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La gestion d’actifs: quelle évolution pour 2029?



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La gestion d’actifs: quelle évolution pour 2029? Credit: Fidelity International

Vue de l’extérieur, la gestion d’actifs ne semble pas être sous pression. Les encours sous gestion augmentent de manière régulière. Selon PwC, les actifs gérés à l’échelle mondiale, qui étaient de 84.900 milliards de dollars en 2016, atteindront 112.200 milliards de dollars en 2020, puis 145.400 milliards de dollars en 2025.

Toutefois, la hausse des marchés financiers stimule les encours, même si la décollecte des fonds a atteint des niveaux inédits. Mais comme la volatilité nous le rappelle de plus en plus fréquemment, les marchés ne peuvent pas progresser indéfiniment.

Parallèlement, les gérants d’actifs sont entrés dans une nouvelle ère, marquée par des frais en baisse et des coûts en hausse. D’autre part, les coûts juridiques et de conformité se sont envolés en raison de l’augmentation des obstacles réglementaires et de la complexité croissante des produits.

Dans un contexte marqué par un «nivellement par le bas» des frais, l’augmentation des coûts et l’impact de l’intelligence artificielle sur les business models traditionnels, les interrogations sur l’avenir du secteur s’apparentent à une remise en cause existentielle.

Les sociétés de gestion doivent se préparer à repenser leur modèle si elles veulent continuer à satisfaire les différents besoins des investisseurs. Compte tenu de l’élargissement et de la complexité croissante de l’univers de l’investissement et des risques qui y sont liés, l’accompagnement et le service client vont devenir de plus en plus importants.

Gagner en envergure

Certains gérants d’actifs chercheront à réduire les pressions sur les marges en accroissant leur taille. Selon une enquête du CFA Institute, 72% des sondés anticipent une accélération de la consolidation du secteur au cours des 5 à 10 prochaines années. Des transactions de grande ampleur vont intervenir d’ici la prochaine décennie, et le secteur sera alors dominé par des géants avec des encours sous gestion de plus de 1.000 milliards de dollars.

Parallèlement, nous devrions assister plus régulièrement à des opérations sur des sociétés bien établies ou axées sur des expertises spécifiques. Qu’ils souhaitent développer leurs infrastructures technologiques, proposer des expertises recherchées (stratégies quantitatives, investissements alternatifs et fonds diversifiés) ou mettre en place un modèle multi-services, les grands acteurs rachèteront des entreprises (ou certaines de leurs activités) qui compenseront les compétences et les ressources qu’ils ne possèdent pas.

Des partenariats plutôt que la concurrence

Les sociétés de gestion devront réfléchir à des formes efficaces de restructuration ou à faire évoluer leurs modèles économiques afin de rester compétitifs. Il sera donc primordial d’identifier précisément les caractéristiques les plus valorisées par les clients dans ce secteur. Au-delà de ces aspects, certaines sociétés décloisonneront leurs offres et se spécialiseront sur certains segments de la chaîne d’approvisionnement (recherche, exécution, technologie ou reporting) et feront des économies en externalisant d’autres fonctions opérationnelles.

Certaines préféreront éviter la concurrence directe en nouant des partenariats qui leur permettront de collaborer avec d’autres professionnels sur des projets spécifiques, et d’échanger ou de partager des fonctionnalités, comme les infrastructures technologiques.

Le rôle central des services

En raison de l’expansion de l’univers des titres accessibles et de leur complexité croissante, les investisseurs privilégieront les sociétés offrant un point de contact unique, alliant conseils, sensibilisation, solutions sur mesure, construction de portefeuille, une gamme variée de produits, ainsi que des innovations régulières et un soutien sans faille.

En choisissant un modèle multi-services, les sociétés de gestion devront adopter une approche ouverte et à l’écoute des besoins de leurs clients pour mieux les comprendre.

Une approche axée sur les besoins des clients

Consolidation, innovation, modèles économiques centrés sur les services, toutes ces notions ne sont pas nouvelles, mais elles vont probablement se généraliser dans les dix prochaines années. Quelques sociétés ont pris un temps d’avance et se sont préparées à la tendance baissière des frais, à la hausse des coûts et à la menace des ruptures technologiques. Certaines ne parviendront pas à se conformer aux nouveaux standards de l’industrie, alors que d’autres – qui ont su se positionner à l’avance – devraient pouvoir saisir des opportunités intéressantes.

Au fil du temps, les investisseurs se tourneront vers les sociétés de gestion offrant un accompagnement pédagogique global, ainsi que des solutions répondant précisément à leurs besoins ou leurs objectifs financiers. Aujourd’hui, ces aspects devraient être les deux principales priorités des gérants d’actifs. Plutôt que de mettre les produits au centre de leurs réflexions, ils doivent être prêts à revoir de fond en comble leurs business models pour s’adapter aux exigences évolutives de leurs clients, mais également à remettre à plat leurs relations avec eux.

Article en anglais

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