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Données de santé

L’imagerie médicale mutualisée par les hôpitaux



Par an, les quatre principaux hôpitaux du pays réalisent 860.000 imageries médicales. (Photo: Shutterstock)

Par an, les quatre principaux hôpitaux du pays réalisent 860.000 imageries médicales. (Photo: Shutterstock)

Luxith a finalisé le projet Anim visant à mutualiser l’imagerie médicale dans les principaux hôpitaux du pays.

Depuis le mois de juillet, les quatre principaux hôpitaux du pays peuvent archiver, échanger et partager des examens d’imagerie médicale afin de faciliter le parcours du patient entre les différents services médicaux. Le tout grâce à un service de type cloud dans des data centers hautement sécurisé au Luxembourg.

Luxith, le groupement d’intérêt économique créé par l’ensemble des hôpitaux du pays membres de la Fédération des hôpitaux luxembourgeois – dont les quatre hôpitaux aigus que sont le Centre hospitalier de Luxembourg (CHL), le Centre hospitalier du Nord (CHdN), le Centre hospitalier Emile Mayrisch (Chem) et les Hôpitaux Robert Schuman (HRS) –, a lancé, en juillet dernier, l’ultime étage de son projet Anim.

Ce projet, en collaboration avec l’Agence eSanté, a pour but de mutualiser les données générées par l’imagerie médicale, mais également leur archivage. Plus concrètement, un médecin au CHL pourra consulter, avec l’accord du patient sous condition d’un dossier de soins partagée (DSP) en ordre, une radio ou une IRM réalisée au Chem.

860.000 imageries médicales par an

L’avantage premier est d’accéder rapidement à une imagerie médicale, quel que soit le service ou le médecin qui demande à consulter l’IRM ou la radio en question. Elle est stockée dans un environnement sécurisé partagé au lieu d’être rangé physiquement dans une salle d’archivage. «Historiquement, chaque hôpital avait sa propre archive locale. La digitalisation de l’imagerie médicale a commencé dans les hôpitaux luxembourgeois dans les années 2000. On est donc passé du cliché à un fichier sur un ordinateur et un écran. Actuellement, ce sont 860.000 imageries médicales qui sont réalisées par an par les quatre hôpitaux», explique Géraldine Vidou, responsable services Anim, Interopérabilité et Développement.

Le poids moyen d’une imagerie médicale est de 44 mégaoctets, mais Géraldine Vidou assure que, selon «l’imagerie et le type d’examen demandé par le médecin, le poids de la photo peut très vite monter à 600 mégaoctets ou même plus.»

Techniquement, l’opération informatique est réalisée par la société Agfa Healthcare, mais les données, à savoir l’imagerie médicale, sont stockées dans deux data centers d’EBRC, au Luxembourg.

À terme, les examens médicaux d’imagerie seront donc uniquement disponibles par un DSP et les CD disparaitront. Le corps médical pourra également avoir facilement et rapidement accès à l’historique des examens du patient, ce qui doit engendrer un certain gain de temps. Enfin, cet accès facilité à l’imagerie médicale doit éviter de refaire plusieurs fois les mêmes examens, souvent couteux pour le patient et pour l’hôpital.

L’imagerie médicale est une donnée sensible et très recherchée lors des cyberattaques. En juillet dernier, les laboratoires Cerba et les laboratoires Ketterthill ont annoncé s’être fait voler des données issues d’actes de biologie effectués entre le 1er janvier 2017 et le 24 juin 2021.

Du côté de Luxith, on assure faire de la «sécurité» un critère important de la solution Anim. «Des mesures de sécurité ont été définies pour assurer la sécurité dans toutes les étapes du projet, du transfert au stockage, à l’archivage et au partage. Enfin, des contrôles de ces mesures sont en place afin de s’assurer de la sécurité des données», souligne Géraldine Vidou.