LIFESTYLE & VIE PRATIQUE — Habitat

Le jour où…

… J’ai emménagé dans une maison passive



En 2012, Johan Dackner a fait construire une maison passive à Kopstal. Un choix dont il se félicite chaque jour. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

En 2012, Johan Dackner a fait construire une maison passive à Kopstal. Un choix dont il se félicite chaque jour. (Photo: Matic Zorman/Maison Moderne)

Bien avant la loi entrée en vigueur le 1er janvier 2017 et faisant du passif un standard obligatoire pour toute construction au Luxembourg, Johan Dackner a fait le choix de construire une maison passive à Kopstal. Il revient sur son expérience.

Faire le choix d’une maison qui soit plus respectueuse de l’environnement, c’est une façon pour moi de faire ma part, de contribuer à la mesure de mes capacités à sauver un peu le monde… Ma précédente maison, construite en 2003, était déjà un bâtiment basse énergie. Quand nous avons commencé, avec mon épouse, à envisager la construction d’un nouveau logement, nous avions donc la volonté d’aller encore un peu plus loin, en profitant de l’évolution des technologies. Comme nous avions déjà travaillé avec James Cumming, du cabinet d’architectes Arttek, pour notre première maison, nous nous sommes de nouveau tournés vers lui pour ce second projet.

Nous avons laissé de la liberté à James, mais nous avions quelques exigences. Tout d’abord, je voulais absolument une pompe à chaleur air-air, un système de chauffage très répandu en Suède – mon pays d’origine – depuis 20 ans, mais qu’il avait été impossible de faire installer dans notre précédente maison. Heureusement, lorsque ce nouveau projet a commencé, en 2012, la technologie était ­arrivée à maturité au Luxembourg et cette première exigence a pu être satisfaite. Je ­souhaitais aussi avoir de grandes fenêtres, car notre ancien logement était très lumineux et nous voulions avoir au moins autant de lumière dans notre nouvelle maison, située dans une vallée.

Comme nous n’étions pas pressés, nous avons pris notre temps pour concevoir et concrétiser ce projet, qui ne s’est terminé qu’en 2016. Finalement, c’est une structure à trois étages, accrochée à la colline, qui a été privilégiée. À part la dalle, qui est en béton, tout le reste du bâtiment est en CLT (cross-­laminated timber), de grands panneaux qui composent toutes les parois, même les murs porteurs. Le bardage est également en bois. Le chauffage au sol est généré par une pompe à chaleur air-air, la circulation de l’air est ­assurée par une VMC (ventilation mécanique contrôlée) et du triple vitrage est installé partout, en complément d’une isolation en cellulose. Par ailleurs, le toit est végétalisé et l’eau de pluie est recyclée.

James appréciant énormément les ­matériaux naturels, nobles, il nous a convaincus – sans trop de difficulté – de les utiliser aussi pour l’aménagement intérieur. Les panneaux de CLT sont ainsi laissés visibles dans la maison et, pour le sol, nous avons opté pour un ­parquet. Nous n’avons utilisé aucun PVC dans la ­maison, pour rester dans un esprit le plus naturel possible.

Quand nous avons finalement emménagé dans la maison, mes premières sensations ont été liées à des choses que l’on ne peut pas percevoir sur une photo: l’odeur et le son. Le bois embaume la maison tout entière et cette odeur est encore perceptible aujourd’hui. Mais c’est sans doute la façon dont le bois absorbe le bruit qui m’a le plus surpris. Alors que la plupart des bâtiments résonnent au moins par endroits, en raison de l’utilisation de matériaux qui renvoient le son, comme le béton, ce phénomène est complètement absent de notre nouveau logement. Et ce n’est pas le seul aspect qui rend la vie quotidienne très agréable dans cette maison: les murs en bois sont toujours chauds, il n’y a aucune variation de température dans toute la maison, la lumière est généreuse…

Il y a, bien entendu, une foule d’autres éléments imaginés par l’architecte, qui améliorent encore l’expérience au quotidien. Je pense par exemple au fait d’avoir placé certains lits contre les fenêtres, pour donner l’impression d’être dehors, au milieu de ce bel environnement naturel. Ces lits peuvent par ailleurs se rétracter pour permettre de s’asseoir et de profiter de la vue en journée.

En fin de compte, la maison passive est très bien adaptée à nos contrées, même si elle supporte mieux les temps frais que les grosses chaleurs. Au cours des épisodes caniculaires que nous avons connus ces dernières années, la température a, en effet, inévitablement, fini par monter dans le logement. Nous avons alors fait comme tout le monde et profité de la nuit pour rafraîchir l’air intérieur en ouvrant les fenêtres !

Cet article a été rédigé pour le supplément «Green economy» de l’ édition magazine de Paperjam du mois de novembre   parue le 28 octobre 2021.

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