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Mon marathon

Julien Thibault-Liger et le pari un peu fou de l’UTMB



Julien Thibault-Liger a bouclé les 160km de l’UTMB autour du Mont-Blanc en 42 heures. (Photo: DR)

Julien Thibault-Liger a bouclé les 160km de l’UTMB autour du Mont-Blanc en 42 heures. (Photo: DR)

Le directeur général de Lazard Frères Gestion Luxembourg, Julien Thibault-Liger, est adepte de l’ultra-trail. Il nous parle de son tour du Mont-Blanc 2019 (UTMB) avant de s’élancer pour un périple similaire dans les Pyrénées espagnoles.

«Si je cours, c’est avant tout pour le plaisir de l’inconnu, de l’aventure. Pour quitter, l’espace d’un long moment, nos vies où l’on sait ce qui va se passer dans une semaine ou dans un mois.»

 Directeur général de la société de gestion d’actifs Lazard Frères Gestion Luxembourg, récemment installé sur la Place , Julien Thibault-Liger (49 ans) est adepte de l’ultra-trail. Le 9 juillet prochain, il s’élancera sur le parcours de l’ultra du Val d’Aran, dans les Pyrénées espagnoles. Une course de 162km, qui comprend 10.000 mètres de montées et autant de descentes.

Une course qui «pique». Mais dont il a l’expérience. En 2019, il a terminé l’Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), au profil similaire, mais qui a cette fois les Alpes pour cadre, au départ de Chamonix.

Je ne me voyais pas, moi, le banquier coureur de plaines, partir pour des longues distances en montagne.
Julien Thibault-Liger

Julien Thibault-Liger,  directeur général,  Lazard Frères Gestion Luxembourg

«Je suis venu progressivement à ce genre de courses», explique-t-il. «J’ai fait mon premier marathon à Paris en 2011 et j’en ai fait une quinzaine ensuite avec l’ambition de grignoter des minutes.» Mais avec un record en 3h13, gagner du temps demandait de plus en plus d’efforts.

«J’ai donc choisi de plutôt allonger les distances. Mais je ne me voyais pas, moi, le banquier coureur de plaines, partir pour des longues distances en montagne.» Mais, en 2019, après un 177km sur l’ultra-trail du Morbihan avec un ami, ils décident pourtant de s’y inscrire.

«L’UTMB est une course incroyable», observe-t-il avec un peu de recul. «Je l’ai couru en 42 heures sans pouvoir dormir une minute. Ma deuxième nuit a été remplie d’hallucinations.» Mais il a réussi là où 40% des coureurs échouent. Parce qu’ils se blessent, ne vont pas assez vite – la limite est de 46 heures – ou parce qu’ils ne tiennent pas sans dormir.

L’UTMB, c’est 10.000 mètres de dénivelé en montée et en descente. (Photo: DR)

L’UTMB, c’est 10.000 mètres de dénivelé en montée et en descente. (Photo: DR)

Selon Julien Thibault-Liger, le plus dur n’est pas la course, mais le long parcours d’entraînement pour habituer son corps à de tels efforts. «Pour l’UTMB, je suis parti m’entraîner avec des amis sur le GR20 en Corse. Pour parcourir ses 180km, nous avons fait trois étapes par jour en courant pendant cinq jours.»

Pour son trail pyrénéen, il a choisi le lac de la Haute-Sûre pour des parcours de parfois plus de 8 heures. Et tous les mardis soirs, il rejoint le groupe «Running with friends» dans les bois de Bambesch.

Des rencontres en tous genres

De Chamonix, il retient avant tout l’ambiance au départ et à l’arrivée avec des sentiers noirs de monde, ainsi que la solidarité entre coureurs. Quant à la course à pied, de manière générale, il l’apprécie pour la mixité sociale qu’elle propose et les rencontres qu’elle permet.

«Courir longtemps m’aide aussi dans ma vie professionnelle», assure-t-il. «Quand on part pour 3 ou 5 heures, on se donne du temps pour réfléchir à de la stratégie ou des approches commerciales.» Et comme son métier de gestionnaire de fortune se joue sur le long terme, ça aide à estimer la vraie valeur du temps.