POLITIQUE & INSTITUTIONS — Institutions

Rapport du Statec

Les inégalités de revenus n’ont pas empiré avec le Covid-19



Jérôme Hury, chef de la division des statistiques sociales au Statec, et son directeur, Serge Allegrezza, ont présenté ce jeudi 14 octobre les résultats préliminaires du «Rapport travail et cohésion sociale 2021».  (Photo: Paperjam)

Jérôme Hury, chef de la division des statistiques sociales au Statec, et son directeur, Serge Allegrezza, ont présenté ce jeudi 14 octobre les résultats préliminaires du «Rapport travail et cohésion sociale 2021».  (Photo: Paperjam)

Les résultats préliminaires du «Rapport travail et cohésion sociale 2021», réalisé par le Statec, montrent que malgré la crise sanitaire, les inégalités de revenus et de pauvreté ont bien résisté, contrairement aux inégalités face à la maladie.

«La casse sociale contenue… pour le moment?» C’est le constat du Statec dans les premiers résultats préliminaires de son «Rapport travail et cohésion sociale 2021», présenté à la presse ce jeudi 14 octobre. «Au cours de l’année 2020, les revenus, les inégalités, et donc la pauvreté, se sont stabilisés», analyse le directeur de l’Institut national de la statistique et des études économiques, Serge Allegrezza . «Nous pensons que c’est le reflet de l’impact cumulé de l’effet de la crise et des aides de l’État.»

Concrètement, le revenu disponible moyen des ménages résidant au Luxembourg était de 5.884 euros par mois. Il s’agit d’une augmentation de 2,1% par rapport à 2019, légèrement inférieure à la hausse du salaire social minimum (SSM) brut de 2,8% en janvier 2020, juste avant la crise. La crise économique consécutive à la crise sanitaire du Covid-19 n’a donc pas affecté le revenu moyen des ménages en 2020 par rapport à 2019.

Même si, à première vue, les effets de la crise sanitaire sur le marché du travail sont plutôt modérés, et ce principalement grâce au recours massif au chômage partiel, «l’évolution des chômeurs de longue durée est préoccupante», analyse Jérôme Hury, chef de la division des statistiques sociales au Statec. «En mars 2021, plus d’un chômeur sur deux est un chômeur de longue durée, soit 51% des demandeurs d’emploi résidant au Grand-Duché. En comparaison avec mars 2019, les chômeurs de longue durée sont 36,2% plus nombreux qu’il y a deux ans. Depuis le début de la crise du Covid-19, le chômage de longue durée a atteint des couches plus larges de la société, notamment en termes d’âge et de sexe, qui auparavant n’étaient que relativement peu touchées.» En cause, des activités dans le domaine de l’horeca notamment qui sont longtemps restées inactives.

Le Luxembourg, n°1 du télétravail dans l’UE

Et comme annoncé dans la présentation du séminaire «Santé pour tous» , les inégalités en matière de santé se sont, elles, fortement accentuées depuis le début de la crise sanitaire. «Au cours de l’épidémie de Covid-19, les personnes vivant dans des ménages plus nombreux ont été infectées relativement plus souvent, et plus le niveau de vie du ménage est faible, plus la probabilité d’hospitalisation en lien avec le Covid-19 augmente», ajoute Jérôme Hury.

Il ressort également de ce rapport que le Luxembourg est le numéro un du télétravail au sein de l’Union européenne, avec 48% de travail à domicile au deuxième semestre 2021, contre 21% sur la moyenne européenne. D’un point de vue méthodologique, «la pandémie a aussi porté un coup dur aux enquêtes auprès des ménages. À cause des mesures de protection contre la propagation du virus, la collecte de données en face à face par questionnaire a été suspendue», explique Serge Allegrezza. «Pour estimer malgré tout les revenus des ménages pour 2020, nous avons recouru à une source administrative provenant de l’Inspection générale de la sécurité sociale (IGSS).»