POLITIQUE & INSTITUTIONS — Monde

Offensive russe en Ukraine

Kiev bombardée pendant la visite du chef de l’Onu



L’Union européenne a versé 3,5 milliards d’euros pour l’accueil des réfugiés ukrainiens dans ses États membres. (Photo: EU)

L’Union européenne a versé 3,5 milliards d’euros pour l’accueil des réfugiés ukrainiens dans ses États membres. (Photo: EU)

Les bombardements qui ont frappé Kiev jeudi soir, au même moment que la visite d’António Gutteres, visent à «humilier l’Onu» selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ils ont fait au moins dix blessés, selon un premier bilan.

Après Ankara, puis Moscou, où il avait appelé la Russie à coopérer avec l’enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre, le secrétaire général de l’Onu, António Gutteres, s’est rendu ce jeudi 28 avril à Kiev. Peu après son arrivée, dans la soirée, la capitale ukrainienne a été frappée par des bombardements.

C’était la première fois depuis mi-avril que la ville était touchée, rappellent plusieurs médias. «La Russie démontre une fois de plus son attitude envers l’Ukraine, l’Europe et le monde», a commenté Dmytro Kouleba, ministre ukrainien des Affaires étrangères. Pour le président Volodymyr Zelensky, ces attaques visaient à «humilier l’Onu». Elles auraient fait au moins dix blessés, selon un premier bilan.

8.000 cas de possibles crimes de guerre

Dix soldats russes ont déjà été mis en examen selon le procureur général d’Ukraine, accusés de crimes de guerre à Boutcha. Les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié plus de 8.000 cas de possibles crimes de guerre.

Sur le terrain, les forces russes continuent de concentrer leur offensive dans le sud et dans l’est du pays, notamment dans la région de Kharkiv et de Donetsk. Mais des explosions ont été signalées dans tout le pays comme à Polonne, dans l’ouest, à Chernihiv près de la frontière biélorusse et à Fastiv, lieu stratégique du trafic ferroviaire au sud-ouest de Kiev.

Un responsable russe annonce également que la ville contrôlée de Kherson, près de la Crimée, a l’intention d’introduire le rouble dès ce dimanche.

La guerre a fait 2.829 morts et 3.180 blessés parmi les civils depuis le 24 février, selon un bilan du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. Le nombre de réfugiés ayant fui leur pays approche les 5,4 millions. Par ailleurs, la Commission européenne a versé 3,5 milliards d’euros aux 27 États membres pour l’accueil des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine.

L’accès à la centrale de Zaporijia inquiète

La mobilisation des pays occidentaux pour aider l’Ukraine, notamment la livraison d’armes lourdes, «menacent la sécurité» européenne et «provoquent de l’instabilité» a dénoncé le Kremlin.

Les États-Unis ont de leur côté annoncer ne pas laisser Moscou «intimider» les pays européens, en réaction à l’arrêt des livraisons de gaz russe à la Pologne et à la Bulgarie. «Nous travaillons avec d’autres pays, comme la Corée, le Japon ou le Qatar, pour aider nos alliés européens menacés par ce chantage russe au gaz», a affirmé le président.

Il réclame une rallonge budgétaire de 33 milliards de dollars (31,36 milliards d’euros) pour aider Kiev. Les États-Unis «n’attaquent pas» la Russie mais «aident l’Ukraine à se défendre conter l’agression russe», a déclaré Joe Biden.

Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, de retour d’Ukraine, s’inquiète quant à lui de l’impossibilité d’accéder à la centrale de Zaporijia occupée par les Russes depuis fin février.