LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Culture

La renaissance des châteaux (2/10)

Koerich, vaisseau culturel



Du verre et du métal ont été intégrés pour faire du château de Koerich un lieu voué, notamment, à la culture. (Photo: Boshua)

Du verre et du métal ont été intégrés pour faire du château de Koerich un lieu voué, notamment, à la culture. (Photo: Boshua)

Tout au long de l’été, Paperjam vous invite à découvrir les plus beaux châteaux du Luxembourg et de la Grande Région, qui ont résisté aux affres du temps et qui connaissent une nouvelle vie. À Koerich, il aura fallu de la patience pour voir un des beaux châteaux de plaine du pays trouver une nouvelle vocation.

Demeure de seigneurs locaux de rangs variables, le temps a souvent été ingrat pour les châteaux de plaine. À la différence de leurs homologues haut perchés, une fois sans occupants, ils ont souvent servi de carrière de pierres pour construire des maisons ou des routes, connu une vocation d’abri pour animaux, ou bien ils ont été rasés à défaut de tomber en ruine. Résultat: les vestiges médiévaux significatifs de cette typologie castrale sont rares. Koerich est l’exception qui confirme la règle, voisin pas très éloigné du château des seigneurs d’Autel à Barnich en Belgique, qui est pour sa part le tout dernier vestige de château de plaine du Sud-Luxembourg belge encore debout.

Koerich, de par son ampleur et sa situation, avait peu de chances de purement et simplement disparaître. Mais le temps aurait irrémédiablement aggravé l’état des structures. Il a fallu de la patience pour qu’il retrouve une partie de son lustre, mais cela en valait la peine.

Les amis à la rescousse

Le château ne sert plus de résidence depuis la seconde partie du 18e siècle. Les dégradations s’enchaînent et c’est le dernier propriétaire, à partir de 1950, qui consolide ici, étançonne là, tentant de combler les brèches d’un vaisseau de pierre classé au patrimoine national qui coule. C’est la dynamique locale qui le sauve, les habitants refusant de voir «leur» château tomber en morceaux. Cela amènera, en 1993, à la création de l’association des Amis du château de Koerich, 8 ans après que le ministère de la Culture est devenu propriétaire des murs. Il y a urgence à consolider les structures. Une campagne de fouilles est aussi menée entre 2000 et 2003.

Les maçonneries ont toutes été solidifiées. (Photo: Boshua)

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Ce qu’il reste de la cheminée témoigne du glorieux passé du site. (Photo: Boshua)

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Le potentiel de Koerich saute aux yeux. Plusieurs projets d’aménagement sont déposés. Encore une fois, comme pour le voisin belge de Barnich, certains sont inadaptés, trop audacieux ou trop chers. En 2011, le cabinet Fabeck Architectes obtient le dossier sur base de son avant-projet, une première pierre est posée en 2013 et les travaux sont finalement terminés en août 2019.

Outre la stabilisation des murs, un parcours architectural a été mis en place, accessible aux personnes à mobilité réduite, avec possibilité d’organiser des manifestations culturelles. Ce qui se marque notamment via une vaste scène protégée.

Comme à Falaise

Comme au très beau château de Falaise, en France, les architectes ont choisi d’intégrer métal et verre. Ce qui donne un aspect très contemporain aux aménagements. Un mariage harmonieux et parfaitement réussi puisque ne dénaturant pas le lieu.

Tout cela a redonné aussi du souffle à la vie culturelle locale. Le château de Koerich déclinant maintenant chaque été un très beau programme musical, dont on peut profiter en admirant le magnifique éclairage du site.