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Investissement climatique: maintenant, avec vous



Canada, Nunavut Territory, Repulse Bay, Polar Bear (Ursus maritimus) stands on melting sea ice at sunset near Harbour Islands (Photo : Lyxor ETF)

Canada, Nunavut Territory, Repulse Bay, Polar Bear (Ursus maritimus) stands on melting sea ice at sunset near Harbour Islands (Photo : Lyxor ETF)

Parmi les nombreux défis environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), il en est un qui éclipse tous les autres par son urgence: l’environnement et le défi de la transition climatique. En tant que gestionnaires d'actifs et investisseurs, nous pouvons contribuer à préserver le monde.

Un défi à relever

À travers l'accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement de la planète «nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels» et à «tout mettre en œuvre pour limiter l'augmentation des températures à 1,5°C», 195 pays se sont engagés à modifier radicalement et significativement leurs émissions et leurs politiques climatiques.

Atteindre cet objectif sera difficile, mais chacun de nous peut faire la différence. En matière d’émissions de CO2, le diable est dans les détails. Comment savoir si votre portefeuille est sur la bonne voie?

Normalisation

Grâce au travail réalisé par des organisations telles que le Carbon Disclosure Project (Projet de divulgation des émissions carbone, CDP), le Groupe de travail sur la publication d’informations financières relatives au climat (TCFD) et l’initiative Science-Based Targets (Objectifs scientifiques, SBT), il existe désormais un cadre transparent qui tend à calculer, prévoir et publier des données sur les émissions de carbone des entreprises.

L’initiative SBT fait le lien entre les émissions de CO2 prévues par les entreprises et l’augmentation de température moyenne estimée. Associer à un portefeuille d’investissement un chiffre de température spécifique fournit une mesure extrêmement simple à saisir pour les investisseurs, quelle que soit leur taille.

Malheureusement, les chiffres présentés ne sont pas réjouissants. La plupart des grands indices boursiers sous-entendent actuellement une hausse des températures de l’ordre de 4°C ou plus, ce qui serait désastreux.1

Règlement sur les indices de référence: le chaînon manquant

L’UE est en train de mettre à jour ses règlements sur les indices de référence, obligeant les créateurs d’indices à révéler si les principaux indices existants sont alignés sur le scénario de réchauffement de l’accord de Paris.

Elle favorise en outre la création d’indices de référence «transition climatique» (CTB) et d’indices de référence «accord de Paris» (PAB). Ces indices de référence permettront de créer bien plus aisément des supports d’investissement conformes à l’accord et de financer la transition vers un monde où l’augmentation moyenne des températures sera limitée à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.

Nous sommes convaincus que les labels CTB et PAB deviendront bientôt aussi courants que les labels biologiques pour les produits alimentaires, et qu’ils serviront un objectif similaire: identifier en un simple coup d’œil un investissement durable.

Ce nouveau règlement de l’UE sur les indices de référence pourrait provoquer une véritable révolution et donner naissance à un monde dans lequel les flux d’actions et les valorisations des entreprises dépendent de leur empreinte carbone.

Un cercle vertueux

La publication des scénarios de température des principaux indices aura un impact très large. Les clients, les prospects et même les médias pourraient associer les institutions et grandes marques, les gestionnaires de fonds et de patrimoine, les banques privées ainsi que les réseaux de conseil à un certain scénario de température et à une position de fait sur le changement climatique. Nous assisterions alors à une course vers le bas du thermomètre.

Dans un tel contexte, les institutions s’efforceraient probablement de faire migrer leurs investissements vers les labels CTB et PAB. Dans un monde aux valorisations dictées par l’empreinte carbone, les actionnaires feront pression sur les dirigeants pour que les entreprises accélèrent leur transition énergétique.

Un cercle vertueux vient donc d’être enclenché, alimenté par une réglementation prospective et le tribunal de l’opinion publique.

La transaction de la décennie

Les marchés boursiers actuels fixent les prix de l’énergie et de l’électricité à un niveau irréaliste et insoutenablement bas, car ils ne tiennent pas compte du «coût réel» des émissions de CO2. Ils n’intègrent pas non plus les milliers de milliards de dollars que requiert la transformation du bouquet énergétique mondial.

Certaines estimations suggèrent actuellement que 80% des réserves connues de combustibles fossiles doivent rester enfouies, sous peine de franchir les lignes rouges de température tracées par les scientifiques et les gouvernements.2

Quant aux marchés boursiers, ils continuent de tenir en partie compte de ces réserves dans les cours des actions des producteurs de pétrole. Il pourrait s’agir du plus grand risque caché – et impossible à couvrir – des portefeuilles actuels.

D’un autre côté, la «décarbonation» des portefeuilles passe inévitablement par une réduction de l’exposition à un éventuel rebond des combustibles fossiles. Nous considérons que ce risque de portefeuille vaut la peine d’être pris, car il recèle un véritable potentiel pour les esprits pionniers ayant une vue d’ensemble. Nous pensons que ce sera la transaction de la prochaine décennie, voire au-delà.

Bien entendu, des ajustements de portefeuille aussi radicaux ne sont pas simples à mettre en œuvre. Il faudra des années pour que cette expertise soit largement partagée – alors que le temps presse. Place aux géants mondiaux de l’indexation et à leurs nouveaux indices.

Les indices et les ETF comme autoroutes de la transition

Une approche quantitative, fondée sur des règles, nous semble la meilleure façon d’utiliser l’énorme quantité de données climatiques (toujours en hausse) actuellement disponibles. Après avoir développé leur expertise climatique par le biais d’acquisitions, les principaux créateurs d’indices au niveau mondial, S&P et MSCI, l’intègrent désormais dans des indices climatiques éligibles aux labels européens CTB et PAB.

Bien entendu, il ne suffit pas de créer ces indices pour gagner la guerre. Tout dépendra de l’utilisation effective qu’en font les investisseurs. Ce n’est qu’en transférant massivement des fonds vers ces indices que nous pourrons inverser la tendance.

Les «influenceurs d’investissements» et les utilisateurs précoces joueront donc un rôle clé. Il suffirait de quelques détenteurs d’actifs importants, dynamiques et engagés pour soutenir certains indices et ETF, incitant ainsi à les suivre de nombreux acteurs n’ayant ni le temps, ni les ressources nécessaires pour constituer leurs propres portefeuilles respectueux du climat.

Une opportunité historique

Sur les marchés cotés, nous sommes à l’aube d’un changement de paradigme d’une ampleur comparable à la montée en puissance de l’ère numérique. Les changements radicaux apportés aux règlements sur les indices de référence pourraient être le catalyseur d’un avenir plus propre et plus vert.

Il s’agit d’une opportunité historique, pour les fournisseurs d’ETF, de favoriser le changement et d’offrir aux investisseurs un pouvoir à portée de clic.

Tout le monde peut jouer un rôle dans cette révolution, des plus grands détenteurs d’actifs internationaux à l’investisseur individuel qui planifie sa retraite dans le confort de son fauteuil. Pensez-y: une personne qui, en un seul clic, transfère ses économies dans des fonds agissant pour le climat contribuera à préserver le monde qui nous entoure. Un acte qui se révèle important parmi d’autres habitudes responsables telles que: réduire les voyages en avion, opter pour les transports en commun ou devenir végétalien(ne).3 Si nous sommes des millions à le faire, imaginez l’impact...

Ne pensez jamais qu’il est trop tard. N’estimez jamais que votre contribution est trop faible. Ne dites jamais «jamais». Nous avons tous le pouvoir de changer le monde.

Sans oublier que les ETF présentent un risque de perte en capital ainsi que d’autres risques détaillés ci-dessous.

1 Source: Interim Report on Climate Benchmarks, Groupe d’experts techniques (TEG) de l’UE sur la finance durable, juin 2019. 2 Source: Bill McKibben, auteur et leader de l’organisation environnementale 350.org, https://350.org/why-we-need-to-keep-80-percent-of-fossil-fuels-in-the-ground/ 3Source: https://www.nordea.com/en/sustainability/sustainability-news/nordeas-illustrative-analysis-on-carbon-footprint-from-savings.html

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