PLACE FINANCIÈRE & MARCHÉS — Banques

Fabien Vrignon (Keytrade Bank)

Le jour où… j’ai posé pour la première fois mes valises au Luxembourg



Fabien Vrignon est le CEO de Keytrade Bank Luxembourg depuis février 2019. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Fabien Vrignon est le CEO de Keytrade Bank Luxembourg depuis février 2019. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Fabien Vrignon a pris ses fonctions de CEO de Keytrade Bank Luxembourg en février 2019. Il se souvient de sa première entrée en ville, sous une neige drue, et de sa découverte progressive d’une place financière aussi dynamique qu’accueillante.

Fabien Vrignon . – «La première image qui me revient à l’esprit, c’est cette neige compacte qui tombait sur Luxembourg-ville. J’arrivais d’Évian-les-Bains, au bord du lac Léman, et j’ai été surpris par ces flocons à plusieurs centaines de kilomètres de la Haute-­Savoie… Jusque-là, je ne connaissais pas vraiment le Luxembourg. J’avais vécu en France, à Paris, avant de rejoindre la Suisse. J’avais vaguement entendu parler de la place financière luxembourgeoise, mais pas davantage, et j’avais véritablement tout à découvrir. Cela dit, quand on quitte un poste pour un autre, on retrouve ce même engouement, avec l’envie de faire de nouvelles découvertes. Je dois dire que j’ai été agréablement surpris par le dynamisme qui règne ici ainsi que par l’accueil que m’ont réservé les Luxembourgeois.

Sur le plan professionnel, je quittais un poste de CEO à Genève pour passer dans l’univers de l’Union européenne, avec ses forces et ses faiblesses. Rapidement, on se rend compte que le Luxembourg est un pays très pragmatique, ce qui me rappelle la Suisse dans certains domaines. Par contre, dans l’univers de la finance, l’aspect régulatoire y est plus prégnant. C’est en tout cas ce que j’ai pu ressentir à la tête d’une petite structure comme la nôtre. J’ai surtout rencontré, dès mon arrivée, des équipes motivées, désireuses de donner le meilleur d’elles-mêmes. Cela m’a fait plaisir de voir cela, même si mon expérience me fait dire que, à de rares exceptions près, cette envie de bien faire est présente en de nombreux endroits. J’ai fortement apprécié cet entrain communicatif. On découvre de nouveaux collaborateurs, leurs caractères respectifs, leur sensibilité, leurs compétences, leur expérience. Le plus important, pour moi, était d’organiser la banque en conséquence, afin de répondre aux défis qui m’attendaient, avec le but ultime de veiller toujours davantage à la satisfaction de nos clients.

Bien sûr, après seulement un an, la crise du Covid-19 a quelque peu perturbé les plans, mais nous avons la chance d’être une banque digitale. L’ensemble de nos équipes s’est retrouvé en télétravail du jour au lendemain. Cela faisait un an et demi que nous étions en phase de digitalisation de tous les processus. Pour donner un exemple, l’acquisition de nouveaux clients, ce que nous appelons l’onboarding, est 100% digitale depuis octobre 2019 chez Keytrade Bank. Et les résultats sont au rendez-vous. Nous avons, par exemple, attiré 2,5 fois plus de clients en 2020 par rapport à l’année précédente. Rien que sur la période de mars-avril, nous avons recruté 6 fois plus de clients que ne le prévoyaient nos plans… L’effet «waouh» a été au rendez-vous.

À l’avenir, nous avons prévu d’accorder 20% de télétravail à tous ceux qui le souhaitent, parce qu’il est clair que cette formule apporte de la flexibilité et un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle. Cela dit, le télétravail a aussi ses limites. Quand il s’agit de faire évoluer une banque, de créer de nouveaux services, les relations à distance, sans contact humain, nous font perdre en précision. Notre cerveau est fait pour échanger, interagir, parler de tout et de rien. Et c’est souvent au détour d’un couloir, quand la réunion est finie, que l’on partage l’information la plus importante. Pour en revenir à un aspect plus personnel, je me suis vite rendu compte de la qualité de vie que peut offrir ce pays. J’apprécie véritablement Luxembourg-ville. Cette sensation d’être à la campagne dès que l’on parcourt quelques kilomètres est très agréable pour quelqu’un qui a vécu de nombreuses années à Paris. J’avais déjà pris une petite dose de nature lors de mon passage en Suisse, et cela se poursuit aujourd’hui.»

Cet article a été rédigé pour le supplément ‘Fonds d’investissement’ de  l’édition magazine de Paperjam du mois de juin  parue le 27 mai 2021.

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