PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Étude Novethic

Luxflag bien placé parmi les labels de finance durable



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414 fonds européens ont été labellisés, représentant 94 milliards d’euros d’encours. (Photo: Shutterstock)

Novethic a réalisé un premier panorama des labellisations ESG, ou vertes, d’actifs financiers en Europe. Luxflag représente un tiers des labels existants.

Neuf labels ont été recensés en Europe dans l’ étude publiée le 11 juin par Novethic , filiale spécialisée dans la finance durable de la Caisse des dépôts française.

Parmi les labels identifiés, six utilisent des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance), à savoir Label ISR (France), FNG-Siegel (Allemagne, Autriche, Suisse), Luxflag ESG (Luxembourg), Febelfin QS (Belgique), Umweltzeichen (Autriche) et Nordic Swan Ecolabel (pays nordiques).

Trois autres réalisent leurs analyses des fonds sous l’angle «vert»: Luxflag Environment, Luxflag Climate Finance et Label Greenfin (France).

Les 414 fonds européens labellisés représentent 94 milliards d’euros d’encours, soit moins de 1% des encours de la gestion européenne.

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Luxflag représente un tiers des labels existants. (Photo: Novethic)

«Nous avons réalisé cette étude pour clarifier les promesses de l’offre actuelle de labels finance durable en Europe. C’est important à un moment où les épargnants demandent de plus en plus des produits financiers de ce type», Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic.

Bilan des labels existants en trois points.

Par qui sont-ils lancés, et quels sont leurs objectifs?

Les labels émanent de places financières, d’associations professionnelles, d’organismes de labellisation, ou des pouvoirs publics, comme en France.

Ils certifient les fonds actions et obligations. Umweltzeichen et Greenfin labellisent aussi les fonds immobiliers.

Leur objectif: offrir des garanties sur la composition des portefeuilles d’actifs. Les labels sont censés représenter un gage de gestion financière durable, les pratiques n’étant pas encore standardisées.

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Les labels émanent de places financières, d’organismes de labellisation, ou des pouvoirs publics. (Photo: Novethic)

Sur quels critères se fonde l’analyse des labels?

Novethic explique que les critères d’analyse combinent «des critères positifs portant sur les valeurs sélectionnées dans les portefeuilles, avec des critères négatifs d’exclusion de certains secteurs».

Certains labels réalisent ainsi des screening de critères ESG avec des seuils plancher à atteindre pour être certifié, parfois combinés à un barème de points ou à des exclusions. Celles-ci visent à éliminer les entreprises considérées comme controversées (violation des droits de l’Homme, par exemple) ou des secteurs d’activité (OGM, mines antipersonnel...).

Les labels «verts» écartent, eux, les secteurs qui nuisent à l’environnement, comme le charbon, les activités pétrolières et gazières, ou encore la filière nucléaire. Ils se basent pour cela sur la part du chiffre d’affaires de l’entreprise réalisée dans un secteur exclu.

Luxflag Climate Finance applique aussi des restrictions aux grands barrages hydroélectriques, mais aussi à la géothermie, aux biocarburants et à la biomasse, estimant que ces industries peuvent engendrer de l’insécurité alimentaire ou de la déforestation.

Quant aux critères positifs, les labels «sont adossés à une taxonomie d’éco-activités et définissent, directement ou indirectement, une proportion minimum de ces activités que doit comporter le portefeuille labellisé. Cette proportion minimum se calcule en combinant deux seuils: celui définissant une entreprise verte et celui du pourcentage d’émetteurs verts dans le portefeuille», observe Novethic.

Quelles sont les critiques émises par Novethic?

Novethic pointe du doigt le manque de lisibilité des démarches des labels, qui utilisent des terminologies et des concepts divers, et plaide donc pour une harmonisation des pratiques.

«Paradoxalement, les fonds dits ISR, ESG et les labels qui ont accompagné leur croissance pourraient pâtir d’un développement plus large de la finance durable. Ils ont besoin pour défendre leur légitimité d’une crédibilité basée sur une promesse claire et une garantie fiable», affirme Novethic.

Dernière recommandation: une meilleure formation des conseillers financiers en matière de finance durable, et une plus large communication auprès des épargnants. «Un label, quel que soit son degré d’exigence, ne pourra les remplacer», conclut l’étude.

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Un quart des fonds labellisés sur des critères ESG ne se réclament pas de la finance durable, et une trentaine sont des fonds thématiques environnementaux. (Photo: Novethic)