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Paperjam Club

L’investissement d’impact débattu pour le retour du 10x6



Le 10x6 revient sur le devant de la scène, mais le public reste, pour le moment, derrière les écrans. (Photo: Patricia Pitsch - Maison Moderne)

Le 10x6 revient sur le devant de la scène, mais le public reste, pour le moment, derrière les écrans. (Photo: Patricia Pitsch - Maison Moderne)

L’événement 10x6 du Paperjam Club est revenu en force avec une version «phygitale» consacrée à l’investissement d’impact. Un thème programmé avant la crise, mais qui prend tout son sens.

Quel meilleur sujet, en cette période de crise sanitaire, pour lancer la première édition du 10x6 «phygital» du Paperjam Club que de le consacrer à l’investissement d’impact. Dire que le thème est «à la mode» serait faire offense à ses promoteurs. La finance modifie ses priorités peu à peu, mais les inscrit dans la durée. Et la crise du Covid-19, par la prise de conscience qu’elle a initiée dans nos comportements, ne fait que renforcer ce phénomène. Les entreprises, quel que soit leur type, n’ont d’ailleurs plus vraiment le choix, comme l’ont rappelé différents orateurs.

Les bâtiments de PwC Luxembourg ayant accueilli les conférenciers, alors que quelque 500 invités ont assisté à la conférence depuis l’écran de leur ordinateur, c’est Olivier Carré , partner chez PwC, qui a introduit la soirée. En rappelant notamment que la phase des actes volontaires laissait place, depuis le Green Deal lancé par la nouvelle Commission européenne, à l’automne 2019, à des obligations.

«L’Union européenne», pointe-t-il,«demande aux entreprises de fournir de plus en plus d’informations sur leur impact par rapport à l’environnement ou envers la société, afin que les acteurs de la finance puissent les intégrer dans leurs stratégies d’investissement.»

Une obligation à la fois morale et légale.
Charles Müller

Charles Müller,  président,  Finance & Human Rights

Une impression renforcée par Charles Müller , directeur indépendant et président de l’association Finance & Human Rights. «Mesurer l’impact de ses activités, regarder la manière dont elles polluent et vérifier qu’elles n’exploitent personne est devenu une obligation à la fois morale et légale», insiste-t-il.

L’Union européenne a un temps d’avance dans ses projets législatifs, mais le Luxembourg réfléchit également à la possibilité de légiférer dans le cadre du Plan d’action national pour la mise en œuvre des principes directeurs des Nations unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme, note-t-il au passage.

L’investissement d’impact, comme l’a rappelé  Anne Contreras d’Arendt & Medernach, «vise à obtenir des rendements financiers, mais également à obtenir un impact positif sur l’environnement ou sur la vie des personnes vulnérables». Et, selon elle, cette pratique n’est pas nouvelle au Luxembourg, les premiers fonds de microfinance ayant été établis dès les années 1990.

Ces investissements visant un double objectif – la performance financière et extrafinancière – vont donc se généraliser. «Lorsque j’ai entamé ma carrière dans le monde des fonds d’investissement, je regardais uniquement la performance financière», admet Denise Voss , présidente de l’agence de labellisation LuxFlag et conducting officer chez Franklin Templeton International Services. «Mais, peu à peu, j’ai analysé l’impact de mes investissements. Et cela ne s’est pas fait au détriment de la performance financière.»

Peu à peu, j’ai analysé l’impact de mes investissements. Et cela ne s’est pas fait au détriment de la performance financière.
Denise Voss

Denise Voss,  présidente,  LuxFlag

Elle observe d’ailleurs que les fonds d’impact sont ceux qui, au cours de cette crise, ont obtenu les meilleurs rendements. «Ils sont vraiment programmés pour le futur.»

Une soirée inspirante, donc, qui a permis de montrer que finance, stratégies d’entreprise et objectifs durables convergent, par volontarisme, raison ou nouvelles législations, vers des actions communes visant à restaurer l’état de la planète et respectant mieux l’humanité qui l’occupe.