POLITIQUE & INSTITUTIONS — Europe

Parquet européen

Kövesi manque de bras pour traquer la fraude



307478.jpg

Le Parquet européen, localisé dans la tour B place de l’Europe, manque de personnel. (Photo: ministère des Affaires étrangères et européennes)

La cheffe du Parquet européen a interpellé la Commission européenne sur les moyens dont elle dispose pour une mission d’envergure.

Nommée à  l’automne dernier , Laura Codruta Kövesi cherche à construire son équipe pour affronter l’un des fléaux de l’UE: la fraude au budget de l’Union, qui représenterait plusieurs dizaines de milliards d’euros – en commençant par la fraude à la TVA transfrontalière, qui pèse à elle seule 60 milliards d’euros.

Elle se heurte toutefois à un obstacle majeur: «elle dispose de seulement quatre personnes pour gérer 3.000 affaires», indique le site EUobserver.com .

Ce média rapporte les coulisses d’une réunion entre Mme Kövesi, la Commission et les députés européens. La Roumaine a expliqué avoir à sa disposition un effectif de 29 personnes à Luxembourg, dont 24 travaillant dans l’IT ou les ressources humaines, et une autre sur les questions budgétaires. «Il est très difficile d’enregistrer et d’analyser 3.000 affaires avec seulement quatre personnes», a conclu Mme Kövesi, soulignant que 2.000 nouvelles affaires devraient tomber chaque année dans son escarcelle.

Comment travaille un procureur européen délégué à temps partiel?

Laura Codruta Kövesi,  cheffe du Parquet européen

La cheffe du Parquet européen a également souligné que les procureurs européens délégués avec lesquels elle devrait travailler, et qui sont basés dans chaque État membre participant au processus (22 pour l’instant), semblent désormais voués à ne travailler qu’à temps partiel pour le compte du Parquet européen. «J’ai été procureur pendant de nombreuses années, toutefois je n’ai jamais entendu parler, nulle part au monde, d’un quart de procureur» s’est-elle agacée. «Comment travaille un procureur européen délégué à temps partiel?»

Mme Kövesi a reçu le soutien des eurodéputés présents, tandis que le représentant de la Commission a indiqué que «la Commission examinera les besoins du Parquet européen dans l’objectif de parvenir à une institution opérationnelle cette année». Mme Kövesi doit rencontrer les commissaires à la Justice, Didier Reynders, et au Budget, Johannes Hahn, dans les prochaines semaines.

Cet appel à l’aide de Mme Kövesi confirme les informations  filtrant  depuis  plusieurs semaines  sur la difficulté de recruter du personnel à Luxembourg, alors que le Parquet européen devait à l’origine compter plus de 200 personnes. Sauf que peu d’agents de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) basés à Bruxelles ont accepté une mutation à Luxembourg, en raison  du coût de la vie , notamment, mais aussi de  l’éloignement des pouvoirs décisionnaires .