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Plus de 100 euros en plus chaque mois

La hausse du salaire minimum arrivera avec l’été



Dan Kersch, ministre du Travail, et Pierre Gramegna, ministre de Finances, ont détaillé la mesure, prioritaire pour la coalition en place. (Photo: MFIN)

Dan Kersch, ministre du Travail, et Pierre Gramegna, ministre de Finances, ont détaillé la mesure, prioritaire pour la coalition en place. (Photo: MFIN)

L’augmentation du salaire social minimum est une des mesures phares voulues par le gouvernement. Elle se concrétisera totalement au 1er juillet via un crédit d’impôt, et avec effet rétroactif.

Tout le monde ne gagne pas un salaire mirobolant au Luxembourg. Ainsi, le salaire social minimum, qualifié et non qualifié, concerne environ 70.000 personnes. La coalition au gouvernement a fait de sa revalorisation une priorité «à mettre en œuvre rapidement», a rappelé le ministre des Finances Pierre Gramegna (DP).

Un tiers à charge des patrons

Ce sera bien le cas, puisque l’ensemble de la mesure sera d’application le 1er juillet. Et passera par un crédit d’impôt. Une solution que Pierre Gramegna qualifie de «win-win». «La question était de savoir comment faire augmenter le salaire social minimum de 100 euros net par mois , et cela rapidement», a-t-il expliqué. «On aurait pu mettre cette augmentation à charge des entreprises. On aurait pu, à l’inverse, faire à 100% un crédit d’impôt et le budget de l’État aurait assumé. Finalement, on a trouvé une solution à la luxembourgeoise, avec une répartition de la charge selon la formule 1/3-2/3.

Le premier tiers, c’est l’augmentation du salaire social minimum de 2% qui va se concrétiser en deux étapes. La première étape a déjà été faite avec une hausse de 1,1% au 1er janvier. La seconde sera une hausse de 0,9% qui va se concrétiser dans les prochaines semaines, une fois que la loi sera passée. Le second tiers, c’est ce crédit d’impôt qui figure dans la loi sur le budget qui, si tout va bien, sera votée fin avril et entrera en vigueur le 1er mai.» La loi introduira donc un nouveau crédit d’impôt, le crédit d’impôt salaire social minimum (CISSM).

540 euros en juillet

Mais il faudra encore faire preuve d’un peu de patience. «En effet, il y aura un certain décalage dans le temps, car il y aura un certain nombre de choses à faire. Du coup, ce crédit d’impôt de 70 euros sera payé une première fois en juillet, et les six premiers mois seront payés rétroactivement.»

En juillet, quelques jours après l’arrivée de l’été, ils seront donc des milliers à recevoir au minimum 540 euros sur leur compte en banque, cumulant l’effet rétroactif du crédit d’impôt, plus le CISSM du mois de juillet, et les 50 euros du crédit d’impôt pour salariés pour ce même mois de juillet.

L’impact de la mesure sera variable selon que l’on soit un travailleur qualifié ou non qualifié, et en fonction de sa classe d’imposition.

L’évolution du salaire social minimum pour un travailleur non qualifié. (Tableau: gouvernement.lu)

L’évolution du salaire social minimum pour un travailleur non qualifié. (Tableau: gouvernement.lu)

L’évolution du salaire social minimum pour un travailleur qualifié. (Tableau: gouvernement.lu)

L’évolution du salaire social minimum pour un travailleur qualifié. (Tableau: gouvernement.lu)

Les perdants, dans tout cela, ne risquent-ils pas d’être ceux qui gagnent à peine plus que le salaire social minimum actuellement? Pierre Gramegna assure que non, puisqu’il est prévu de diminuer linéairement le CISSM de 70 à 0 euros pour des salaires bruts passant de 2.500 à 3.000 euros.

Il n’y a pas eu de négociations: l’État a décidé.

Dan Kesrch,  ministre du Travail

Cette nouvelle mesure fait évidemment grincer certaines dents parmi les patrons luxembourgeois. Les négociations ont-elles été sereines? «Oui, assure Dan Kersch , ministre du Travail, car il n’y a pas eu de négociations: l’État a décidé.» Pierre Gramegna explique que des discussions informelles ont évidemment eu lieu avec le patronat, qui a «bien compris que cette mesure contribuait aussi au maintien de la paix sociale».

De plus, toujours selon le ministre des Finances, «il était important que les salariés comprennent que leur patron contribuait aussi à cet effort. Les patrons paient 2%, certes, mais 1,1% existait déjà via le mécanisme existant. L’ajout, c’est la part de 0,9% au-delà de ce qui était prévu. Finalement, cela démontre que l’on sait trouver des solutions constructives au Luxembourg.»