POLITIQUE & INSTITUTIONS — Economie

Sur les quatre premiers mois de l’année

Léger parfum d’après-crise pour les finances publiques



Après un printemps 2020 marqué par une mise à l’arrêt de nombreuses activités économiques, les chiffres du printemps 2021 laissent entrevoir un retour à la normale pour les recettes étatiques. (Photo: Commission européenne/EU)

Après un printemps 2020 marqué par une mise à l’arrêt de nombreuses activités économiques, les chiffres du printemps 2021 laissent entrevoir un retour à la normale pour les recettes étatiques. (Photo: Commission européenne/EU)

Les recettes de l’État ont repris des couleurs en avril 2021 et tendent à confirmer un certain retour à la normale pour le Luxembourg.

C’est une comparaison à aborder avec prudence, mais le communiqué du ministère des Finances diffusé ce lundi après-midi ne peut s’empêcher de conjuguer le Covid au passé. Ce qui est certain, c’est qu’entre un printemps 2020 marqué par un confinement et un printemps 2021 durant lequel l’activité économique était nettement moins entravée, l’impact est visible dans les recettes de l’État.

Entre janvier et avril, elles ont bondi de 21,4% par rapport à la même période un an plus tôt.

Du côté de l’Administration des contributions directes (ACD), les recettes ont gonflé de 12,5% en un an pour atteindre 3.379,8 millions d’euros.

En outre, l’Administration des douanes et accises (ADA) a enregistré des recettes en hausse de 6,3%, à 531,4 millions d’euros. Le ministère nuance toutefois, expliquant que l’effet de la nouvelle taxe CO2 couplé à des ventes moindres de carburant (25% en deçà des niveaux de 2019) influencent la tendance.

Sur le front de l’Administration de l’enregistrement, des domaines et de la TVA (AED), les recettes ont bondi de 33,3%, à 589,6 millions d’euros fin avril. Quant aux recettes de la TVA, elles ont été multipliées par cinq en un an, à 331,7 millions d’euros en avril.

La comparaison doit être nuancée en raison de l’impact majeur qu’a eu, à l’époque, l’éruption de la pandémie sur la collecte d’impôts et de taxes.
Pierre Gramegna

Pierre Gramegna,  ministre des Finances (DP)

«La comparaison doit être nuancée en raison de l’impact majeur qu’a eu, à l’époque, l’éruption de la pandémie sur la collecte d’impôts et de taxes», commente le ministre des Finances,  Pierre Gramegna (DP).

Mais après des premiers signes de redressement constatés au 31 mars, les autorités veulent croire à un certain retour à la normale pour les finances publiques. «Ceci ne doit toutefois pas être interprété comme signifiant un équilibre en fin d’année, car des paiements imputables à l’exercice 2021 seront, selon les règles en vigueur, effectués jusqu’au mois d’avril 2022», prévient le ministre des Finances.

Le week-end dernier, l’ancien directeur de la Chambre de commerce a balayé le scénario d’une réforme fiscale, repoussant ce dossier après 2023 et les élections législatives.

Chères prestations sociales

Quant aux dépenses, elles signent une contraction de 4,4% en rythme annuel, mais à comparer avec les dépenses additionnelles importantes réalisées dans le cadre du plan de stabilisation de l’économie au printemps 2020. Rien que pour les prestations sociales en espèces, qui incluent notamment le chômage partiel, l’ardoise est allégée de 32,7%, à 358,4 millions d’euros.

Le Covid-19 n’a pas disparu des comptes de l’État puisqu’au niveau des dépenses, les mesures discrétionnaires prises en réponse à la pandémie se chiffrent à 216 millions d’euros entre janvier et avril 2021. C’est neuf fois moins qu’en 2020, où l’addition affichait 2,048 milliards d’euros.