynamique

Point positif: le marché de l’emploi qui affiche une dynamique inébranlable depuis plusieurs années, impactant positivement le chômage qui tend à se résorber. Toutefois, certaines catégories ne bénéficient pas de cette aubaine. C’est le cas notamment des demandeurs d’emploi en situation de handicap ou faiblement qualifiés, qui peinent toujours à intégrer le marché de l’emploi.

Par ailleurs, il semble que la sécurité de l’emploi soit de moins en moins assurée au Luxembourg. La CSL pointe une tendance à la précarisation avec le développement de contrats à durée déterminée, le recours au travail à temps partiel, essentiellement féminin, ou encore le travail de nuit.

Qualité de travail en déclin 

Ces différents points ont un impact négatif sur la qualité de l’emploi au Luxembourg. Selon les mesures prises par le «Quality of Work Index», le travail dans l’urgence et les charges émotionnelles et mentales repartent à la hausse en 2018. Dans le même temps, les ressources et incitations affichent un déclin: l’autonomie, la participation aux prises de décision ou encore la coopération entre collègues sont en berne.

Autre conséquence fâcheuse: l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle devient chancelant, à tel point que les salariés sont de plus en plus nombreux à indiquer ne pas pouvoir décrocher de leur travail. Ce qui augmente encore les risques, déjà élevés, en termes de santé physique et mentale.