PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Fonds

Investissements ESG

KPMG fait un pas en avant dans la finance durable



Le cabinet d’audit et de conseil KPMG emploie plus de 210.000 personnes à travers le monde. (Photo: Shutterstock)

Le cabinet d’audit et de conseil KPMG emploie plus de 210.000 personnes à travers le monde. (Photo: Shutterstock)

KPMG et l’Institut de l’Université de Cambridge ont développé un logiciel qui permet de jauger l’impact des investissements en termes social et environnemental. Ceci répond à une demande croissante des investisseurs, soucieux de l’aspect éthique et durable de leurs portefeuilles.

Allier finance et durabilité. Le géant de l’audit et du conseil KPMG et l’Institut de l’Université de Cambridge (CISL) ont développé conjointement un outil, le Sustainable Investment Framework Navigator (SIFN), afin de permettre aux gestionnaires d’actifs de mieux prendre en considération l’impact environnemental et social de leurs investissements.

Concrètement, le logiciel est capable d’évaluer, sur base de normes communes, les portefeuilles d’investissement et, par conséquent, d’orienter les gestionnaires et investisseurs vers des actions qui s’inscrivent dans le respect des critères ESG. Le SIFN repose sur un ensemble de 6 thèmes, que sont la stabilité climatique, la garantie de recours, des écosystèmes sains, les besoins fondamentaux, le bien-être et le travail décent.

Mesurer l’impact ESG des fonds, c’était comme marcher dans un épais brouillard.

Chrystelle Veeckmans,  Responsable de la gestion d’actifs,  KPMG Luxembourg

«Mesurer l’impact sur une entreprise sur un thème spécifique est raisonnablement simple, à condition que les données requises soient divulguées. Cependant, la faible couverture des données, le manque de familiarité avec les questions sous-jacentes et l’absence de normalisation rendent les chiffres et les comparaisons difficiles. Le cadre du CISL offre une solution à ce problème sous la forme de six tests quantitatifs simples basés sur des données facilement disponibles», détaille Dr. Jake Reynolds, directeur exécutif pour l’économie durable au sein de l’Institut de l’Université de Cambridge pour le leadership en matière de durabilité.

«Nous, et nos clients, attendons ce moment depuis de nombreuses années. Mesurer l’impact ESG des fonds, c’était comme marcher dans un épais brouillard. Enfin, avec cet outil, j’ai l’impression que nous sortons de la brume et qu’un jour nouveau et clair se lève. L’outil est pratique et peut être utilisé immédiatement: c’est ce qui le rend si différent des autres initiatives. Nous sommes fiers d’annoncer ce moment vraiment important pour la gestion d’actifs et nous savons que le Luxembourg bénéficiera de ce travail avec la CISL», explique Chrystelle Veeckmans , responsable de la gestion d’actifs chez KPMG Luxembourg.

En réflexion depuis 2014

Développé pour faciliter à comprendre l’impact des investissements, les premières phases de réflexion autour du logiciel ont débuté en 2014. «Cela montre à quel point se poser la question est simple, mais y répondre bien plus long et complexe», souligne Dr Jake Reynolds.

Alors que les critères ESG et l’engagement vers une finance éthique et durable font désormais partie des priorités de nombreux acteurs du secteur, la pandémie de Covid-19 a prouvé qu’une prise en considération accrue de ces aspects était nécessaire. «Le secteur financier joue un rôle essentiel. Il est essentiel de mesurer l’impact des décisions d’investissement afin d’interpréter correctement le rôle des marchés de capitaux dans la transition vers une économie durable», résume Arjan de Draaijer, associé gérant chez KPMG Sustainability Netherlands.

À terme, précise KPMG, le but sera d’être capable d’évaluer tous les portefeuilles sur base commune, et ainsi encourager le mouvement des capitaux vers des investissements plus durables sur le plan environnemental.