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Allocation d’actifs

Les quatre familles d’actifs à oublier en 2019



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L’équation rendement attractif/risque modéré est aujourd’hui difficile à résoudre. (Photo: Shutterstock)

Comment investir en 2019? Guy Wagner, administrateur-directeur de la Banque de Luxembourg Investments, et Damien Petit, responsable Private Banking Investments, se sont livrés à quelques suggestions d’investissement (et de non-investissement), lors d’une conférence mardi 19 mars.

La question de départ, «comment investir sur les marchés financiers en 2019?», s’est finalement transformée en: «Où ne pas investir en 2019?»…

Lors d’une conférence donnée par la Banque de Luxembourg mardi, Guy Wagner, administrateur-directeur de la Banque de Luxembourg Investments (BLI), a livré ses conseils en matière d’investissements pour l’année à venir.

Bilan: quatre familles de produits sont à proscrire cette année, car trop risquées ou au rendement peu attractif.

1. Les indices

Comportant moins de frais de gestion, les ETF (exchange traded funds) peuvent sembler attractifs pour les investisseurs.

Mais Guy Wagner les déconseille fortement: «Il est, pour nous, impensable d’acheter des indices: c’est une approche médiocre, qui générera des résultats médiocres». Tout est dit.

2. Certaines actions sectorielles

Les secteurs suivants sont peu ou pas représentés dans les fonds de la Banque de Luxembourg: la banque, l’assurance, les services publics, les télécommunications, l’automobile, les matières premières et les compagnies aériennes.

Explication de Guy Wagner: «Ce sont des actions très difficiles à piloter: il faut savoir en sortir au bon moment, et, sur le long terme, on perd de l’argent.»

3. Les produits de taux

Pourquoi alors ne pas se tourner vers les plans épargne, comptes à terme ou fonds garantis des contrats d’assurance-vie? Ce sont certes des produits qui peuvent sembler peu risqués, mais dont le rendement s’est érodé dans le temps. «C’est l’euthanasie du rentier dont parlait Keynes. Les produits de taux ne valent plus rien: ils servent aujourd’hui autour de 1%. Le rendement n’a fait que passer, et le risque n’a fait qu’augmenter», affirme Guy Wagner.

4. Les obligations d’entreprises

Celles-ci sont même considérées par Guy Wagner comme pouvant potentiellement être à l’origine d’une prochaine crise financière. Il remarque ainsi que beaucoup de corporate bonds sont notés BBB et mériteraient encore d’être dégradés.

Si cela arrive, le problème consistera alors dans le fait que beaucoup d’investisseurs se désengageront et qu’il y aura probablement peu d’investisseurs repreneurs de ces obligations.

«Là, contrairement aux actions, le véritable risque avec les obligations est de perdre son capital», prévient Guy Wagner.

5. La solution?

Difficile dans ce contexte de trouver des placements satisfaisants. La Banque de Luxembourg mise donc à la fois sur la diversification géographique (Europe, États-Unis, Japon et marchés émergents) et la diversité sectorielle, en privilégiant les produits de consommation de base, l’industrie, la consommation cyclique, les soins de santé, la technologie ou encore les matériaux de base.

Les gérants favorisent également les entreprises de petite ou moyenne taille dans les portefeuilles. «Les petites entreprises en croissance attirent aussi les convoitises: elles sont parfois rachetées par de plus grandes sociétés, ce qui génère, dans ces cas-là, une prime favorable pour les actionnaires et pour nos gestions», note Damien Petit, responsable Private Banking Investments à la Banque de Luxembourg.

Au final, la répartition de son portefeuille équilibré est la suivante: actions (47%), obligations (24%), investissements alternatifs (12%), liquidités (11%), ou encore or (3,5%).