ENTREPRISES & STRATÉGIES — Commerce

Les jeunes & les Entreprises familiales (4/4)

«Il y aura d’autres imprévus à venir, des pires comme des bien meilleurs»



Christophe Glaesener, 34 ans, est appelé à incarner la cinquième génération de la société Glaesener-Betz. (Photo: Nader Ghavami / Maison Moderne)

Christophe Glaesener, 34 ans, est appelé à incarner la cinquième génération de la société Glaesener-Betz. (Photo: Nader Ghavami / Maison Moderne)

La Banque de Luxembourg a pris le pouls de la jeune génération en entreprises familiales durant le confinement pour comprendre son vécu de la crise mais aussi ce qu’elle espère pour le monde de demain. Tout au long de la semaine, Paperjam donne la parole à ces jeunes qui évoluent dans un contexte où entreprise et famille ne font qu’un. Témoignage aujourd’hui de Christophe Glaesener, le fils aîné de Michel et Sylvie Glaesener qui est appelé à reprendre l’entreprise familiale Glaesener-Betz.

Christophe Glaesener a 34 ans. Le jeune homme est le gérant du négociant en matériaux de construction Glaesener-Betz . Si son père, Michel Glaesener, dirige pour l’heure l’entreprise, son fils aîné est appelé à lui succéder pour devenir la cinquième génération de cette société qui emploie 190 salariés à Redange. Entretien.

Que retenez-vous, en trois mots, du confinement?

Christophe Glaesener. – Le confinement a été pour ma part une période durant laquelle j’étais confiné au bureau… en trois mots: ‘marathon hors-piste’.

Qu’est-ce que la crise a changé en vous?

«La crise n’a rien changé en moi, mais elle m’a conforté dans ma perception des choses. C’est dans ma nature et celle de notre entreprise familiale d’aller jusqu’au bout des choses. Nous apportons peu d’intérêt au court terme, seule la croissance durable peut persister à long terme.

Glaesener-Betz emploie 190 salariés. (Photo: Nader Ghavami / Maison Moderne)

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Le père de Christophe Glaesener, Michel Glaesener, dirige actuellement l’entreprise familiale.   (Photo: Nader Ghavami / Maison Moderne)

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Le jeune entrepreneur perçoit le confinement comme un marathon hors-piste. (Photo: Nader Ghavami / Maison Moderne)

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La communication a-t-elle été «facilitée» grâce à la crise qui a réuni les différentes générations autour de la table?

«Non, car les chemins de communication sont très courts au sein de notre société. On est à trois membres de la famille dans l’entreprise: ma mère, mon père et moi. Le plus important dans l’entreprise, par temps normal tout comme durant une crise comme celle-ci, est de parler ensemble d’une seule voix.

Des projets ont-ils été accélérés par rapport à la crise?

«Chaque entreprise a ses propres chantiers et la crise a clairement rebattu les cartes. Les chantiers n’ont pas changé, mais leur ordre de priorité oui.

Qu’est-ce qui vous permet de continuer à croire en l’entreprise?

«Pour moi, c’est une attitude purement mentale. Si on veut perdurer dans ce monde où tout va vite, il faut agir de manière flexible et avoir envie de réinventer son entreprise de jour en jour. Il ne suffit pas d’y travailler, il faut la travailler. La zone de confort n’existe pas. Dans ma vie active, j’ai vécu la crise financière de 2008, puis maintenant celle du Covid-19, et je suis bien conscient qu’il y aura d’autres imprévus à venir, des pires comme des bien meilleurs.

Dans ma vie active, j’ai vécu la crise financière de 2008, puis maintenant celle du Covid-19.
Christophe Glaesener

Christophe Glaesener,  gérant de la société Glaesener-Betz

Ce monde composé de crises et d’incertitude va faire partie de votre quotidien… Comment appréhendez-vous cela?

«Ce qui compte, c’est de vivre le moment présent tout en se focalisant sur l’avenir. Il faut voir les choses comme elles sont pour en tirer le meilleur. Avoir de l’endurance et apporter de l’élan est un atout. La constance n’existe pas, nulle part, tout comme une formule magique. Personne n’a dit que ce serait facile, mais en restant positif et optimiste on peut tracer un beau chemin.

Quel message voudriez-vous envoyer aux responsables publics?

«Un grand MERCI pour la réactivité et le soutien rapide. Les oreilles ouvertes de certains ministres et décideurs du Luxembourg. Je trouve uniquement dommage qu’au Luxembourg on vive dans deux mondes parallèles: celui du secteur privé d’un côté et celui du secteur de la fonction publique de l’autre.»