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Imagerie médicale, le corps à livre ouvert



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Les outils mis à la disposition du corps médical n’ont cessé de s’améliorer, et cela continue avec l’ajout de l’intelligence artificielle à ces technologies. (Photo; AdobeStock / zlikovec)

Les technologies d’imagerie médicale permettent de poser des diagnostics d’une grande précision sans avoir à pratiquer d’intervention invasive pour prélever des tissus à des fins d’analyse. De plus en plus sophistiqués, les appareils d’imagerie médicale s’ouvrent à l’intelligence artificielle.

Si les bons vieux rayons X sont toujours d’actualité pour repérer notamment les fractures, les outils mis à la disposition du corps médical n’ont cessé de s’améliorer. Le scanner, appelé aussi tomodensitomètre, permet ainsi d’obtenir des images en 3D par traitement informatique. Les centres d’examen et les hôpitaux utilisent aussi très largement la scintigraphie, ou tomographie par émission monophotonique.

Il s’agit ici d’injecter un produit faiblement radioactif dans les veines du patient qui va se fixer sur l’organe à révéler et émettre des photons visibles par les appareils d’imagerie. Un programme informatique se chargeant ensuite de reconstituer une image 3D. Solidement implantée, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) exploite un puissant champ magnétique pour orienter les molécules d’eau dont est composé notre corps. Les fréquences émises sont converties en signal électrique, puis traitées informatiquement de façon à présenter des images en coupe des organes mous (foie, rate, etc.) invisibles par radiographie.

Les services d’oncologie font appel à une autre technique pour suivre l’évolution des cancers et repérer d’éventuelles récidives, la tomographie par émission de positions, plus connue sous l’appellation PET scan. Les photons sont ici remplacés par des positons. Associés à un traceur dérivé du glucose, dont les cellules cancéreuses sont friandes, ils se fixent sur l’organe ou le tissu à analyser et révèlent le degré d’activité de la tumeur. Le PET scan est généralement associé au scanner, de façon à disposer d’une image détaillée en plus de l’activité cellulaire.

L’IA au soutien des radiologues

Les images générées par ces technologies de pointe ne sont pas forcément faciles à lire et à interpréter. Pour aider les radiologues et les médecins dans cette tâche, les fabricants de matériels développent des systèmes experts dopés à l’IA, capables de déceler d’éventuelles anomalies qui auraient échappé au praticien.

Comme l’explique le Dr Jacques Thibaut, radiologue au CHU de Lille, «les performances du radiologue sont très bonnes et celles du radiologue associé à l’IA excellentes. Ce qui renforce l’idée de complémentarité.» D’autres avancées sont attendues sous peu, et notamment la technique MESI (Multiple Exposure Speckle Imaging), destinée à cartographier en temps réel les variations du débit sanguin. Autant d’innovations qui permettent d’agir en amont et de sauver un maximum de vies.