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3 questions à Béatrice Belorgey (BGL BNP Paribas)

«Il faut oser sortir de sa zone de confort»



Béatrice Belorgey: «Force est de constater que la plupart du temps, c’est la mise en place de quotas qui permet de faire bouger les lignes.» (Photo: DR)

Béatrice Belorgey: «Force est de constater que la plupart du temps, c’est la mise en place de quotas qui permet de faire bouger les lignes.» (Photo: DR)

En vue de l’événement «10x6 Women: 100 femmes pour diriger» organisé par le Paperjam Club le 25 février 2021, Béatrice Belorgey (BGL BNP Paribas) nous expose sa vision de la diversité dans les entreprises.

Aujourd’hui, qu’est-ce qu’une femme qui dirige?

Béatrice Belorgey . – «Tout d’abord, je dirais que, pour diriger, il faut oser sortir de sa zone de confort, ne pas se mettre de freins, oser affronter de nouveaux défis, oser parfois aussi faire des mobilités internationales, avec tout ce que cela implique en termes de logistique et d’organisation sur le plan privé.

Pour oser faire cela, il faut avoir envie, envie de s’investir pleinement et donner de soi-même afin de faire avancer les choses.

Il faut prendre le temps d’écouter, aimer le management, s’entourer d’une équipe rapprochée engagée, donner une direction aux collaborateurs et les faire adhérer.

On n’accède pas à une position de dirigeant du jour au lendemain. C’est l’aboutissement d’un parcours au cours duquel on n’a cessé d’apprendre et de grandir. Personnellement, je me suis beaucoup inspirée de managers que j’ai connus et qui m’ont marquée, chez lesquels j’ai pris et appris beaucoup de choses. Le rôle de dirigeante permet de mettre tout cela à profit.

La diversité est-elle mise en place en amont dans les entreprises, ou alors dans les différents départements en aval?

«Les deux. Pour faire avancer les sujets ayant trait à la diversité, il faut d’abord une vraie volonté, au niveau de la direction d’une entreprise, de faire bouger les choses. Cela permet de mettre en place un cadre général qui sert d’orientation sur les thèmes de la diversité et de base pour faire de l’égalité des chances entre les femmes et les hommes un engagement fort. Ensuite, il faut que cela se traduise à tous les niveaux de l’entreprise, par la mise en œuvre de tous les leviers à disposition pour répondre à cet enjeu de taille.

Car finalement, on le sait, pour une entreprise, la diversité est une force, un atout. Il faut la cultiver.

Pour ou contre les quotas? Pourquoi?

«Contre. Et pour. Personnellement, je suis contre les quotas. C’est plutôt humiliant pour les femmes. Il devrait être normal que, pour accéder à un poste, ce soit le mérite, les compétences et l’expérience qui comptent, indépendamment du fait que le candidat est une femme ou un homme. Mais force est de constater que la plupart du temps, c’est la mise en place de quotas qui permet de faire bouger les lignes.

Ceci dit, je pense que l’introduction de quotas ne peut pas résoudre tous les problèmes. Dans de nombreuses organisations, plus on monte dans la hiérarchie, moins il y a de femmes. Il est indispensable d’analyser pourquoi il en est ainsi, d’identifier les raisons qui sont à l’origine du décrochage de femmes ayant atteint un certain niveau. Elles peuvent être multiples et variées, et liées par exemple à des mobilités du conjoint, aux enfants, à la tendance chez certaines femmes d’agir ‘plus en retrait’. Il est important de comprendre les freins que rencontrent les femmes à l’un ou l’autre moment de leur carrière pour mieux les accompagner et les aider à franchir le plafond de verre.»

Vous pouvez vous inscrire à l’événement «10x6 Women: 100 femmes pour diriger» directement sur le site du Paperjam + Delano Club.  Cet événement en livestream bénéficiera d’une traduction simultanée français-anglais.