LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Argent

Argent comptant

«L’argent doit tourner»



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Georges Berna: « J’investis donc dans le préventif et j’estime qu’il faut pouvoir donner pour recevoir en retour. » (Photo: Edouard Olszewski)

Tous les mois, dans Paperjam, une personnalité influente du Grand-Duché se livre à notre interview «Argent comptant». Au tour ce mois-ci de Georges Berna, directeur général de l’agence immobilière Property.

Cet article est paru dans l’édition d’avril 2019 de  Paperjam .

Savoir dépenser

Une devise liée à l’argent?

Georges Berna .- «Je n’ai pas de devise précise, mais j’estime que, si l’argent est important, il faut aussi savoir le dépenser. Je ne vois pas l’intérêt d’en amasser et de mourir avec une grosse somme sur mon compte. Mais gagner de l’argent permet aussi de ne plus dépendre des institutions financières à long terme.

Votre première activité rémunératrice?

«Quand j’étais étudiant, j’ai travaillé pendant les vacances chez Arthur Andersen en tant que réceptionniste courrier. Ensuite, j’ai aussi travaillé en cuisine au Wengé, un très bon restaurant de la capitale, mais qui n’existe plus. J’ai fait cela trois étés, c’était une très bonne école.

Votre premier vrai salaire?

«C’était chez BNP Paribas, j’ai démarré au salaire minimum qualifié, qui devrait être d’environ 1.950 euros net. Ça doit être le même montant que ce que je touchais en cuisine.

L’argent tourne

Savez-vous en permanence ce qu’il y a sur votre compte en banque?

«J’ai ma situation patrimoniale en tête en permanence, mais pas le niveau de mon compte en banque. Ma génération ne cherche pas à garder de l’argent sur un compte. L’argent, ça doit tourner, ça doit être investi.

Votre première dépense importante?

«Avec mon épouse, nous avons acheté un appartement au Limpertsberg (un quartier résidentiel de la capitale, ndlr) dès que nous avons eu tous les deux un travail. J’avais 26 ans. Notre but était d’acheter un appartement au plus vite. C’était donc notre première grosse dépense, mais avec de l’argent emprunté...

Si vous ne deviez garder qu’un de vos biens?

«Rien. Je ne suis attaché à aucun bien matériel.

Top Chef

Une dépense qui vous énerve, mais à laquelle il faut pourtant se soumettre?

«L’éducation. Je pense qu’à notre époque, on ne devrait plus devoir payer pour la garde ou l’éducation des enfants. Nous payons déjà des impôts, on devrait donc pouvoir éviter cette dépense. Et toutes les discussions autour de ce sujet m’énervent aussi. Mais quand j’étais fumeur, c’était l’achat des cigarettes qui m’énervait... [rires]

Des choses pour lesquelles vous ne regardez pas à la dépense?

«Pour tout ce qui est lié à mes enfants. Aussi bien les dépenses nécessaires que les loisirs. Je ne regarde absolument pas. Je ne regarde pas non plus lorsque j’achète du vin. J’aime acheter et garder du vin. Mais ce n’est pas un investissement, je le conserve pour le boire plus tard. J’achète de tout, mais je trouve plus amusant d’aller chercher des petits vins de qualité que d’investir dans des grands crus. C’est trop facile. Et on ne se met pas à pleurer à chaque fois qu’on ouvre une bouteille à cause de son prix.

À quel luxe sacrifiez-vous de l’argent?

«Pour tout ce qui concerne l’alimentation. Nous dépensons beaucoup d’argent pour le budget cuisine et tout ce qui tourne autour. Nous recherchons de bons produits pour cuisiner tous les jours. C’est un poste important.

Basket-ball

Est-ce que vous donnez de l’argent à des associations?

«Oui, il faut le faire. Moi, je le fais en sponsorisant le Basket Racing Luxembourg, le club de la capitale. Si un jour j’ai plus de moyens, je ferai plus, mais actuellement, c’est le sport qui me tient à cœur. J’investis donc dans le préventif et j’estime qu’il faut pouvoir donner pour recevoir en retour. Quand mes enfants feront du sport, ils profiteront à leur tour du bénévolat. Enfin, je pense qu’il faut soutenir les associations qui aident à comprendre des maladies, surtout si elles concernent des enfants.

Vous pourriez injecter de l’argent dans un club sportif jusqu’à le voir arriver au sommet?

«Ça ne fait pas partie de mes ambitions aujourd’hui. Je ne suis pas un manager professionnel de club de sport. C’est un loisir, et ça doit le rester. Mais je comprends les gens qui le font. Une fois que vous vous êtes pris au jeu, vous avez envie de voir votre club progresser. Et aujourd’hui, malheureusement, le succès est souvent lié à l’argent.

La pierre résiste

Investissez-vous à titre personnel?

J’ai investi un peu en bourse, mais contrairement à ce que l’on croit, c’est très difficile. J’ai donc vite arrêté. En raisonnant, je me suis dit qu’il fallait investir dans ce qu’on connaît; dans mon cas, c’est l’immobilier. Donc j’investis dans l’immobilier à titre privé, mais dans des opérations différentes de celles que je fais avec ma société.

À des amis, que conseilleriez-vous?

Je pense qu’étant donné l’évolution de la population, la pierre restera intéressante. Le déséquilibre entre l’offre et la demande va devenir de plus en plus important. Je conseillerais donc d’investir dans l’immobilier et, surtout, de le garder. À l’avenir, la nue-propriété va devenir un luxe.